Allo! DME! Dix millions d'électeurs! Renaud Bouchard 2012

Présidentielles 2012

05 février 2008

Pensée politique et action politique.


Propos tenu par l'Impératrice de Russie, Catherine II, à Denis Diderot, intellectuel, écrivain politique et l'un
des deux pères de l'Encyclopédie, sur la différence entre la pensée politique et l'action politique :


"Vous oubliez, monsieur Diderot, dans tous vos plans de réforme, la différence de nos
deux positions : vous, vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout... tandis que
moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est bien autrement irritable
et chatouilleuse" (vers 1773 ou 1774)


DIDEROT, Denis, Oeuvres politiques, Paris, Garnier Frères, 1963, p. 219.

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04 février 2008

Fraude ou parjure ? Imposture.

La perversion de la Cité commence par la fraude des mots, disait Platon.

Citation de M. Nicolas Sarkozy, 9 mai 2004, Conseil national de l'UMP, Aubervilliers :

« Si l'Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l'Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l'échec.
   
Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple.
 
Si nous croyons au projet Européen comme j'y crois, alors nous ne devons pas craindre la confrontation populaire. 

Si nous n'expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s'étonner du fossé qui risque de s'amplifier chaque jour davantage entre la communauté Européenne et la communauté Nationale ? »


La perversion de la cité commence par la fraude des mots.

"Les fondateurs des Religions, sentant bien que la base de leurs impostures était l'ignorance des peuples, s'avisèrent de les y entretenir par l'adoration des images dans lesquelles ils feignirent que les Dieux habitaient; cela fit tomber sur leurs Prêtres une pluie d'or et des Bénéfices que l'on regarda comme des choses saintes, parce qu'elles furent destinées à l'usage des ministres sacrés et personne n'eut la témérité ni l'audace d'y prétendre, ni même d'y toucher."   Vraiment?
(inconnu / Livre des trois imposteurs / chapitre III, parag. VIII / 1721)
 


Nous allons probablement assister aujourd'hui et mercredi prochain, nuitamment, à la trahison patente et assumée, par ses représentants, de la volonté d'un peuple.
 

 

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30 janvier 2008

Le degré zéro de l'Economie. Stupiditas normalis dosim repetitur


Subabsurda dicendo et stulta reprehendo risus moventur. (Cicéron)


En disant de feintes naïvetés et en relevant les sottises des autres on provoque les rires.


Et comment!

              

Madame Ségolène Royal "choquée par le scandale de la Société générale", a demandé vendredi à Chartres " (Désirs d'Avenir ...25/01/2008) que les 7 milliards d'euros soient remboursés aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

"Quand les Français ont un compte bancaire excédentaire en début de mois et le terminent à découvert, les pénalités tombent. Les banques s'enrichissent sur le dos des plus modestes. Je demande à ce que les 7 milliards d'euros soient remboursées aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

Stupiditas stupiditatum et omnia stupiditas!

Comme l'écrivait Martin Luther King (La Force d'aimer) "Rien n'est plus dangereux au monde que la véritable ignorance et la stupidité."

Madame, je vous en prie, n'en jetez plus. La cour est pleine.

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28 janvier 2008

Un diamant gros comme le Ritz... *

Bienvenue au Pipoland...

 

"Extraits des «Consignes générales» en cas d’audition par la police : «Ne pas reconnaître une quelconque déficience interne, même sous vive pression. Restituer les faits négatifs dans leur contexte, en les noyant dans les faits positifs, en utilisant la complexité technique. Dire : notre organisation est exemplaire. Ne pas dire : des vérifications plus poussées engendreraient des coûts insupportables. Sur la DG, dire : j’estime qu’elle a rempli ses obligations, je réfute tout grief de négligence.»

 

http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/306520.FR.php


* Francis Scott Fitzgerald

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14 janvier 2008

L'insurrection qui vient. Thermomètre. Société. Prospectives?


