30 novembre 2009
Minarets, islam, le véritable débat sur l'identité nationale. L'islam est-il soluble dans l' Europe?
La Suisse a donc parlé, donnant à voix haute une réponse à des questionnements dont il serait par hypothèse intéressant de connaître officiellement les réponses si tous les pays de l'Union européenne, et principalement la France, manifestaient à leur tour leurs sentiments et leurs opinions.
Analyse intéressante que celle de Xavier Alonso publiée dans le journal 24 heures ce 30.11.2009 après la votation intervenue en Suisse concernant l'interdiction des minarets, où l’on voit que si en France le fameux débat sur l’identité nationale motivé par des considérations électoralistes est soigneusement tenu en laisse, il vient en revanche de faire une entrée fracassante en Suisse en répondant clairement au message et à la question posées par une affiche explicite.
"C'est un résultat catastrophique, déclare Tariq Ramadan, ajoutant qu'il y a une vraie peur, un questionnement profond sur la question de l'islam en Suisse."
Effectivement, mais voilà, analyse trop brève, surtout de la part d'un intervenant qui n'a rien d'anodin (http://www.tariqramadan.com/spip.php?lang=en), car le questionnement profond n'est pas limité à la Suisse.
Il l'est en effet à l'échelle d'une Europe toute entière qui pose la seule véritable question qui vaille, à laquelle une réponse doit être apportée, celle de savoir pourquoi, en Europe, au-delà du symbole renvoyé par cette votation, les musulmans ne se sentent pas et ne sont pas acceptés en tant que communauté religieuse.
Les réponses sont connues, qui transcendent tout ce qui ressortit au registre de l'émotionnel ou de l'irrationnel.
Elles tiennent tout simplement, au-delà d'une méconnaissance certaine, généralisée, à la mauvaise image que l'islam en général et les musulmans en particulier renvoient d'eux-mêmes à ceux qui ne les aiment pas, les craignent, n'en veulent pas, ne désirent pas même les connaître et les rejettent sans discussion possible.
Mais elles tiennent aussi - question trop longuement tue ou éludée - au rejet viscéral et agressif d'un monde occidental, européen, à la fois admiré et méprisé, dans lequel l'islam se sent a fortiori mal à l'aise faute d'en accepter les éléments constitutifs fondamentaux, qu'ils soient d'ordre politique, économique, social, religieux...et civilisationnel, tous éléments qui se réclament en effet d'un fond commun de civilisation différent, construit sur des valeurs de tolérance, de liberté et de laïcité que l'Europe n'accepte pas de voir disparaître au nom du respect d'un multiculturalisme qui voudrait lui susbtituer ses propres valeurs.
Le temps est donc venu, saisissant l'occasion d'un véritable débat sur l'identité nationale, débat biaisé en France par des desseins électoralistes, d'examiner dans un cadre laïque, démocratique, respectueux des droits de l'homme, un islam débarrassé des intégrismes et fondamentalismes politiques et sociaux qui le minent et lui préjudicient.
Le temps est venu de radiographierr un islam à l'image de celui qu'évoque avec talent et sagesse Abdelwahab Medeb, précieux écrivain et poète d’origine tunisienne, lequel s’essaye avec bonheur à l’examen critique de l'islam tout en se référant à la culture, à l’histoire et au génie qui en font la beauté par trop ignorée de ceux qui l'instrumentalisent.
C'est qu'en effet, comme l'écrit très finement Monika Zergane à propos du dernier ouvrage d'Abdelwahab Meddeb (Pari de Civilisation, Seuil, Août 2009), "Si l'Islam a conduit la civilisation à un apogée qu'elle n'avait pas connu avant son avènement, la civilisation musulmane, elle, a pensé "la fin de l'histoire" et cela lui a été préjudiciable. Le panarabisme et l'islamisme ont détruit les minorités religieuses et culturelles vivant en terre d'islam, achevant de plonger les populations musulmanes dans l'isolement.
Despotisme, fanatisme, superstition, obscurantisme, misère économique, sous-développement et absence de contrat social intériorisé, c'est aujourd'hui la réalité des pays musulmans. Une réalité qui contraste radicalement avec la splendeur révolue de la civilisation musulmane exaltée par Abdelwahab Meddeb tout au long de son ouvrage. Dans sa complexité, nous dit l'auteur, l'Islam doit être approché comme civilisation, comme religion et comme désir politique. De nos jours, les deux premiers attributs se sont éclipsés au profit d'une violence criminelle dont les attentats du 11 septembre 2001 ont été l'illustration abjecte.
Abdelwahab Meddeb insiste sur la nécessité d'une relecture du texte coranique afin éviter le choc voire la guerre des interprétations qui se profile. Neutraliser les versets de l'hostilité en les situant dans le contexte dépassé de leur apparition doit être une priorité pour les exégèses du texte coranique. Il s'agit ici du djihad et de certaines dispositions juridico-politiques telles que l'esclavage, la polygamie, les hudûd (les sanctions pénales traduites en châtiments corporels) et l'inégalité des sexes.
Dans ce livre utile où l'on trouvera une somme impressionnante de références témoignant de la profondeur des cultures d'Islam, Meddeb insiste encore sur la nécessité de reconsidérer les idées des Lumières et invite le sujet musulman à questionner son rapport à la Nature en se conformant aux préceptes appelant à habiter proprement le monde. C'est sur ces aspects que portera le “défi” et que pourra se vérifier la pertinence de la tradition de pensée islamique et son ancrage dans la modernité."
Vision irénique? Pour beaucoup trop de gens, certainement. Mais imaginons un seul instant un pays sûr de lui, une Union européenne sûre d'elle-même, et l'on verra que les prétendues "insultes" faites à l’islam au nom d’un rejet de la construction de minarets n'auront plus d'intérêt qu'anecdotique.
Et que dit la Suisse? Elle parle de choc. "Le choc, écrit Xavier Alonso dans 24 heures. Et tant de questions sans réponse. Hier, à la surprise des initiants eux-mêmes, les Suisses ont dit oui à 57,47% à l’interdiction des minarets. Seuls quatre cantons ont dit non, dont le canton de Vaud, 53%. Une seule certitude après cette gifle aux élites politique et médiatique: aux yeux des citoyens, l’islam pose problème. Mais comment la Suisse doit-elle s’y attaquer?
