23 décembre 2011
Turquie : cet autre passé qui ne passe pas.
Turquie : cet autre passé qui ne passe pas.
« L’Histoire n’est que ce que le présent veut bien retenir du passé »
En adoptant ce jeudi 22 décembre 2011 un texte d’initiative parlementaire, mis à l’ordre du jour de l’Assemblée par le gouvernement et visant à réprimer la contestation de tout génocide dont celui perpétré contre les Arméniens par l’Empire ottoman en 1915, l’Assemblée nationale s’est risquée à jouer avec un détonateur dont elle ne connaît pas le mode d’emploi, déclenchant un évènement géopolitique majeur.
Les réactions du gouvernement Erdogan accusant la France de génocide en Algérie lors de la guerre d’indépendance de ce pays traduisent un réel malaise de la part de la Turquie qui a décidément du mal à voir la réalité des évènements qui constituent son histoire contemporaine. Parmi les nombreuses questions que suscite cette actualité, il en est une que nous souhaitons poser ici, à défaut d’y apporter une réponse.
Voici cette question:
Peut-on, faut-il, doit-on sanctionner la non-réminiscence – volontaire ou non – d’un fait historique dont on évoque ou impose le souvenir par l’autorité ou la norme d’une loi ? Grave question à la quelle nous invitons le lecteur à réfléchir ici en lui posant comme règle du jeu la lecture préalable d’un article scientifique et comme règle morale l’interdiction absolue de tous propos désobligeants, excessifs ou insultants qui d’évidence nuiraient à la réflexion.
I- Qu’en est-il de la passe d’armes diplomatique qui agite les relations franco-turques sur fond de question arménienne ?
« Un passé qui ne passe pas » est une expression pour le moins extraordinaire que l’on doit à l’historien Henry Rousso (in « Le syndrome de Vichy », Seuil, 1990)[1], et qui pourrait bien servir de fil rouge à cette controverse malsaine qui pollue les relations de régimes politiques que hantent les spectres de leur histoire.
Comme l’explique très justement Ariana Macaya, Doctorante à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne, dans un article particulièrement intéressant [2]à la lecture duquel nous renvoyons le lecteur avant de continuer plus avant , « le débat sur la gestion du passé a trouvé en France une traduction juridique » avec les « lois mémorielles », l’idée étant que « par-dessus les discours et les politiques publiques, c’est la voie juridique, et plus précisément la voie législative qui a été choisie… pour faire face aux questions mémorielles. »
Mais comment le passé peut-il faire l’objet d’une loi ? Comment la mémoire historique peut-elle être un objet juridique ? S’agit-il d’un droit, d’un devoir ? Peut-on obliger, décliner au mode impératif, le souvenir d’un fait historique ? s’interroge encore l’auteur précité.
Partant de l’abandon d’une position hégélienne d’une histoire universelle pour étudier ce qui devrait être la mise en place d’une dynamique solidaire pour surmonter l’opposition entre histoire et mémoire, Ariana Macaya nous offre une matrice, un outil remarquable pour, une fois surmontées les deux oppositions précitées, « reprendre la définition proposée par Maurice Halbwachs de la mémoire historique » comme « suite des événements dont l’histoire nationale conserve le souvenir », définition qui a effectivement le mérite de la simplicité et qui peut servir de point de départ pour la réflexion sur les enjeux juridiques du débat autour des questions mémorielles.[3]
Quelle est la place du droit – d’ailleurs a-t-il une place dans cette question ?- dans cette « pathologie de mémoire » qu’évoque Paul Ricœur[4] lorsqu’il étudie le délicat équilibre auquel font face par exemple , des pays commela France,la Turquie, l’Algérie, avec ces situations de « trop plein » de mémoire ou de « pas assez » de mémoire qui remontent à la surface et qui opposent commémorations et multiplication de lois mémorielles à un refoulement-refoulé (la psychanalyse collective rôde en filigrane) de ces événements que l’on ne veut pas voir, dont on ne veut plus parler ou encore dont on nie tout simplement l’existence.
