"On ne doit pas transformer cette situation en une crise aigüe par des réactions catastrophistes: un traité ne peut être modifié qu'à l'unanimité des Etats membres."  Hubert Védrine

"Si le peuple irlandais décide de rejeter le traité de Lisbonne, naturellement il n'y a plus de traité de Lisbonne, sauf à reprendre le dialogue avec le peuple irlandais."  François Fillon

"C'est parce que les Européens ne débattent pas des sujets de fond, pendant les campagnes électorales, qu'ils s'en prennent à un texte qui en fait n'est qu'un cadre, pas un choix politique." Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale du Think tank Notre Europe.

Au-delà du "non" Irlandais, il y a un non général dont l'écho n'en finit plus de résonner, un refus répété dont il serait intéressant de comprendre la signification. Un refus d'un modèle européen qui ne pourra qu'être rejeté tant que les citoyens européens auxquels il s'adresse ne s'y reconnaîtront pas.


Le Traité de Lisbonne a été conçu sur les ruines du rejet du TCE . Le TCE a lui même été élaboré  sur les bases incertaines du Meccano (TM) que constituait le Traité de Nice.

On a sciemment privé les Français d'une possibilité de les consulter par voie référendaire sur l'adoption du Traité de Lisbonne. Le refus Irlandais n'est aujourd'hui que la traduction sui generis d'un refus général qui ne signifie rien d'autre que la conclusion suivante : un projet n'est valablement adopté que si tout le monde l'accepte.

Modifions les institutions européennes, simplifions-les, rendons-les intelligibles à chacun, faisons en sorte que les prochaines élections de 2009 ne soient pas confisquées comme elles l'ont déjà été par des représentations parlementaires nationales et partisanes qui n'ont pas d'autre but que d'occuper un espace européen dont elles n'ont en réalité que faire.

Le jour où l'on tiendra enfin compte de la majorité intellectuelle  des Européens qui ont montré qu'ils étaient capables de réfléchir et d'exprimer clairement ce dont ils ne veulent pas, il n' y aura plus de difficulté pour susciter l'enthousiasme et l'adhésion complète à cette formidable aventure que l'on a eu de cesse de nous confisquer. A quand un référendum pour tous les Européens le même jour, avec les mêmes questions et un résultat européen et non pas par pays?

Ce n'est pas qu'avec les Irlandais qu'il faut reprendre le dialogue: c'est avec l'ensemble des partisans de l'Union toute entière, les Français en premier, auxquels leurs "représentants" ont volé leurs suffrages pour tenter de passer en force. La manoeuvre a échoué. Elle a échoué parce que les Européens comprennent, réfléchissent, savent exprimer très clairement ce qu'ils ressentent. Puisse la présidence française de l'Union avoir enfin l'intelligence d'écouter les aspirations de 450 millions de citoyens qui ne veulent pas, entre autres,  d'OGM, de poulet chloré venu des USA.Que les gouvernants fassent l’Europe des peuples et le OUI sera majoritaire.
L'urgence est extrême.