Par l’intégration, dit avec force Ada Marra. La conseillère nationale socialiste appelle l’UDC à prendre ses responsabilités. «Elle a fait le débat, mais elle ne propose rien. Le PS a proposé les cours de langue, les CV anonymes – parce que l’intégration passe par le travail –, la formation des imams, c’est d’ailleurs le radical Hugues Hiltpold qui l’a demandée… Le problème, c’est que le parlement nous a toujours tout refusé.» La socialiste souligne que les règles existent déjà: «On ne l’a peut-être pas assez dit, mais le Tribunal fédéral a tranché: les filles musulmanes doivent aller à la piscine.»
La droite durcit le ton. L’intégration est dans toutes les bouches. Mais hier le discours des politiques s’est radicalisé en l’espace de quelques heures. Pendant la campagne, c’est l’image d’un islam souriant qui avait été mis en exergue par tous. Aujourd’hui, à l’aune de la peur exprimée, c’est un autre islam qui est analysé. «Le message du Conseil fédéral doit être clair. La charia n’a pas sa place en Suisse, affirme le président du PDC Christophe Darbellay. Toutes les formes de discriminations envers les femmes doivent être bannies. Il ne doit y avoir aucune exception à la scolarité obligatoire, aux cours de religion et de sport – inclu la natation pour les filles.»
Les libéraux-radicaux, par la voix du Genevois Hugues Hiltpold, tiennent, à quelques nuances près, un discours taillé dans la même étoffe de la tolérance zéro envers les fondamentalismes. «Nous avons pris la mesure de la peur de la population, formule-t-il. Mais la transparence religieuse doit être faite vis-à-vis de tous les mouvements religieux. Le seul grand accident religieux connu en Suisse fut le fait de l’Ordre du temple solaire. Et cela n’a rien à voir avec l’islam.»
Vainqueur du jour, l’UDC Yvan Perrin relativise. «Les gens n’ont pas dit non à l’islam, mais oui à d’autres valeurs. Mais les accommodements raisonnables, c’est fini.» C’est donc autant les craintes des extrémistes que les petits faits de société – comme le port du voile – qui doivent être contrôlés. Contre toute attente, l’islamologue Stéphane Lathion ne dit pas autre chose. Il attend des musulmans de Suisse une réaction positive: «Il ne faut surtout pas qu’ils soient dans le rejet et la victimisation. Nous ne pouvons nous permettre d’être dans la méfiance réciproque et les peurs parallèles.»
Gare à la suspicion. Pour Hafid Ouardiri, le coup est tout de même rude. «Comme si 42 ans de vie en Suisse étaient remis en cause. Ma Suisse a perdu…» glisse le Genevois, qui attend que les autorités se remettent en question comme le font les musulmans. «Nous sommes tristes. Mais nous allons survivre et démontrer que nous respectons les valeurs de la Suisse. Il est hors de question que nous vivions avec le poids de la suspicion permanente.»
« Je ne sais comment m’adresser à ces gens qui ont peur…» Pourquoi personne n’a-t-il rien vu venir? La question était hier dans tous les esprits. Le président du Groupe de recherche sur l’islam, Stéphane Lathion, pointe clairement le problème. «Dès le départ, il y a eu une négation de la peur de la population, à laquelle s’est même ajoutée une forme de mépris. Celui qui exprimait sa peur risquait d’être taxé de raciste, sinon de stupide!»
Ce discours, Stéphane Lathion l’aurait tenu aussi en cas de refus de l’initiative. Le choc du résultat ne fait qu’accentuer son sentiment que le débat n’a pas osé dire le sentiment qui affleurait dans les discussions des élus sur le terrain. «C’est émotionnel», revient comme un leitmotiv dans la bouche des élus, dont le radical genevois Hugues Hiltpold. «Les tripes ont parlé! Il y a une peur diffuse de tous les fondamentalismes», avance Christophe Darbellay. Le Vert genevois Antonio Hodgers, lui, se dit «désemparé. Je pose mon constat d’impuissance. Comme élu, je ne sais comment m’adresser à ces gens qui ont peur.»
«Excès de confiance des élus!» disent en chœur Hasni Abidi et Hafid Ouardiri. Ces deux représentants de la communauté musulmane laïque soulignent la solidarité exprimée pendant la campagne, mais constatent le décalage. «Face à un discours de propagande de l’UDC, les autres partis n’ont pas compris qu’il fallait parler fort et clair», analyse Hasni Abidi. «Ils n’ont pas su voir que la peur mobilise et qu’elle est mauvaise conseillère», glisse Hafid Ouardiri."
Où l’on voit qu’il est donc temps pour les deux acceptions de l’islam et de l'Islam et pour l'Europe de lancer le débat sur ce pari de civilisation que l'islam ne pourra plus sérieusement éluder: l'adaptation d'une vision théocratique du monde à une autre vision, une vision laïque, une vision démocratique de la société et des droits respectifs de ceux qui la composent.
A la France de susciter les opinions et les avis pour une contribution en profondeur à l'examen de toutes les questions qui se devinent en filigrane du débat sur l’identité nationale, tant il est vrai – comme pour tous les problèmes difficiles - que faute de prendre le réel par la main tant qu’il en est encore temps, il finit toujours par vous sauter à la gorge.
Note:
Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d'« Islam » avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique dans son ensemble.
Sources et références:
http://www.evene.fr/livres/livre/abdelwahab-meddeb-pari-de-civilisation-41157.php
24 heures.
Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète, né à Tunis.
Directeur de la revue Dédale, http://dedale.free.fr/, professeur de littérature comparée à l'université de Paris X-Nanterre, il est l'auteur d’ouvrages (de romans, et notamment Talismano et de livres de poésie, notamment Tombeau d’Ibn ‘Arabî ; Matière des oiseaux – Prix Max Jacob), et de nombreux articles dans les revues Esprit, Communication, Dédale... Il anime l’émission « Cultures d’islam », sur France Culture.
Bibliographie:
La Maladie de l’Islam., 2002. Prix François Mauriac.
Contre prêches, 2007. Prix international de littérature francophone Benjamin Fondane.
Pari de Civilisation, Seuil, Août 2009
14 octobre 2009
Le Fils du Sheikh et la force des grandes nations. Pacte faustien et écuries d’Augias.
Il faut ouvrir une crise constitutionnelle et amener le chef de l’Etat et son équipe gouvernementale à renoncer à leurs fonctions au nom des principes qui gouvernent la République.