De la mémoire historique saisie par le Droit aux dérives de la « juridicisation » de la mémoire historique, (Ariana Macaya) on voit très clairement que le tandem maléfique de passions (personnelles ou officielles) alliées aux intérêts politiques sur fond de roman national ou d’intérêts catégoriels fait la place belle à l’irruption du législateur pour dire le Droit, certes, mais aussi dire l’Histoire, ouvrant ainsi un champ de bataille irréductible pour certains, mais aussi un univers particulièrement constructif et riche d’interprétations pour d’autres.
II- Deux outils conceptuels que nous tirons d’un article auquel nous nous référons dans les lignes qui suivent pour permettre au lecteur de baliser sa propre réflexion :
- La notion de « devoir de mémoire » , tout d’abord, qui a largement nourri le discours public en France depuis les années 1990.
L’origine de l’expression peut être rattachée à la publication en France de l’ouvrage posthume de Primo Levi, Le devoir de mémoire, qui transcrit un entretien accordée à deux historiens en 1983. Dans un premier temps associé à la mémoire de la Shoah, mais rapidement étendu à d’autres événements traumatiques du passé national, européen et même mondial, le « devoir de mémoire » , et ainsi le débat mémoriel en France, ne se concentre pas sur l’histoire nationale récente, mais se penche aussi sur des événements datant de plus de quatre siècles, (cas de la traite négrière), ou sur des périodes troubles de l’histoire d’autres nations, c’est l’exemple du génocide Arménien qui occupe l’actualité de ce mois de décembre 2011. Le terme est ainsi présenté comme « une émanation proprement nationale de l’État français qui tente, à partir des années 1990, de redéfinir son récit national, au nom des droits de l’Homme, dans une dimension multiculturelle ».[5]
- Les notions de crimes contre l'humanité et de génocide, mots nouveaux pour des crimes sans précédents.
Les crimes de guerre supposent un affrontement entre nations. En revanche, les "crimes contre l'humanité" et de "génocide" peuvent concerner des conflits internes aux Etats.
Crime contre l'humanité. Chargé par les Alliés de juger les plus grands criminels nazis, le tribunal militaire international de Nuremberg en a donné la première définition, en 1945: "Atrocités et délits, y compris mais sans être limités à l'assassinat, à l'extermination, la mise en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne des pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du tribunal".
La Conventiondes Nations unies de 1968 "sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité" y a ajouté "l'éviction par attaque armée ou l'occupation et les actes inhumains découlant de la politique d'apartheid, ainsi que le crime de génocide".
Génocide. Le mot "génocide" a été créé en 1944 par Raphael Lemkin, [6]professeur de droit international à l'université de Yale, "pour définir les pratiques de guerre de l'Allemagne nazie".Il désigne "la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique". Le mot combine le terme grec genos (qui signifie origine ou espèce) et le suffixe latin cide (provenant de caedere, tuer).
Le terme de génocide désigne ainsi tout acte commis dans l'intention de détruire méthodiquement un "groupe national, ethnique, racial ou religieux". L'extermination des Arméniens et des Kurdes par les Ottomans, des Ukrainiens par le pouvoir soviétique, des Juifs par les Nazis, des Cambodgiens par les Khmers Rouges, des Tutsi par les Hutu est un génocide. On emploie aussi actuellement dans certains cas l'expression "épuration ou nettoyage ethniques". Commis en temps de guerre, le génocide est un crime de guerre.
Le terme "génocide" a été utilisé pour la première fois dans un document officiel en 1945, par le Tribunal militaire international, lors de la mise en accusation des criminels de guerre nazis à Nuremberg. Le droit de Nuremberg va préférer retenir une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité.
Mais, le 11 décembre 1946, l'Assemblée générale des Nations unies, qui confirme les principes du droit de Nuremberg, donne une première définition du génocide: "Le génocide est le refus du droit à l'existence de groupes humains entiers de même que l'homicide est le refus du droit à l'existence à un individu: un tel refus bouleverse la conscience humaine, inflige de grandes pertes à l'humanité qui se trouve ainsi privée des apports culturels ou autres de ces groupes, et est contraire à la loi morale ainsi qu'à l'esprit et aux fins des Nations unies La répression du crime de génocide est une affaire d'intérêt international".