L'Insurrection qui vient. Le comité invisible (Editions La Fabrique)

128 p./7 euros

ISBN : 2-913372-62-7

"Sous quelque angle qu'on le prenne, le présent est sans issue. Ce n'est pas la moindre de ses vertus. À ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l'heure. C'est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis. «Le futur n'a plus d'avenir» est la sagesse d'une époque qui en est arrivée, sous ses airs d'extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.

La sphère de la représentation politique se clôt. De gauche à droite, c'est le même néant qui prend des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondole qui échangent leurs discours d'après les dernières trouvailles du service communication. Ceux qui votent encore donnent l'impression de n'avoir plus d'autre intention que de faire sauter les urnes à force de voter en pure protestation.

On commence à deviner que c'est en fait contre le vote lui-même que l'on continue de voter. Rien de ce qui se présente n'est, de loin, à la hauteur de la situation. Dans son silence même, la population semble infiniment plus adulte que tous les pantins qui se chamaillent pour la gouverner. N'importe quel chibani de Belleville est plus sage dans ses paroles qu'aucun de nos soi-disant dirigeants dans toutes ses déclarations. Le couvercle de la marmite sociale se referme à triple cran tandis qu'à l'intérieur la pression ne cesse de monter. Parti d'Argentine, le spectre du Que se vayan todos! commence à sérieusement hanter les têtes dirigeantes.

L'incendie de novembre 2005 n'en finit plus de projeter son ombre sur toutes les consciences. Ces premiers feux de joie sont le baptême d'une décennie pleine de promesses. Le conte médiatique des banlieues-contre-la-République, s'il ne manque pas d'efficacité, manque la vérité. Des foyers ont pris jusque dans les centres-villes, qui ont été méthodiquement tus. Des rues entières de Barcelone ont brûlé en solidarité, sans que nul n'en sache rien que leurs habitants. Et il n'est même pas vrai que le pays ait depuis lors cessé de flamber. On trouve parmi les inculpés toutes sortes de profils que n'unifie guère que la haine de la société existante, et non l'appartenance de classe, de race ou de quartier. L'inédit ne réside pas dans une «révolte des banlieues» qui n'était déjà pas nouvelle en 1980, mais dans la rupture avec ses formes établies. Les assaillants n'écoutent plus personne, ni les grands frères ni l'association locale qui devrait gérer le retour à la normale. Aucun SOS Racisme ne pourra plonger ses racines cancéreuses dans cet événement-là, à quoi seules la fatigue, la falsification et l'omertà médiatiques ont pu feindre de mettre un terme. Toute cette série de frappes nocturnes, d'attaques anonymes, de destructions sans phrases a eu le mérite d'ouvrir à son maximum la béance entre la politique et le politique. Nul ne peut honnêtement nier la charge d'évidence de cet assaut qui ne formulait aucune revendication, aucun message autre que de menace; qui n'avait que faire de la politique. Il faut être aveugle pour ne pas voir tout ce qu'il y a de purement politique dans cette négation résolue de la politique; ou ne rien connaître aux mouvements autonomes de la jeunesse depuis trente ans. On a brûlé en enfants perdus les premiers bibelots d'une société qui ne mérite pas plus d'égards que les monuments de Paris à la fin de la Semaine sanglante, et qui le sait.