« Il faut
rompre le pacte faustien avec le marché », déclarait Jean-Baptiste de
Foucauld (*) (Président de Démocratie et spiritualité) dans un entretien donné au Nouvel Economiste le 4 juin 2009. ici.
Il faut aussi rompre le
pacte faustien que le chef
de l’Etat entretient avec cette fraction de courtisans qui trahit non seulement
la fonction parlementaire et le mandat qui y est attaché, mais encore la
confiance d’une nation légitimement écoeurée, sinon fâchée de voir de quelle
manière une représentation politique dont certains zélateurs agissent comme des
gouvernants de rencontre tente de verrouiller sa mainmise sur l’outil d’administration
et de gestion de l’un de premiers pôles d’affaires européens.
« Ce
qui sidère, comme l’écrit très justement Eric Fottorino dans son Editorial du
journal le Monde daté du mercredi 14 octobre 2009, c’est moins l’appétit du
fils que le laisser-faire du père », ce chef de l’Etat qui ne peut pas sérieusement
ignorer que dans une nation démocratique tout n’est pas permis et qu’il est des
choses qu’on ne fait pas, et cela tout simplement parce qu’une loi invisible l’interdit.
« Il
y a une accumulation de nuages sur le front de la majorité » a déclaré M.
François Baroin, exprimant ce sentiment de malaise que certains députés de l’UMP
éprouvent en constatant avec inquiétude que l’opinion publique - et donc leurs
électeurs - pourraient bien réviser les termes d’un contrat de confiance
fragilisé par de sérieux coups de canif.
Si
pour certains, à l’instar de Mme Marie-Anne Montchamp, députée (UMP) du Val-de-Marne,
l’état de la majorité présidentielle présente des microfissures, de celles qui,
invisibles à l’œil nu, font que la porcelaine éclate lorsqu’elle rencontre de l’eau
trop chaude ou trop froide, je considère pour ma part que s’il y a des criques
dans le métal, c’est tout simplement parce que l’alliage originel n’est pas
bon. La pièce fatigue. Elle va casser. Il faut la changer et la jeter.
Il
est temps de nettoyer les écuries d’Augias.
« Comme
cinquième travail, il lui demanda d'enlever en une seule journée le fumier des
troupeaux d'Augias. Celui-ci était roi d'Elide, à ce que disent certains, fils
du Soleil, selon d'autres, de Poséidon, selon d'autres encore de Phorbas et il
possédait de nombreux troupeaux. Héraclès se rendit chez lui, en ne lui révélant
pas l'ordre d'Eurysthée ; il lui dit qu'il enlèverait le fumier en un seul
jour, s'il lui donnait le dixième de ses troupeaux. »
Sources :
Πέμπτον ἐπέταξεν αὐτῷ ἆθλον τῶν Αὐγείου βοσκημάτων ἐν ἡμέρᾳ μιᾷ μόνον ἐκφορῆσαι τὴν ὄνθον. Ἦν δὲ ὁ Αὐγείας βασιλεὺς ῎Ηλιδος, ὡς μέν τινες εἶπον, παῖς ῾Ηλίου, ὡς δέ τινες, Ποσειδῶνος, ὡς δὲ ἔνιοι, Φόρβαντος, πολλὰς δὲ εἶχε βοσκημάτων ποίμνας. Τούτῳ προσελθὼν ῾Ηρακλῆς, οὐ δηλώσας τὴν Εὐρυσθέως ἐπιταγήν, ἔφασκε μιᾷ ἡμέρᾳ τὴν ὄνθον ἐκφορήσειν, εἰ δώσει τὴν δεκάτην αὐτῷ τῶν βοσκημάτων.
Voir aussi :
(*)
Inspecteur général des Finances.
Président du groupe
de travail "Définition d'indicateurs en matière d'emploi, de chômage, de
sous-emploi et de précarité de l'emploi."
12 octobre 2009
Banana Republic
Sources :
Main Basse sur la ville (Le mani sulla città)
Francesco Rosi 1963
« Le nepotisme de Rome, ou, Relation des raisons qui portent les papes à aggrandir leurs neveus du bien & du mal qu'ils ont causé à l'Eglise depuis Sixte IV. iusqu'à maintenant : des difficultés que les ministres des princes trouvent à traitter avec eus, & en méme temps des veritables moyens de s'en tirer : et d'où vient que les familles de papes n'ont pas pu subsister long temps avec éclat : traduction de l'Italien. »
Gregorio Leti
Publié : 1669, [s.n.] ([S.l.])
« La monarchia universale del re Luigi XIV »
Gregorio Leti Publié : 1689, Guglielmo de Jonge (Amsterdamo)
Nicolas Sarkozy (2007)
« L’honnêteté et l’impartialité de l’Etat sont à mes yeux des
valeurs absolues. Je veux que vous ayez totalement confiance dans vos élus,
dans votre démocratie, car c’est la force des grandes nations. »
Je limiterai à deux
le nombre de mandats du président de la République. Je
La maîtrise de nos
finances publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter
que les générations actuelles vivent à leur crédit. Mais je veux aussi vous
dire que la dette est la conséquence de l’échec de nos politiques antérieures.
C’est pourquoi mon projet concilie trois objectifs : engager les réformes dont notre pays a besoin, baisser les
impôts, réduire la dette et le déficit. Il est intégralement financé par des
économies sur les dépenses existantes.
Je ferai en sorte qu’à
l’avenir, il soit interdit de financer les dépenses de tous les jours par de la
dette.
Je veux que les nominations aux fonctions les plus importantes de l’Etat se fassent sur des critères de compétences et de hauteur de vue, pas sur des critères de proximité avec le pouvoir politique en place.
Les candidats à ces nominations seront auditionnés
publiquement par le Parlement et celui-ci pourra mettre son veto à leur
nomination.
Je veillerai
rigoureusement à l’indépendance de la justice, notamment en lui donnant les moyens
nécessaires à sa mission. Mais la justice ne peut pas être un pouvoir à côté
des autres, sans aucun contrôle, ni contrepouvoir. Rendue en votre nom, elle doit
vous rendre des comptes. C’est pourquoi je veux que le Conseil supérieur de la
magistrature soit composé majoritairement de non magistrats, que vous puissiez
le saisir si vous vous estimez victime de la négligence ou de la faute d’un
magistrat et que vous participiez aux jugements des affaires délictuelles les
plus graves.