Le 9 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations unies approuve à l'unanimité le texte de la "Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide", qui fait entrer le terme "génocide" dans le vocabulaire du droit international. Entrée en vigueur en 1951 et révisée en 1985, la Convention, déclare dans son article premier que "les parties contractantes confirment que le génocide, qu'il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre, est un crime du droit des gens, qu'elles s'engagent à prévenir et à punir".
Trois grandes conditions, définies à l'article 2, sont donc nécessaires à son identification :
1 / les victimes font partie d'un "groupe national, ethnique, racial ou religieux". Sont donc officiellement exclus les groupes politiques, économiques ou culturels - comme les victimes des Khmers rouges au Cambodge, par exemple; position que je ne partage pas pour ma part, au même titre que pour les massacres commis au Darfour (Soudan). (J’ouvre ainsi le débat).
2 / les membres de ce groupe sont tués ou persécutés pour leur appartenance à ce groupe, quels que soient les moyens mis en œuvre pour atteindre ce but;
3 / le génocide est un crime collectif planifié, commis par les détenteurs du pouvoir de l'Etat, en leur nom ou avec leur consentement exprès ou tacite.
L'article 3 définit comme crime aussi bien le génocide proprement dit que l'entente en vue de le commettre, l'incitation directe et publique, la tentative pour le mettre en œuvre ou la complicité dans sa réalisation. L'article 4 stipule que toutes les personnes ayant commis le génocide doivent être punies, quelles que soient leurs qualités.
130 Etats ont, à ce jour ratifié la Convention. Maisle génocide étant un crime d'Etat, sa prévention et sa répression posent un problème d'ingérence qui rend cet aspect dela Convention difficile à appliquer.
III- Et dans les faits ?
La base documentaire sur la réalité constatée à l’époque du génocide arménien est indiscutable, qu’elle émane de diplomates allemands (peu suspects d’inimitié à l’égard de la Turquie) ou encore de diplomates autrichiens, italiens et américains alors en poste en Turquie. [7]
On lira dans la référence qui suit (http://www.slate.fr/story/47823/genocide-armenien-turquie-tabou) une explication de cette crainte/impossibilité pour l’opinion et le pouvoir turc d’appréhender la question du génocide arménien.
La Turquiemoderne, dirigée par des kémalistes, a artificiellement fabriqué l’identité turque par la réduction en servitude et la négation de l’identité des peuples dominés, puis par une prétendue supériorité turque, pensée qui a conduit le pays à des crimes de masse.
Tout au long des 88 ans d’existence dela Républiqueturque, ses dirigeants successifs ont – et il est difficile de dire le contraire - transformé leur pays en un cimetière des civilisations et un enfer pour les peuples qui y vivent :
· Le génocide des Arméniens et des Assyro-Chaldéens (1915-1917) 1,5 million d'Arméniens ont été massacrés par l'armée turque entre 1915 et 1917.
· Le massacre des Kurdes, Alévis et Kizilbachs de Koçkiri (1919-1921).
· L’expulsion brutale de 1.2 million de Grecs (1923-1924) avec les massacres de Smyrne sous l’œil inactif des puissances européennes.
· Le massacre des Kurdes et des Assyriens après la révolte de Sheikh Saïd (1925-1928).
· Les massacres des Kurdes, Alévis et Kizilbachs de Dersim, 40.000 morts et 12.000 personnes déplacées (1935-1938).
· Des massacres, des exécutions sommaires, des pendaisons, des pratiques systématiques de la torture, des conditions de détention inhumaines, des déplacements forcés ... suite aux coups d'Etat militaire de 1970, 1978 et 1980.
· Le massacre de 36 manifestants lors de la célébration du 1er mai 1977.
· Les massacres de 102 personnes en 1978 à Kahramanmaraş et de 7 étudiants le 16 mars 1978 à Beyazıt (İstanbul).
· Le massacre de 50 personnes le 5 juillet 1980 à Çorum.
· Le massacre de 37 intellectuels le 2 juillet 1993 à l'hôtel Madımak à Sivas.
Dans le fond, n’appartiendrait-il pas aux populations et aux Nations de s’enorgueillir de la richesse et de la diversité des hommes et femmes qui les composent, fussent-ils anatoliens ?