Il n'y aura pas de solution sociale à la situation présente. D'abord parce que le vague agrégat de milieux, d'institutions et de bulles individuelles que l'on appelle par antiphrase «société» est sans consistance, ensuite parce qu'il n'y a plus de langage pour l'expérience commune. Et l'on ne partage pas des richesses si l'on ne partage pas un langage. Il a fallu un demi-siècle de lutte autour des Lumières pour fondre la possibilité de la Révolution française, et un siècle de lutte autour du travail pour accoucher du redoutable «État providence ». Les luttes créent le langage dans lequel se dit le nouvel ordre. Rien de semblable aujourd'hui. L'Europe est un continent désargenté qui va faire en cachette ses courses chez Lidl et voyage en low cost pour encore voyager. Aucun des « problèmes» qui se formulent dans le langage social n'y admet de résolution. La «question des retraites », celle de la «précarité », des «jeunes» et de leur «violence» ne peuvent que rester en suspens, pendant que l'on gère policièrement les passages à l'acte toujours plus saisissants qu'elles recouvrent. On n'arrivera pas à enchanter le fait de torcher à vil prix des vieillards abandonnés des leurs et qui n'ont rien à dire. Ceux qui ont trouvé dans les voies criminelles moins d'humiliation et plus de bénéfices que dans l'entretien de surfaces ne rendront pas leurs armes, et la prison ne leur inculquera pas l'amour de la société. La rage de jouir des hordes de retraités ne supportera pas à plat ventre des coupes sombres dans ses rentes mensuelles, et ne peut que s'exciter davantage devant le refus du travail d'une large fraction de la jeunesse. Pour finir, aucun revenu garanti accordé au lendemain d'un quasi-soulèvement ne posera les bases d'un nouveau New Deal, d'un nouveau pacte, d'une nouvelle paix. Le sentiment social s'est bien trop évaporé pour cela.

En fait de solution, la pression pour que rien ne se passe, et avec elle le quadrillage policier du territoire, ne vont cesser de s'accentuer. Le drone qui, de l'aveu même de la police, a survolé le 14 juillet dernier la Seine-Saint-Denis, dessine le futur en couleurs plus franches que toutes les brumes humanistes. Que l'on ait pris le soin de préciser qu'il n'était pas armé énonce assez clairement dans quelle voie nous sommes engagés. Le territoire sera découpé en zones toujours plus étanches. Des autoroutes placées en bordure d'un« quartier sensible» font un mur invisible et tout à fait à même de le séparer des zones pavillonnaires. Quoi qu'en pensent les bonnes âmes républicaines, la gestion des quartiers «par communauté» est de notoriété la plus opérante. Les portions purement métropolitaines du territoire, les principaux centres villes, mèneront dans une déconstruction toujours plus retorse, toujours plus sophistiquée, toujours plus éclatante, leur vie luxueuse. Elles éclaireront toute la planète de leur lumière de bordel pendant que les patrouilles de la BAC, de compagnies de sécurité privées, bref: les milices, se multiplieront à l'infini, tout en bénéficiant d'une couverture judiciaire toujours plus impudente.

L'impasse du présent, partout perceptible, est partout déniée. Jamais tant de psychologues, de sociologues et de littérateurs ne s'y seront employés, chacun dans son jargon spécial où la conclusion est spécialement manquante. Il suffit d'entendre les chants de l'époque, les bluettes de la «nouvelle chanson française» où la petite bourgeoisie dissèque ses états d'âme et les déclarations de guerre de la mafia d'Evry, pour savoir qu'une coexistence cessera bientôt, qu'une décision est proche."

Ce texte est signé d'un nom de collectif imaginaire. Ses rédacteurs n'en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d'ordre dans les lieux communs de l'époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher. Ils n'ont fait que fixer les vérités nécessaires, celles dont le refoulement universel remplit les hôpitaux psychiatriques et les regards de peine. Ils se sont faits les scribes de la situation. C'est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. Il suffit de dire ce que l'on a sous les yeux et de ne pas éluder la conclusion.

Continuons.

 

"Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l’« économie non autistique » - qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle."

 

"Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d’une « solution » ou, à défaut, d’une « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre."

"Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L’insurrection qui vient tâche d’arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes."

 

"L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que « l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police."


Sombre mais passionnant constat, n'est-ce pas? Il existe pourtant un moyen d'éviter cet avenir  d'épouvante en effectuant d'urgence une prise de consience citoyenne et en affirmant encore, toujours et partout, sans désemparer, un humanisme non dévoyé. C'est la seule solution qui vaille pour prendre la vague et surmonter l'onde de choc. Celle des hommes de bonne volonté qui n'ont pas peur d'affirmer leur confiance dans la richesse de l'autre, qui sont sûrs d'eux, qui sont prêts à prendre la relève, qui ont conscience de ce qu'est l'Etat, qui savent encore ce que signifient les mots d'Honneur, de Patrie, de Valeur et de Discipline. Qui aiment la France.