Enfin, je souhaite que notre pays progresse sur la voie des libertés. Plus aucun citoyen ne devra craindre d’être placé sans défense en prison comme cela s’est passé dans la terrible affaire d’Outreau. Je créerai une procédure d’habeas corpus, qui garantira que personne n’est envoyé, ni maintenu en prison sans qu’une juridiction collégiale statuant en audience publique ne se soit prononcée. Je veux également réformer en profondeur nos prisons pour qu’elles soient un lieu de préparation de la réinsertion, pas un lieu d’aggravation de la relégation etc…etc… »
31 août 2009
Géopolitique
Quelques excellentes analyses géopolitiques sous la plume de M. Franck Debié, directeur du Centre de GéoStratégie de l'Ens.
- Faut-il se contenter de rêver du Bosphore ?
- Risque de talibanisation
- Gaza : une crise du prêt à penser stratégique ?
- 2008 : année géostratégique
- Quand Israël revoit ses alliances
- L’Union perdue dans le Caucase
- Ignorance réciproque
30 août 2009
Political Selection and Persistence of Bad Governments
Extrait du compendium d'articles publiés par le NBER (national Bureau of Economic Research)
Titre de l'article :
Political Selection and Persistence of Bad Governments
|
Daron Acemoglu, Georgy Egorov, Konstantin Sonin
NBER Working Paper No. 15230
---- Abstract -----
We study dynamic selection of governments under different political institutions, with a special focus on institutional “flexibility”. A government consists of a subset of the individuals in the society. The competence level of the government in office determines collective utilities (e.g., by determining the amount and quality of public goods), and each individual derives additional utility from being part of the government (e.g., corruption or rents from holding office). We characterize dynamic evolution of governments and determine the structure of stable governments, which arise and persist in equilibrium. Perfect democracy, where current members of the government do not have an incumbency advantage or special powers, always leads to the emergence of the most competent government. However, any deviation from perfect democracy destroys this result. There is always at least one other, less competent government that is also stable and can persist forever, and even the least competent government can persist forever in office. Moreover, a greater degree of democracy may lead to worse governments. In contrast, in the presence of stochastic shocks or changes in the environment, greater democracy corresponds to greater flexibility and increases the probability that high competence governments will come to power. This result suggests that a particular advantage of democratic regimes may be their greater adaptability to changes rather than their performance under given conditions. Finally, we show that, in the presence of stochastic shocks, “royalty-like” dictatorships may be more successful than “junta-like” dictatorships, because they might also be more adaptable to change. |
23 juillet 2009
Intéressant, passionnant, excellent…Jibrile
Cet été, lisez Jibrile http://www.revuejibrile.com/JIBRILE/PAGES/INDEX.htm
Cet été, découvrez, lisez, relisez :
François Partant Christopher Lasch Martin Heidegger Ivan Illich Jacques
Ellul Lewis Mumford Louis Dumont Mircea Eliade Marcel Mauss Charles Péguy
Georges Bernanos Paul Lafargue Michel Foucault Henri Bergson Thomas More
Tommaso Campanella Gunther Anders Pierre Bourdieu Thomas Müntzer Siegfried
Giedion Max Weber Gottfried Benn Marcel Jouhandeau Alain Caillé S. I.
Witkiewicz Georges-Hubert de Radkowski Gustave Flaubert Norman Finkelstein
Jules Marchal Jean-Louis Loubet del Bayle Alfred Döblin Pierre Clastres Karl
Marx Albert Hirschman Rosa Luxembourg Jean Delumeau Paul Feyerabend James
Lovelock Frans de Waal Karl von Fisch Georges Sorel Bernard Charbonneau Jeff
Geeraerts Michael Denton Raymond de Lulle Bonaventure François d’Assise Maître
Eckhart Hans Jonas Fernand Braudel Paul Aries Stein Rokkan Gilles Châtelet Karl
Polanyi René Girard Michel Henry Edward Hall Irving Goffman Herbert Marcuse Les
Frères Goncourt saint Luc Francis Jammes Armand Mattelart Pierre Kropotkine
saint Augustin Pierre Drieu la Rochelle AntoineBlondin Conrad Detrez Jean
Tousseul Marcel Thiry Louis Aragon Platon Georges Eckhoud Ernst Jünger Pol
Vandromme Marshall Sahlins Charles Fourier Étienne Cabet Alexandre Koyré
Louis-Ferdinand Céline Michel de Certeau Jean Lorrain Luc Boltanski Pierre Abélard
Anatole France François Mauriac Louis Mc Neice Jack Vance Philippe Muray Oswald
Spengler Thomas Kuhn Gilbert Rist Saint-John Perse George Bernard Shaw Franz
Hellens Charles de Coster Ernest Nolte Italo Calvino Francis Dannemark Miguel
Angel Asturias Edward Said Yves Pagès William Butler Yeats Algernon Swinburne
William Blake Friedrich Nietzsche Thackeray Dylan Thomas Roger Nimier Gabriel
Garcià Marquez Marcel Aymé Louis Guilloux Raymond Carver Emmanuel Carrère
Antonio Tabucchi Vladimir Maiakovski Pierre Joseph Proudhon Mario Vargas Llosa
Ernst von Salomon Marc Aurèle Félix Fénéon
Étienne de La Boétie Francis Scott Fitzgerald William Faulkner Paul Éluard Emile Verhaeren Virginia Woolf Cyrano de Bergerac Serge Latouche Edgar Allan Poe Serge Halimi René Guénon Philip K. Dick Stanislas Lem Claude Levi-Strauss José André Lacour Lucien Febvre Pierre Chaunu Toni Negri Edward Bellamy Carl Schmitt Jacques Testart Jacques Le Goff François Mauriac Dino Buzzati Jean Piaget Georges Balandier Philippe Ariès Philippe le Goff Truman Capote Stefan Zweig Thomas Mann saint Thomas d’Aquin Paul Bairoch Samir Amin Immanuel Wallerstein Susan Strange André Kaspi Charles Maurras Guillaume Apollinaire Henry Corbin André Pichot Windham Lexis Leopoldo Marechal Konrad Lorenz Marcel Granet Renzo de Felice Julien Gracq Jürgen Habermas Etienne Gilson Constant Malva Yves Lacoste Thierry Maulnier Alain de Libera Henri-Irénée Marrou Georges Corm Origène Marcion André Gorz Jean-Pierre Dupuy George Duby Jean-Pierre Vernant Bronislav Geremek Etiemble André Leroi-Gourhan Adam Hochschild Jacques Berque Albert Caraco Jean Maitron Uli Windisch Henri Michaux Friedrich A. Hayek William L. Shirer Zeev Sternhell Pierre Manent Albert Camus Alexis de Tocqueville Luigi Pirandello Léon Bloy Louis-Paul Boon Fernando Pessoa Carlo Collodi Georges Linze Curzio Malaparte Henri-Frédéric Amiel Georges Simenon Noam Chomski Emmanuel Mounier Tom Wolfe Claude Tillier Anthony Burgess Aristote Maurice Maeterlinck Joseph Conrad Jean-Joseph Goux Alexandre Vialatte Aimé Césaire E M Cioran Pier Paolo Pasolini Hermann Melville Jean Paulhan Henri Barbusse Michel Leiris Brett Easton Ellis Grant Mc Craken Knut Hamsun Arthur Schopenhauer Antonin Artaud Pierre-André Taguieff Honoré de Balzac Jacques Chardonne René Guénon Vladimir Nabokov L’Ecclésiaste Leon-Paul Fargue Simone Weil Antonio Gramsci Gunther Grass Jean Genet Georges Bataille Rûmî Octave Mirbeau Max Stirner Jean Baudrillard Charles de Coster...