N’appartiendrait-il pas non plus aux Etats de se réhabiliter en réhabilitant en premier lieu les victimes de leurs exactions passées, en s’engageant sur la voie d’une reconnaissance politique réciproque, sans haine ni lésine, de ces exactions et crimes passés et en mettant un terme à leur négation ou à leur glorification ?
Ceux qui (je cite) clament « leur conviction que l’incapacité dela Turquieà progresser sur la voie de la démocratie, ainsi que l’état d’arriération économique et sociale de ses provinces orientales sont intimement liés à la guerre menée par cet Etat à l’encontre de ses propres ressortissants » ont-ils tort ?
Ceux qui veulent réaffirmer leur « engagement à continuer le combat politique afin quela Turquiereconnaisse, dénonce et se dissocie de ses crimes passés et présents ; afin de la transformer en un Etat démocratique et respectueux de ses minorités comme de ses forces démocratiques, unies dans la diversité » ont-ils tort ?
Passionnant pays quela Turquie.Puisse-t-elle très rapidement, comme tous ces pays en somme qui, à une époque ou une autre de leur histoire ont fait, vécu , continuent de faire ou vivre des événements qui ne les ont pas laissés indemnes, eux et leurs victimes, reconnaître ce qui s’est produit ou mettre un terme à ce qui se produit encore sur son territoire.
Peut-on, faut-il, doit-on sanctionner la non-réminiscence – volontaire ou non – d’un fait historique dont on évoque ou impose le souvenir par l’autorité ou la norme d’une loi ?
Sources et références indicatives :
On privilégiera cette remarquable et exhaustive base documentaire sur le génocide arménien :
http://www.imprescriptible.fr/citations/diplomates
...que l'on complètera utilement par ceci:
http://www.slate.fr/story/47823/genocide-armenien-turquie-tabou
http://www.aidh.org/Racisme/G_1.htm
http://kurde-moyen-orient.20minutes-blogs.fr/genocides-et-massacres/
http://french.irib.ir/analyses/articles/item/159888-la-turquie-coupable-la-france-non-coupable
http://www.jurisdoctoria.net/pdf/numero3/aut3_MACAYA.pdf
Le 9 décembre 1948, une "Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide".
Le traité, entré en vigueur le 12 janvier 1951, affirme, à l'article 1, "que le génocide, qu'il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre, est un crime du droit des gens"; à l'article 2, que "le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe; b) atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe; e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe".
[1]Rousseau, H. et Conan, E., Vichy, un passé qui ne passe pas, Fayard, coll. « Pour une histoire du XXè siècle », Paris, 1994 (ISBN 2-213-59237)
[2] Macaya, Ariana, Un passé qui ne passe pas : les enjeux juridiques de la “ mémoire historique ”, Jurisdoctoria n° 3, 2009 http://www.jurisdoctoria.net/pdf/numero3/aut3_MACAYA.pdf
[3] Halbwachs, M., La mémoire collective, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque de l’Évolution de
l’Humanité, nouvelle édition critique établie par G. Namer, 1997, p. 130.
[4] Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points, 2000, 690
[5] Ledoux, S., « Pour une généalogie du ‘devoir de mémoire’ en France », texte présenté durant la séance
du Groupe d’études transversales sur la mémoire, Le devoir de mémoire, Centre Alberto Benveniste, Paris,
4 février 2009
[6] Annette BECKER, Penser et nommer les génocides : Raphaël Lemkin. http://francestanford.stanford.edu/sites/francestanford.stanford.edu/files/BeckerFrench.pdf
20 décembre 2011
Institut d’Egypte, Adieu, Bonaparte !
Institut d’Egypte, Bibliothèque de Sarajevo, Musée national d’Irak : tas de cendres, tas d’abrutis, tas de criminels.
Oui, Adieu, Bonaparte !
Chagrin immense mais aussi colère face à la brutalité et à la bêtise au front de taureau de tous ceux qui, par leur incurie ou leur obscurantisme, ou les deux à la fois, parviennent toujours à détruire ou sont incapables de protéger ce qui constitue la Mémoire du Monde.
L’incendie, survenu samedi 17 décembre 2011, de la bibliothèque fondée au Caire par Bonaparte souligne la fragilité des richesses historiques de l’Egypte à l’heure des troubles qui agitent ce pays, écrit Eric Bietry-Rivière dans le quotidien Le Figaro.