"Tout l'avenir de la Terre, comme celui de la Religion, me paraît suspendu à l'éveil de notre foi en l'avenir."

Teilhard de Chardin, Lettre à Mme Georges-Marie Haardt


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Echange de vues...

14 janvier 2007  15:51


Monsieur,
Je partage votre point de vue sur l'inadaptation de la voie parlementaire. J'étais favorable à un référendum. Notre divergence porte sur un autre point : celui de la méthode. En effet, je suis, certes, demandeur d'un référendum, comme tous les socialistes, mais je ne suis pas prêt à défendre cette position à n'importe quel prix, notamment pas à celui d'un blocage du texte.
Concernant votre venue au Sénat, je ne vous cache pas que mon emploi du temps est particulièrement chargé en ce moment. Je m'occupe en effet de plusieurs rapports, notamment sur des questions d'environnement et de recherche. Je suis donc pour l'instant la plupart du temps en déplacement à l'étranger pour rencontrer des chercheurs, ou en auditions.
Néanmoins, si vous souhaitez que nous prenions rendez-vous, je vous indique le numéro de téléphone et le courrier de ma permanence parlementaire à Saint-Brieuc :
02 96 604 605
senateur.saunier@wanadoo.fr
Cordialement,
Claude Saunier


Le 11:15 14/01/2008, vous avez écrit:

----Message d'origine----
Date: Mon, 14 Jan 2008 09:54:29 +0100
Monsieur le Sénateur,

Je vous remercie vivement d'avoir pris la peine de me répondre.Vous avez en effet été le premier à le faire, ce dont je suis très touché.

Puis-je vous soumettre une observation et deux questions?

L'article 3 de la Constitution dispose dans son Alinéa 1 (je cite): "La souveraineté nationale appartient au peuple  qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum".

A votre avis, l'article 11 de la Constitution permet-il de ratifier par la voie parlementaire un traité reprenant des dispositions rejetées précédemment par référendum?

Enfin, verriez-vous un inconvénient à me recevoir ou à m'accueillir dans l'enceinte du Sénat?

Croyez, Monsieur le Sénateur, en l'assurance de ma respectueuse considération.


                                                                   Renaud Bouchard





A: "Renaud Bouchard"
De: Claude Saunier
Sujet: Re: [CNR] Nous voulons un referendum
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Monsieur,

Vous m’avez interrogé sur ma position quant au Traité Constitutionnel Européen.

Cette interrogation, adressée à un parlementaire engagé par sa fonction dans l’action publique, est légitime.

Je tiens à rappeler en premier lieu que, par formation j’ai enseigné l’histoire- et par conviction homme de gauche, je n’oublie pas mes racines internationalistes- je suis profondément attaché à la construction européenne.

Le risque d’éclatement de l’espace de paix constitué par l’Europe avec la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, m’a conduit à m’engager fortement en faveur de la ratification du Traité de Maastricht en 1992. J’ai pris l’initiative d’un comité de soutien au OUI dans mon département des Côtes d’Armor.

Cette conviction européenne a soutenu un engagement aussi clair, contre le Projet de Constitution Européenne soumis au referendum du 29 mai 2005. Je n’ai pas admis l’inscription «dans le bronze constitutionnel» de la soumission à la doctrine libérale.

Aujourd’hui, le Traité, préparé par la conférence intergouvernementale de Lisbonne, ne porte que sur le cadre constitutionnel et n’aborde par le contenu et la philosophie des politiques européennes, à la différence du texte refusé par le peuple français en 2005. Je mesure les insuffisances et les lacunes de ce traité. Mais il ne porte que sur le fonctionnement des institutions et n’est pas présenté comme une «constitution» par nature pérenne.