08 juillet 2009
Encyclique " Caritas in Veritate": une quatrième leçon sur la société post-industrielle
"De quoi l'Eglise vient-elle encore se mêler?" dira-t-on. Hé bien, précisément de ce qui la concerne intrinsèquement au plus haut point: de nous. l'Humanité.
Il suffit, à défaut de les lire - quoique leur enseignement soit passionnant-, de se reporter à ces "lettres circulaires", ces encycliques et constitutions pastorales que l'Eglise adresse au monde entier et dont les titres sont explicites: Sollicitudo Rei Socialis, Populorum Progressio , Pacem in Terris, Veritatis Splendor, Laborem Exercens, Dominum et Vivificantem, Redemptor Hominis, Evangelium Vitae, Dignitas personae. Qu'importe la chronologie, la matière est riche et s'inscrit dans les temps présents.
En publiant le 7 juillet 2009 sa quatrième Encyclique intitulée "Caritas in Veritate", "l'Amour dans la Vérité," le Pape Benoît XVI vient d'offrir au monde entier une très profitable solution à la débâcle économique dont aucun G7-G8 ou G20 n'arriveront à se dépêtrer.
Pareille impossibilité tient simplement au fait que face à une course effrénée à la cupidité, aucune des solutions ou analyses qui sortiront de ces conférences n'est à même de prendre en compte et de véritablement vouloir mettre réellement en pratique la seule option qui s'impose désormais, savoir cette nouvelle synthèse humaniste qu'évoque le Saint Père, seule capable de remédier à la complexité et à la gravité de la situation dont la planète prend enfin conscience pour le moment.
En déclarant que « l'activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande», en estimant avec raison que le monde n'a effectivement pas le choix, en rappelant que « la crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner des nouvelles règles (…) et qu'elle devient ainsi une occasion de discernement (qui) met en capacité d'élaborer de nouveaux projets», la lettre du Pape, véritable piqûre de rappel, constitue beaucoup plus qu'une une véritable monition.
« Effets délétères sur l'économie réelle d'une activité financière mal utilisée et, qui plus est, spéculative.»
« Prodiges de la finance» qui ne soutiennent qu'«une croissance artificielle liée à une consommation excessive.» «Marché qui n'arrive pas à produire la cohésion sociale.» Constat que « Séparer l'agir économique, à qui il reviendrait seulement de produire
de la richesse, de l'agir politique, à qui il reviendrait de rechercher
la justice au moyen de la redistribution, est une cause de graves
déséquilibres». Mise en exergue du rôle du «gratuit» et du don de soi, vecteurs de la prospérité.
Rappel que «L'économie mondialisée semble privilégier la logique de l'échange
contractuel, mais (qu') elle montre qu'elle a besoin de la logique politique
et de la logique du don sans contrepartie.» Rappel que «pour fonctionner
correctement, l'économie a besoin de l'éthique» et que, par exemple, «les
pauvres ne sont pas à considérer comme un fardeau mais au contraire
comme une ressource, même du point de vue économique». Encouragement des «microprojets» ou entreprises à visées sociales. Rejet de la «classe cosmopolite
de managers» animée par «le profit à court terme» qui ne démontre aucun
attachement aux entreprises et aux hommes.
Ne serait-ce que par curiosité, ouverture d'esprit, culture, enrichissement personnel, ouverture à l'autre, à ce qui est différent, peut-être inconnu, voire gênant, à ce qui dérange, à ce qui oblige à changer de prisme, d'habitudes, de confort intellectuel, il faut lire cette Encyclique en détail. Il faut surtout se garder de céder à la tentation de s'enfuir en courant et de changer de programme dès lors que l'Eglise, la Chrétienté et son chef, le Pape, s'expriment sur des faits de civilisation qui engagent l'humanité toute entière.
Peu importe en effet que l'on soit croyant ou pas, fidèle à telle ou telle religion, école de pensée, animiste, adorateur du Veau d'Or, zélateur de Mammon (dieu exigeant, comme chacun sait...), puisqu'il se trouve que dans une vision ecclésiale (relative à l'Eglise en tant que communauté de fidèles), ou catholique (καθολικός / katholikós), au sens d'universel, un Magistère s'exprime et donne matière à réflexion à qui veut bien écouter.
De la première approche de la doctrine sociale de l'Eglise avec Rerum Novarum (15 mai 1891), en passant par Centesimus Annus, Populorum Progressio, Fides et Ratio, autant de titres (et les titres des encycliques sont réellement étonnants) qui viennent opportunément rappeler, et qui pourrait dire le contraire? que :
"Sans vérité, sans confiance et sans
amour du vrai, il n’y a pas de conscience ni de responsabilité sociale, et
l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui
ont pour effets d’entrainer la désagrégation de la société, et cela d’autant
plus dans une société en voie de mondialisation et dans les moments difficiles
comme ceux que nous connaissons actuellement."
"Objets de l’amour de Dieu, les
hommes sont constitués sujets de la charité, appelés à devenir eux-mêmes les
instruments de la grâce, pour répandre la charité de Dieu et pour tisser des
liens de charité.
La doctrine sociale de l’Église répond à cette dynamique de charité reçue et
donnée.