« Que reste-t-il des 200.000 ouvrages de l'Institut d'Égypte ravagé par un incendie, samedi, au Caire, en marge d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre? demande-t-il. L'inventaire risque d'être long et le préjudice, immense. La majeure partie de ce fonds n'était pas numérisée. Lundi, près de la place Tahrir, les 22 employés ainsi que deux membres de l'Unesco et des volontaires continuaient de mettre sous sacs plastique des pages en partie calcinées et des volumes noircis. «Nous avons extrait onze containers d'archives, évaluait le secrétaire général Abdel Rahman al-Charnoubi. Il reste encore deux sous-sols à dégager.»
Le reste des rayonnages d'un bâtiment menaçant désormais de s'écrouler est parti en fumée. Concernant les causes,la Francea demandé aux autorités «une enquête exhaustive et transparente». L'armée parle d'un cocktail Molotov; les opposants, d'une provocation. Quoi qu'il en soit, Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a pointé «un drame pour la culture universelle, qui illustre les graves dangers que court le patrimoine de l'humanité qu'abrite l'Égypte.» Il a ajouté que «la France était prête à examiner toute demande de soutien à une réhabilitation de l'Institut».
Question:
Qui se souvient des trésors et des superbes instruments de musique que contenait avant son incendie accidentel survenu en 1971 l’Opéra khédival du Caire ? Plus personne.
Il serait temps que l’on puisse décider, en cas de conflit dans un pays, du déménagement à titre de sauvegarde, et sans discussion possible de la part du pays concerné, de ce qui constitue, non pas tant les richesses nationales dudit pays, que celles du patrimoine mondial de l’Humanité.
Je pose ici une autre question relative à cette chronique ininterrompue d’un vandalisme annoncé : s’agissant de la guerre civile qui est en train d’embraser la Syrie sur fond de « normalisation » de sa population , faudra-t-il attendre l’incendie ou le nouveau pillage (accidentels) du Palais Azem ou la destruction (regrettable) de la mosquée des Omeyyades ou des trésors que possèdent Damas et ce pays tout entier pour s’émouvoir une fois de plus ?
http://benissa.over-blog.com/article-syrie-damas-le-palais-azem-53831729.htmlhttp://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/syria_0039-7946_1925_num_6_4_3127
Risquons une dernière question : comment se fait-il que l’on n’ait pas tiré au canon dans cet autre trésor d’antiquité libyenne que constitue, en Tripolitaine, la somptueuse ville de Leptis Magna ? Un oubli, sans doute.
http://programmes.france3.fr/des-racines-et-des-ailes/index-fr.php?page=emission&id_article=23
http://whc.unesco.org/fr/list/183
Et pour ce début de XXIè siècle ? Pourquoi pas le dynamitage des Pyramides d’Egypte ? Palmyre ? Petra ? Sainte-Sophie ? Le Vatican ? Versailles ? L’Ermitage (une fois de plus), le Kremlin (comme dans ce film récent qui transpire l’imbécillité sournoise de son héros principal). Le choix est vaste, selon les intransigeances et les intégrismes politiques, religieux etc…pour lesquels l’Autre, le Différent, la Culture, la Beauté, constituent une gêne et un problème.
Pour mémoire
23-24-25 -26 août 1992. Incendie de la Bibliothèque de Sarajevo.
« A Sarajevo, les plus grandes pertes ont été infligées à l'Institut d'études orientales et àla Bibliothèquenationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine. L'Institut d'études orientales qui contenait des incunables et les plus importants périodiques bosniacoherzégoviniens a complètement disparu dans le feu. Depuis le début de cette guerre, c'est-à-dire dès le 6 avril 1992,la Bibliothèquenationale et universitaire a été continuellement et systématiquement exposée aux tirs de missiles inflammables venant du front serbe situé sur les collines autour de Sarajevo. Pendant la nuit fatale du 23 au 24 août 1992, un feu dévastateur a ravagé la bibliothèque. Le vieux centre de la ville, construit au XVIe siècle, a eu le même destin. De plus, la bibliothèque a été pillée par des individus déguisés en militaires. »
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1994-02-0058-001
09 novembre 1993. Destruction du Stari Most, de Mostar.
http://www.paixbalkans.org/mostar.htm
10 avril 2003. Pillage du Musée archéologique de Bagdad.
http://www.swissart.ch/fr/news_archive_article.php?myeditid=357&langindex=fr
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/5/13/voy3.htm
30 janvier 2011. Pillage et saccage au Musée du Caire.
http://toutankhamonmag.free.fr/wordpress/?p=246
17 décembre 2011. Incendie de l’Institut d’Egypte.