Lecteur attentif et vigilant du texte, je ne m’y opposerai donc pas.

Cependant, je condamne la décision du Président de la République qui refuse la voie référendaire sur un texte dont chacun mesure l’importance. Je considère que le peuple français, interrogé sur le premier projet de constitution, devait aussi s’exprimer directement sur le texte actuel. J’ai donc publiquement appelé à l’organisation d’un referendum sur cette question.

Pour autant, par respect des institutions de la Républiques, du choix opéré par le Peuple lors des élections présidentielles, je ne m’opposerai pas à la ratification du traité proposé pour de simples considérations tactiques. Chacun doit assumer ses choix en toute clarté. Ce que je fais aujourd’hui en vous répondant.

Souhaitant avoir exprimé un point de vue dont vous apprécierez la cohérence et la clarté, je demeure à votre disposition pour continuer le débat et vous assure de mes sentiments les meilleurs, authentiquement européens et socialistes.

Claude SAUNIER
Sénateur des côtes d'Armor


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10 janvier 2008

La tenue d'un référendum sur le traité de Lisbonne est une ardente nécessité démocratique.

Adresse au Parlement

Messieurs les Présidents,
Madame la députée, Monsieur le député,
Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,


En tant que Citoyen détenteur d'une partie de ce suffrage que vous avez mandat d'exprimer, je vous demande de m'accueillir dans l'enceinte du Parlement prochainement réuni en Congrès pour y faire une déclaration politique.

Vous êtes conscient(e) de l’importance que représenterait pour notre pays le nouveau traité européen signé à Lisbonne par les chefs d’Etat et de gouvernement.

 

Je suis, pour ma part, résolument Européen, particulièrement déterminé à construire une Europe forte, prospère, respectueuse de ses membres et riche de ses valeurs dans un monde à feu et à sang.

 

Ce traité est d'autant plus important qu'il va avoir une répercussion considérable sur la vie économique, sociale et politique de la France et de chacun de ses citoyens. Ceci explique que sa ratification exige préalablement une révision de la Constitution française.

 

Lors du précédent référendum sur le projet de traité constitutionnel, certains ont voté oui, d’autres ont voté non, mais en France, le peuple s’est prononcé librement, ce qui est tout à l’honneur de notre pays.

 

Chacun a exprimé ses sensibilités, ses aspirations, ses opinions.

 

Comme une majorité de nos concitoyens - majorité qu'il convient de vérifier, ce que seule une consultation sous forme de référendum est en mesure d'offrir - le débat démocratique est à ce prix -je considère que le nouveau traité doit également être soumis à référendum. Et cela dépend de vous.

 

Sachant que l'application de ce traité requiert deux étapes successives, dont la première concerne la révision de notre Constitution, avant celle concernant l’adoption proprement dite du traité, il est évident que si cette première étape ne recueillait pas la majorité requise des 3/5 des membres du Congrès, le président de la République serait alors contraint de recourir au référendum. Beaucoup de voix venues de tous horizons se sont élevées pour qu’il en soit ainsi.

 

Quelle que soit votre opinion sur ce traité qui ne saurait être adopté de manière cauteleuse, je vous demande donc à mon tour solennellement d'être fidèles à votre engagement, de ne pas céder à vos sirènes partisanes, de ne pas boycotter la consultation constitutionnelle à venir, de vous déplacer physiquement et donc de voter contre la révision constitutionnelle lors de ce premier vote, puisque, compte-tenu de la décision du président de la République, c’est la seule façon d’obtenir que le peuple français tout entier, dont je suis, au même titre que je suis citoyen européen, puisse s’exprimer.

Ce que le suffrage universel a décidé ne peut être tranché à nouveau que par le suffrage universel
. Ainsi les députés et les sénateurs ont-ils le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.