Elle est « caritas in veritate in re sociali »: annonce de la vérité de l’amour du Christ dans la société. Cette doctrine est un service de la charité, mais dans la vérité. La vérité préserve et exprime la force de libération de la charité dans les événements toujours nouveaux de l’histoire. Elle est, en même temps, une vérité de la foi et de la raison, dans la distinction comme dans la synergie de ces deux modes de connaissance. Le développement, le bien-être social, ainsi qu’une solution adaptée aux graves problèmes socio-économiques qui affligent l’humanité, ont besoin de cette vérité. Plus encore, il est nécessaire que cette vérité soit aimée et qu’il lui soit rendu témoignage. Sans vérité, sans confiance et sans amour du vrai, il n’y a pas de conscience ni de responsabilité sociale, et l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour effets d’entrainer la désagrégation de la société, et cela d’autant plus dans une société en voie de mondialisation et dans les moments difficiles comme ceux que nous connaissons actuellement.
« Caritas in veritate » est un principe sur lequel se fonde la doctrine sociale de l’Église, un principe qui prend une forme opératoire par des critères d’orientation de l’action morale. Je désire, dit encore le Saint Père,en rappeler deux de manière particulière; ils sont dictés principalement par l’engagement en faveur du développement dans une société en voie de mondialisation: la justice et le bien commun.
La justice tout d’abord. Ubi societas, ibi ius : toute société élabore un système propre de justice. La charité dépasse la justice, parce qu’aimer c’est donner, offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas « donner » à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice
Il faut ensuite prendre en grande considération le bien commun.
Aimer quelqu’un, c’est vouloir son bien et mettre tout en œuvre pour cela. À
côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société: le bien commun.
C’est le bien du ‘nous-tous’, constitué d’individus, de familles et de groupes
intermédiaires qui forment une communauté sociale.
L’amour dans la vérité – caritas in veritate – est un grand défi pour l’Église dans un monde sur la voie d’une mondialisation progressive et généralisée. Le risque de notre époque réside dans le fait qu’à l’interdépendance déjà réelle entre les hommes et les peuples, ne corresponde pas l’interaction éthique des consciences et des intelligences dont le fruit devrait être l’émergence d’un développement vraiment humain. Seule la charité, éclairée par la lumière de la raison et de la foi, permettra d’atteindre des objectifs de développement porteurs d’une valeur plus humaine et plus humanisante. Le partage des biens et des ressources, d’où provient le vrai développement, n’est pas assuré par le seul progrès technique et par de simples relations de convenance, mais par la puissance de l’amour qui vainc le mal par le bien (cf. Rm 12, 21) et qui ouvre à la réciprocité des consciences et des libertés.
L’Église n’a pas de solutions techniques à offrir et ne prétend « aucunement s’immiscer dans la politique des États » . Elle a toutefois une mission de vérité à remplir, en tout temps et en toutes circonstances, en faveur d’une société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. Sans vérité, on aboutit à une vision empirique et sceptique de la vie, incapable de s’élever au-dessus de l’agir, car inattentive à saisir les valeurs – et parfois pas même le sens des choses – qui permettraient de la juger et de l’orienter. La fidélité à l’homme exige la fidélité à la vérité qui, seule, est la garantie de la liberté (cf. Jn 8, 32) et de la possibilité d’un développement humain intégral. C’est pour cela que l’Église la recherche, qu’elle l’annonce sans relâche et qu’elle la reconnaît partout où elle se manifeste. Cette mission de vérité est pour l’Église une mission impérative. Sa doctrine sociale est un aspect particulier de cette annonce: c’est un service rendu à la vérité qui libère. Ouverte à la vérité, quel que soit le savoir d’où elle provient, la doctrine sociale de l’Église est prête à l’accueillir. Elle rassemble dans l’unité les fragments où elle se trouve souvent disséminée et elle l’introduit dans le vécu toujours nouveau de la société des hommes et des peuples.
Entre le "N'ayez pas peur" de Jean-Paul II et le "Caritas in Veritate" de Benoît XVI , il y a effectivement une place pour cette nouvelle version du "Yes We can!" de qui-vous-savez que constitue le "Ubi Societas, Ibi Jus" de cette dernière encyclique. Belle feuille de route pour un XXIè siècle qui commence, n'est-ce pas?
Quelques références et sources:
Daniel Cohen, Trois leçons sur la société post-industrielle, La République des idées / Seuil, 2006, ISBN 2.02.085170.9, 10,50 €
Trois leçons sur la société post-industrielle : Au fil des pages ...
Trois leçons sur la société post-industrielle - AgoraVox le média ...
Libreria Editrice Vaticana:
Paul
VI, Lett. enc.
Populorum progressio (26 mars 1967)
Jean XXIII, Lett. enc.
Pacem in terris (11 avril 1963)
Conc. œcum. Vat. II, Const. past. sur l’Église dans
le monde de ce temps
Gaudium et Spes
Jean-Paul II, Lett. enc.
Centesimus annus (1er
mai 1991)
Jean-Paul II, Lett. enc.
Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987)
Cf.
Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction
Dignitas personae
sur quelques questions de bioéthique (8 septembre 2008)
Benoît
XVI, Lett. enc.
Deus caritas est (25 décembre 2005)
Jean-Paul
II, Lett. enc.
Laborem exercens (14 septembre 1981)
Léon XIII, Lett. enc.
Rerum novarum (15 mai 1891)
Jean-Paul II, Lett. enc.
Veritatis splendor (6 août 1993)
Jean-Paul II, Lett. enc.
Evangelium vitæ
(25 mars 1995)
Jean-Paul II, Lett. enc.
Fides et ratio (14 septembre 1998)
Cf.
Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix,
Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église
Cf.
Benoît XVI,
Discours aux membres de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, New York, 18 avril 2008
25 juin 2009
Rififi à Karachi. FrancistanGate, immersion périscopique ou business as usual ?
"Chacun est tenu d’apporter son concours à la justice en vue de la manifestation de la vérité." (Code civ.,art.10,al.1).
Où l’on voit que la liberté de la Presse et la démocratie numérique peuvent et doivent déborder les frontières. Où l’on voit encore que l’intégrité et le courage des juges d’instruction peuvent donner corps à cette belle citation de Claudel : " Le jour entier ne fut pas de trop pour débrouiller l’itinéraire de la vérité."
Au moment où l’on vient d’assister à un Discours du Trône proprement
surprenant, à quand une véritable enquête parlementaire avec questions
précises invitant le Chef de l’Etat à éclairer la Nation afin de lever toutes incertitudes sur des évènements qui ont eu pour résultat de précipiter des familles dans le deuil ?