Mars 2001. Destruction par les talibans des Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan.
http://www.aidh.org/Racisme/Bouddha/chronique.htm
http://www2.cnrs.fr/journal/3970.htm
17 novembre 2011
PS et Nucléaire : le pacte faustien du Docteur Hollande
Au grand Mox les grands remèdes ?
La position sur le nucléaire était un test essentiel pour vérifier la réelle détermination des uns et des autres de s’engager sur la voie d’une nouvelle civilisation.
Force est de constater que sur ce point qu’après L’UMP, M. Hollande et à sa suite le PS ne se différencient guère de la droite gouvernementale. Clone respectueux d'une formation politique obsolète, M. Hollande préfère la préservation de quelques emplois à la préservation de la santé publique, la préservation des intérêts d’un groupe industriel aux choix techniques douteux au débat démocratique sur les meilleures façons d’économiser l’énergie et d’en diversifier les sources respectueuses de l’environnement. Cette attitude irresponsable constitue une grave erreur politique que le PS paiera collectivement si personne dans ce parti ne vient rappeler le candidat Hollande à la raison.
Résumons : la suppression par le Parti socialiste mercredi 16 novembre 2011 d’un paragraphe sur l’avenir du retraitement du combustible nucléaire à la suite d’un accord survenu su fond de concessions électorales entre PS et écologistes est révélateur d’un ensemble de combinazione et de pusillanimité inadmissible.
Le scandaleux accord PS-EELV montre une méconnaissance totale des priorités et des enjeux de long terme par des politicards qui viennent de se coincer les doigts dans la fente de l’urne électorale.
Les accidents survenus à Fukushima ont clairement posé, amplement démontré, incontestablement prouvé la nature et l’ampleur des risques inhérents à l’utilisation du nucléaire civil. Que faut-il d’autre ? Un accident nucléaire ? Qui sait…
http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/aiea/iode131.html
Au moment où par une heureuse coïncidence l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) vient de rendre, un rapport de quelque 500 pages demandant à la France de faire évoluer "sans tarder" les normes de sécurité de certaines installations nucléaires pour faire face à d'éventuelles catastrophes naturelles, s’agissant de la filière nucléaire française, voire même européenne, la mise en balance de la question de la pérennité des emplois à préserver face à un choix stratégique de très long terme ainsi que d’une gestion d’un héritage et d’un avenir industriels pour un retraitement de combustible usé et une impossibilité de détruire des déchets ne tient pas.
Comme l’explique un article très intéressant publié ce jour dans le quotidien Libération, la crispation entre le PS et les écologistes sur la filière de retraitement des combustibles nucléaires dépasse le simple symbole ou l’enjeu social local.
Il est surprenant qu’aucun media, aucun journaliste, aucun politique ne pose la question ou n’évoque l’existence de la filière réacteur à sels fondus-thorium qui pourrait, semble-t-il, réunir les « avantages » du nucléaire sans avoir à en subir les inconvénients.
Comme l’explique un commentateur sur le blog de Paul Jorion (http://www.pauljorion.com/blog/?p=31103#comment-258073), et que je cite ici pour la clarté de son explication, « Le problème est très simple : les lobbies militaro-industriels ont choisi la filière Uranium dont l’un des « déchets » était le Plutonium nécessaire au développement des bombes nucléaires. La recherche des années 1960 tendait au contraire à utiliser une filière moins dangereuse pour le civil qu’est la filière Thorium. Cet élément fertile (et non fissible) peut être utilisé dans des centrales de type LFTR qui ont l’avantage énorme de s’arrêter en cas de problème, sans apport de refroidissement pendant un temps très long et de produire moins de déchets !