 

C’est  pourquoi je vous demande de ne pas prêter votre concours à ce qui resterait non seulement un grave déni de démocratie, mais signifierait encore tout simplement la capitulation constitutionnelle et, partant, la signature par vos soins de l'acte de décès d'un parti de gouvernement et d'opposition.

C'est pourquoi je vous demande encore de m'accueillir dans l'enceinte du Parlement réuni en Congrès, en tant que Citoyen détenteur d'une partie de ce suffrage que vous avez mandat d'exprimer, pour y faire une déclaration politique.

 

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma respectueuse considération.

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31 décembre 2007

La Messe sur le Monde : Heureuse et confiante année 2008!

A chacun, mes voeux les plus chers.

Puisse cette nouvelle année vous apporter ce que 2007 aura omis de faire.

Un message d'espérance, mais aussi de réalisme et d'engagement.

Non pas simplement en travaillant plus pour gagner plus, ce qui est d'une stupidité profonde, mais en vous offrant un jour la possibilité de travailler mieux pour vivre mieux, en répartissant harmonieusement non pas la pénurie, mais la paix et la prospérité.

En vous offrant un message de paix.

En vous offrant un véritable respect et un complet épanouissement des richesses, des diversités et des potentialités de chacun, loin du voeu hypocrite d'une pseudo-moralisation des affaires.

Pour nos enfants, nos familles, nos amis, nos alliés.

Pour la France, pour notre cher pays, pour l'Europe et pour l'immense aventure du vouloir vivre ensemble.

Belle, heureuse et confiante année 2008!

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23 décembre 2007

Julien Gracq

Julien Gracq.   1910-2007.   In Memoriam.

http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/presentation-gracq.html


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11 décembre 2007

Taux de change : 10 milliards d'Euro = 30 Deniers

Drapeau national en berne et jour funeste - en ce 10 décembre 2007 - où au nom d'une business-diplomatie le gardien de la Constitution aura prostitué la Mère patrie des droits de l'Homme.

“Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle.” (Discours de M. N. Sarkozy du 6 mai 2007)

Compliments!

"Dans la Démocratie européenne, j’ajoute que tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des Droits de l’Homme au bénéfice de contrats, n’ont pas eu les contrats, et ont perdu sur le terrain des valeurs."

(M. N. Sarkozy. Séance solennelle devant le Parlement européen le 13 novembre 2007,Strasbourg).

Congratulations, Mr President!

"Je devrais peut-être féliciter M. Sarkozy de recevoir M. Kadhafi , le jour du débat sur le rapport sur les droits de l'Homme et de la remise au Parlement européen du prix Sakharov pour la liberté de penser", a souligné ironiquement l'eurodéputé britannique, Graham Watson, chef du groupe démocrate et libéral (ADLE) au Parlement européen. "Il n'y a pas de doute que nous le verrons un jour recevoir Mahmoud Ahmadinejad et Kim Jong-Il. Nous attendons de voir ça avec impatience", a ajouté ce dernier a l'occasion d'un point presse.

Comme l'écrit fort justement Nicolas Vinci sur Agoravox "Ce n’est pas tant au dialogue avec la Libye qu’il faut s’opposer, mais au cérémonial mis en oeuvre pour accueillir son chef, aux justifications realpoliticiennes qui n’en sont pas vraiment qui ont été apportées, et surtout aux objets des contrats commerciaux que la France s’apprête à passer avec ce pays."

      

Lorsqu’à Munich, en 1938, Édouard Daladier cédait à celui qui allait incarner le mal absolu dans l’histoire de l’humanité, l’air du temps était à l’apaisement. La logique était simple : il fallait ménager Adolf Hitler dans l’espoir qu’il n’aille pas plus loin dans ses intentions hégémoniques et belliqueuses. C’est ainsi que fut sacrifiée la Tchécoslovaquie sur l’autel des négociations. La fin (protéger la démocratie) justifiait les moyens, pensait-on à l’époque. Édouard Daladier revint accablé de Munich tandis que la foule l’applaudit à son retour. L’histoire retint qu’il s’était désolé de voir les Français ne pas comprendre ce qui venait de se passer : “Ah ! Les cons ! S’ils savaient !”.