Puisque chacun sait que "le secret d’Etat n’existe plus", à quand un entretien télévisé à l’occasion duquel des questions précises seraient posées, des réponses précises apportées, des conclusions tirées ?
Une vidéo très intéressante :
http://www.dailymotion.com/mychannel/jackyshow38/video/x9ofjk_karachi-millon-et-retrocommissions_news
Ne pourrait-on pas, par exemple, nourrir en France le débat avec
d’autres interrogations comme celles-ci, publiées le 26 avril 2006 dans
le Daily Times, quotidien pakistanais qui n’a pas hésité
à illustrer dans l’article qui suit la devise dont il se réclame :
"Your right to know. A new voice for a new Pakistan ?"
" Indian court demands answers on submarine kickback charge."
NEW DELHI : An Indian court on Friday demanded answers from the
government over allegations that a French defence firm paid bribes to
secure a deal to sell six Scorpion submarines to the Indian Navy.
Delhi High Court chief judge Vijender Jain gave the Central Bureau of
Investigations (CBI) three weeks to answer the charges levelled by a
private anti-corruption watchdog.
India and France signed the deal for the purchase of the submarines in October.
The watchdog, the Centre for Public Interest Litigation (CPIL), said
middlemen were involved in clinching the 2.4 billion-euro deal despite
a ban on military brokers in India.
“Although the government had prior information about the shady deal and
involvement of middlemen as pointed out by the Central Vigilance
Commission and the defence ministry, the contract was finalised for
obvious reasons,” CPIL said. The watchdog also claimed that the
government ordered CBI federal investigators to probe reports of theft
by defence personnel of classified military documents, in order to
divert attention from the submarine deal.
“The government, instead of acting against middlemen, chose to initiate
a CBI inquiry against certain defence personnel on the pretext of
leaking war room secrets,” the Centre claimed in its petition to the
court.
India’s defence minister last month denied bribery allegations after
the right-wing opposition charged that 100 million dollars was paid to
Indian intermediaries.
Indian government officials signed the Scorpion contract and officials
from Aramis, which is 50 percent, owned by French state shipbuilder
Direction des Constructions Navales (DCN), and defence and engineering
giant Thales. A former Thales executive had accused the firm of
organising a centralised slush fund to bribe and corrupt officials to
win contracts, in an interview with the French daily Le Monde in
September last year.
The company issued a denial of the story stressing the executive had been sacked for his involvement in “irregularities”.
The Scorpion allegations surfaced a few months after New Delhi threw
out a multi-million-dollar artillery deal with South Africa’s Denel
over charges the armament firm used brokers to bribe Indians to secure
the contract. AFP
Saturday, April 29, 2006
Note : Il semblerait que le ou les auteurs de l'article aient confondu le nom Scorpion avec celui de Scorpène.
Ceci n'enlève toutefois rien au corps de l'article.
Sources :
http://www.dailytimes.com.pk/default.asp?page=2006%5C04%5C29%5Cstory_29-4-2006_pg4_15
04 mai 2009
Les nerfs solides. Paroles à vif de la France moyenne qui refuse la banalisation et l'effondrement.
"Deux ans après l'élection, la gauche à la traîne. Comment le battre? Seule une opposition unie et élargie pourra contrecarrer les ambitions de Nicolas Sarkozy qui prépare déjà activement la présidentielle de 2012" titre le quotidien Libération dans sa livraison du Lundi 4 mai 2009 , première édition N° 8705.
"Que peuvent faire les gouvernements contre le chômage? Dans l'urgence les Etats renforcent les dispositifs existants. Les politiques de l'emploi traditionnelles ne sont pas aptes à affronter une crise longue" titre là son tour le quotidien Le Monde dans son supplément économique en date du Mardi 5 mai 2009.
"Affaire de style", comme l'écrit avec justesse Eric Fottorino dans son Editorial de ce même "Monde", pour répondre à la question de savoir " d'où vient alors qu'après deux ans de mandat , celui dont le slogan aurait pu être "Yes, I can", voie se lézarder la confiance qu'une majorité de Français avait placée en lui?" Se demandant si "ce volontarisme qui fit sa force du début n'est-il pas devenu sa faiblesse du moment?"
Faiblesse intrinsèque, serait-on plutôt tenté de dire; mais surtout faiblesse congénitale, erreur de casting et de méthode qui seront la cause de l'échec inéluctable et déjà patent du sarkozysme, non pas tant à cause de la politique de réformes en tant que telle mais à cause du personnage lui-même.
La réponse est en effet très simple, qui tient au fait que "moins que l'inspiration réformatrice, c'est (effectivement) l'exécution qui pêche chez Nicolas Sarkozy. Une affaire de style, poursuit Fottorino, qui finit par irriter après avoir soulevé curiosité et espoir", puisqu'il ne "suffisait pas de vouloir s'affranchir des codes en usage dans la République, de jeter aux orties l'héritage de ses prédécesseurs, à commencer par celui de Jacques Chirac, ou encore d'ouvrir avec frénésie mille chantiers, au risque de n'en achever correctement aucun."
"Encore fallait-il créer, ajoute Fottorino, une pratique nouvelle en phase avec notre société, faite d'un dosage subtil d'individualisme et d'élan commun, de "moi d'abord" et de "tous ensemble".
Cela, le chef de l'Etat ne l'a pas compris.
Le constat est sans appel, comme le montre Marcel Gauchet, directeur de recherches à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS),dans son entretien donné au quotidien Libération le 28 avril 2009 à propos du bilan politique qu'il dresse des deux premières années de Nicolas Sarkozy.
"Le sarkozysme, explique Marcel Gauchet, est difficile à analyser, car il est caméléonesque. Il
manie la contradiction sans complexe. En jouant sur tous les tableaux,
il se rend insaisissable, ce qui explique que les protestations de la
gauche le laissent indemne. Néanmoins, si on doit faire un bilan, on
peut dire que le sarkozysme a probablement épuisé son capital initial
et que s’il continue de faire illusion, c’est paradoxalement grâce à la
crise, qui le prend à contre-pied, mais justifie, pour quelque temps
encore, son activisme. L’essence du sarkozysme, c’est, sous le titre de
la «réforme», l’idée que le moment est venu de banaliser la France, en
économie, en diplomatie, dans l’éducation…"
Banaliser la France? L'erreur du chef de l'Etat aura été de le faire, "d'user d'une démocratie du privé qui aura perturbé le collectif", comme l'écrit Marcel Gauchet, de ne pas tenir compte de la réalité d'une nation prête à beaucoup de choses, certes, capable de céder aux sirènes du moment, mais certainement pas jusqu'au point d'accepter de disparaître en passant par pertes et profit dans la banalisation générale du pays, au laminoir d'une crise économique qui remet en cause des paradigmes obsolètes.