La ligne jaune avait été franchie et notre pays n’était plus en position de force sur la scène internationale. La suite, nous la connaissons tous.

Aujourd’hui, et pour presque une semaine, la France vit et va vivre un nouveau Munich. Bien sûr, il n’est pas question d’apaiser la Libye qui, de toute façon, n’est pas en position de force par rapport à nous et qui n’a, à notre connaissance, pas l’intention de venir faire la guerre. Non, là, il s’agit juste d’ouvrir notre porte à un colonel et à son pays. Pour leur montrer que la démocratie française ne snobe personne. En soi, l’intention est louable. Car l’évidence théorisée par les États-Unis au début du XXe siècle et appliquée par F.D. Roosevelt à la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’égard de l’Allemagne de l’Ouest paraît toujours d’actualité, laisser les dictatures s’autogérer seules dans leur coin est le dernier moyen de faire bourgeonner les germes de la démocratie en elles. De même, leur claquer la porte au nez définitivement et les laisser pourrir n’apporte rien à leur amour (peut-être-un-jour-naissant) pour notre régime politique que nous considérons comme la façon optimale de gérer les rapports humains. Que serait devenue l’URSS sans les négociations de la Détente (années 1960-1970) qui portèrent notamment sur les droits de l’Homme - la fameuse “troisième corbeille” des Accords d’Helsinki de 1975. En somme, ce qu’il nous faut, c’est de la Realpolitik, désidéologisée. C’est ce que certains avancent pour justifier la venue du leader libyen.

Cette vision manque cruellement de cohérence et d’honnêteté intellectuelle.

Comment ose-t-on parler de diplomatie désidéologisée lorsque sa justification réside dans la volonté de dialogue afin de montrer l’ouverture de la démocratie à l’égard de tous les États de la planète ? Car la démocratie, qu’on le veuille ou non, reste sinon une idéologie au moins un idéal. Or, dès que l’on privilégie l’idéal (ou dans le pire des cas l’idéologie), on s’éloigne ipso facto du réalisme. Accueillir le Guide en France pour montrer que la démocratie ne lui claque pas la porte au nez, c’est bel et bien agir au nom de l’idéal démocratique, non ? Dès lors, que l’on arrête de nous faire la leçon sur la Realpolitik qu’il conviendrait apparemment d’adopter à l’égard du dirigeant lybien !

Que l’on choisisse pour le recevoir la Journée mondiale des droits de l’homme, comme le fait justement, mais tardivement remarquer la secrétaire d’État préposées aux dits droits, Me Rama Yade, est un symbole qui ne manque pas de sel. Mais un symbole sans réel danger pour l’avenir (quoique?) En revanche, que la France qui, lorsqu’elle choisit de vendre des avions d'arme Rafale pour la première fois à un pays étranger, le fait vers un pays dont le dirigeant justifie le recours au terrorisme des petits États par leur taille (Lisbonne) est un symbole autrement plus fort et bien plus grave. Nous évoquions plus haut la Détente au cours de la Guerre Froide. Rappelons-nous que celle-ci fut entreprise  en 1979 lorsque le leader soviétique Leonid Brejnev décida d’envahir l’Afghanistan pour soutenir une faction de la guérilla communiste qui tentait alors de s’imposer. La réponse états-unienne à cette invasion - toujours incompréhensible aux yeux de nombreux historiens de la période - fut de soutenir, pour résister aux “Rouges”, le mouvement le plus religieux et le plus idéologisé de la région, celui des Talibans, en lui vendant des armes (parce qu’il fallait empêcher l’URSS non-démocratique de s’imposer, bien entendu...). Le 11 Septembre 2001, des Talibans entraînés grâce aux armes états-uniennes décidaient de commettre le chef d'oeuvre absolu et jusqu'à ce jour insurpassé de l'attentat géopolitique en précipitant les avions dont ils s'étaient rendus maîtres sur  les tours new-yorkaises pour toucher l’Amérique au coeur. Il faut toujours se méfier de ceux à qui l’on vend des armes...

Nicolas Vinci a raison : Il ne s’agit pas de dire ici, comme il l'écrit fort justement: “Nous, Français, ne devons jamais rencontrer le dirigeant libyen”. Non, bien au contraire. Mais tout est dans les formes. Il s’agit d’être plus modérés, d’oser dire non à l’argent-roi en ne privilégiant pas des contrats commerciaux par rapport à la défense des droits de l’Homme. Il s’agit de rappeler au président de la République qui veut toujours tenir ses engagements de campagne ses propres paroles  : “Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle.” (Discours du 6 mai 2007)

Tartufferie absolue!

Si la France souhaite dialoguer avec la Libye, qu’elle le fasse sur les bons sujets ! Le commerce, certes, mais aussi la démocratie et les droits de l’Homme. Si la France souhaite commercer avec la Libye - et il le faut - il est une multitude de biens et de services que la France peut produire et exporter, bien avant des centrales nucléaires ou des avions de chasse ! Si la France le fait pour récupérer son point de croissance, dans ce cas, qu’elle ne reçoive pas le dirigeant libyen dans des cérémonies aussi indécentes que grotesques. Qu’elle se fasse inviter par la Libye, et non l’inverse !

 

Travailler avec la Libye pour réaliser le partenariat Euromed et procéder à la mise en place d'une politique européenne de voisinage avec les pays MENA? Plus que jamais, bien sûr. Mais pas au prix de la prostitution d'une grande démocratie par les agissements d'un VRP multicartes qui parle au nom de la France.

 

Nous sommes en ce moment à la limite de la politique de la terre brûlée. Nous sommes là dans la diplomatie dorée. Dans la diplomatie de Munich, sans espoir, qui fait passer la démocratie d’idéal inoffensif à idéologie justificatrice aussi dangereuse qu’absurde !

 

Voyez sur http://www.dailymotion.com/INFOCOM-Net/1   un pitoyable et laborieux travail de justification de l'injustifiable.

Et que dire de la déclaration effectuée le 27 novembre dernier par M.Sarkozy lorsqu'il a dénoncé le projet de référendum Taiwanais au sujet de l’entrée de Taiwan à l’ONU?

"Il n’y a du point de vue français qu’une seule Chine et Taïwan fait partie intégrante du territoire chinois", a dit le président français, à l’issue d’un entretien avec son homologue chinois, Hu Jintao, et de la signature d’importants contrats.

"La France n’est donc pas favorable à l’indépendance de Taïwan", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui a imputé aux "aléas de l’histoire" la séparation actuelle de Taïwan et de la Chine continentale. (extraits)

On croit rêver, et pourtant. Les idéaux républicains de la France sont bien éloignés de cette déclaration à l’emporte-pièce mais préméditée. Cela fait mal d’entendre le Président  proclamer un discours ferme de politique intérieure Chinoise à destination de son peuple mais également un discours de politique extérieure à destination de Taiwan en devenant le cornette porte-drapeau d'un gouvernement sans pitié.

Cette posture de M. Sarkozy au sujet de Taiwan n'aura duré que le temps d’un voyage en Chine, mais quel déploiement de bassesse pour 20 Milliards! Notre pays ne sort pas grandi après une telle déclaration.

Il existe en effet une manière tout aussi efficace de gagner de l'argent et de travailler pour les intérêts économiques de son pays : c'est d'agir avec élégance. Ce sont là toute la différence et le fossé qui sépareront toujours l'aristocratie et la grande bourgeoisie des affaires du monde des nouveaux riches et de leurs obligés.

On ne prostitue pas impunément l'image du pays dont on a temporairement la charge.

 

Posté par Renaud Bouchard à 19:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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