Cette France, c'est celle des classes moyennes qui la composent.
Tous ces gens qui "forment le coeur de la société française, ceux sans qui rien
n’est possible, ceux sur qui la nation compte pour produire et
consommer, ceux dont le vote fait la différence. Ceux aussi qui
supportent, dans tous les sens du terme, notre modèle social.
"Ce sont les classes moyennes.
"Ces Français qui sont scrutés à longueur de sondages parce que leurs avis sont déterminants dans la formation de l’opinion mais que finalement on connaît peu. Que ressentent-ils vraiment ? Comment vivent-ils avec un pouvoir d’achat en berne ? Se sentent-ils dans une société bloquée ou craignent-ils les réformes que l’on nous annonce ? Est-ce qu’ils paniquent devant la crise qui arrive ou gardent-ils pour l’instant la tête froide ?"
Dans Les nerfs solides - Paroles à vif de la France moyenne, qu'ils viennent de publier aux Nouveaux débats publics, Xavier Charpentier et Véronique Langlois disent ce qu'est la réalité de la crise au quotidien pour le coeur de la société française, ceux sans qui rien n'est possible, sur qui la nation compte effectivement pour produire et consommer, ceux qui supportent (dans tous les sens du terme ) notre modèle politique, économique et social, ceux dont le vote fait - ou devrait -faire la différence ...Tous ceux qui finiront par sortir des options et choix politiques dans lesquels ils se sont fourvoyés par crédulité ou habitude, victimes d'avoir cru pour beaucoup à l'efficacité d'un illusionniste, thuriféraire et bientôt fantôme d'un passé révolu.
Tous ceux qui sont en train de comprendre qu'il peut y avoir émergence d'une figure politique nouvelle, autre que la galerie des portraits qui nourrissent l'actualité et s'évertuent en prétentions diverses à occuper le terrain jusqu'à l'échéance de 2012.
Ouvrage particulièrement intéressant qui montre la justesse et la finesse de la perception des Français qui composent les classes dites moyennes.
L'étude remarquable de nos concitoyens par le biais de leurs analyses et perceptions d'une réalité qui est celle de la société française actuelle montre que si les classes moyennes ont effectivement "les nerfs" face aux difficultés qu'elles s'efforcent de surmonter, elles ont aussi les nerfs solides et demeurent une extraordinaire chance pour la France et tous ceux qui, comme moi, veulent la mener dans des eaux libres.
Cette France, cette "France d'en-bas", ce sont les quelques 20 millions de Français - soit un bon tiers de la population totale - qu'évoque avec pertinence Louis Chauvel dans son ouvrage intitulé Les Classes moyennes à la dérive (Seuil, 2006).
Cette France, c'est en réalité celle des oeuvres vives d'une nation prête à tout, mais certainement pas à continuer à laisser le navire aux mains d'un commandement composé d'acteurs inaudibles dont l'unique objectif est le dur désir de durer politiquement en menant à son terme un quinquennat dont tout montre qu'il est déjà terminé.
Bibliographie:
Les nerfs solides
Langlois Véronique Charpentier Xavier
Éditeur Nouveaux débats publics
ISBN 2953328513
EAN 9782953328516
Dewey 302.2
Date de parution 10 février 2009
Nombre de pages 176
Les classes moyennes à la dérive
Louis Chauvel
Paris, Seuil, octobre 2006, 108 p.
Pour une analyse plus précise de la notion de classes moyennes, on consultera avec intérêt les notes de Julien Winock à propos de l'ouvrage de Louis Chauvel dans Julien Winock http://www.strategie.gouv.fr/revue/article.php3?id_article=249
23 avril 2009
Crise financière : prémonition ou déjà vu ?
Charles-Alexandre de Calonne (1734-1802)
« L’argent manquait, parce qu’il ne circulait
pas : il a fallu en répandre pour l’attirer, en faire venir du dehors
pour faire sortir celui que la crainte tenait caché au dedans, se
donner l’extérieur de l’abondance pour ne pas laisser apercevoir
l’étendue des besoins. L’essentiel était alors de ramener la confiance
égarée. »
"Calonne
disparut de la scène politique, et vécut à
Londres tranquille et principalement occupé des beaux-arts, qu’il avait
toujours cultivés avec goût. Il quitta l’Angleterre au mois de
septembre 1802, et vint à Paris, où il mourut le 29 octobre suivant.
Telle fut la carrière brillante et désastreuse d’un ministre plus
imprudent que mal intentionné, qui donna le premier mouvement à la
révolution de son pays.
Il excita une tempête qu’il ne fut pas en
son pouvoir de calmer.
Il composa son assemblée de notables d’éléments
discordants qu’il ne sut contenir.
Il possédait à un très haut degré les qualités d’un grand administrateur : il avait une
connaissance exacte de tous les détails ; il saisissait l’ensemble avec
une précision admirable ; il se montra même capable de concevoir un
plan vaste ; mais si la sagesse qui mûrit les pensées, si la
prévoyance qui devine les obstacles, si l’esprit d’ordre et de suite
qui prépare le succès de l’exécution sont les parties
constitutives d’un homme d’État, Calonne ne saurait prétendre à ce
titre.
Il n’avait pas étudié les hommes ; il compta trop légèrement sur des promesses et sur des protections inconstantes, et la vanité l’aveugla sur le bord du précipice. Il mit d’ailleurs trop peu de dignité dans sa conduite personnelle et de sévérité dans ses mœurs. La vie trop dissipée d’un homme en place semble autoriser des soupçons d’improbité ; ils s’attachent surtout au ministre dépositaire des deniers publics."
Sources:
Citation tirée de Charles-Alexandre de Calonne, in Françoise Bayard, Joël Félix, Philippe Hamon, Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances, Paris, Imprimerie nationale, 2000 ISBN 2-11-0900091-1
Extrait tiré de Biographie Universelle Ancienne et Moderne Tome VI - Michaud, Paris, 1842