Ce modèle a en plus été testé avec succès par les Américains dans les années 60. Le lobby français voudrait l’utiliser dans des surgénérateurs dont on connait le désastre de Super Phénix qui est à priori une mauvaise utilisation du Thorium. Les détracteurs de la filière indiquent par ailleurs que pour faire fonctionner ces centrales il faut un peu de Plutonium pour déclencher la réaction. Or aujourd’hui on en aurait assez pour faire fonctionner toutes les centrales au Thorium pendant des décennies. Du coup, économiquement, le choix à ce jour est dans l’impasse : les deux grandes sociétés fournissant les centrales Westinghouse (US) et Areva (France) ont investi sur des modèles qu’elles doivent rentabiliser sur 40 à 60 ans et sont donc dans l’impossibilité financière de se réorienter vers une direction qu’elles n’envisagent qu’à ce terme, soit une cinquantaine d’années, alors que l’on sait déjà ce que serait la bonne direction. C’est la raison pour laquelle elles nous imposent de construire pendant 50 ans des centrales dangereuses pour amortir les choix passés, là où l’on saurait comment produire aujourd’hui autrement, mais en tenant le peuple complètement désinformé. »
Le choix que l’on laisse au peuple est celui du « tout ou rien » et ne correspond en fait pas du tout au choix réel qui se pose scientifiquement, et ceci uniquement pour des raisons de profit. On tient le peuple dans une ignorance voulue qui lui un impose un dilemme simpliste et faux entre un « progrès » (l’uranium) ou une « régression » soi-disant plus sûre (l’arrêt complet du nucléaire), le chauffage au bois et le retour aux âges sombres, ou l’incertitude des énergies renouvelables.
La position sur le nucléaire était un test essentiel pour déterminer la réelle détermination des uns et des autres de s’engager sur la voie d’une nouvelle civilisation.
Ce test a échoué.
Que des candidats putatifs en soient déjà venus à mettre dans la balance entre politique et santé publique les termes d’un marchandage entre circonscriptions électorales et stratégie industrielle est inadmissible et doit être immédiatement sanctionné.
Il s’agit là d’une grave erreur politique dont je souhaite que le PS puisse la payer collectivement si personne dans ce parti ne vient rappeler le candidat Hollande à la raison.
Les jours qui viennent diront si, après le PS, prêt à tout pour « gagner », les Verts vendront ou non leur âme.
Quel plaisir serait le mien de rencontrer M. Hollande sur un plateau de télévision, à une heure de grande écoute, pour le faire rissoler dans une poêle où j’ajouterais successivement divers ingrédients : économie, finances, banques, traders, fiscalité, santé, retraites, emploi, Europe, société, nucléaire…
Une cerise sur le gâteau ?
http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/aiea/iode131.html
Dernières nouvelles:
Nucléaire: Areva ne veut pas se substituer au politique, mais contribuer
PARIS - Le groupe nucléaire français Areva a assuré jeudi qu'il ne cherchait pas à se substituer au politique mais qu'il n'hésiterait absolument pas à contribuer au débat sur l'atome, après la révélation mercredi de discussions avec l'équipe de François Hollande.
Je tiens à préciser que nous n'avons pas vocation à nous substituer au politique dans le débat énergétique actuel mais que nous n'hésiterons absolument pas à contribuer à notre niveau de grand groupe industriel public, a déclaré Raphaël Berger, directeur des études économiques d'Areva, en ouverture de son audition par des députés à l'Assemblée nationale.
M. Berger s'exprimait avec des hauts responsables d'EDF pour défendre l'énergie nucléaire devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), un groupe de 18 députés et 18 sénateurs chargé d'informer le Parlement dans des domaines très techniques.
Tout en rejetant toute intervention directe, Areva a reconnu mercredi s'être entretenu avec ses contacts habituels au Parti socialiste, après un accord avec Europe Ecologie Les Verts prévoyant la fermeture de 24 réacteurs EDF d'ici 2025 et évoquant une reconversion du retraitement et de la filière du combustible Mox, deux spécialités d'Areva.
Selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, le nouveau directeur des affaires publiques du groupe Jacques Gérault a téléphoné mardi soir à Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg et porte-parole de François Hollande, pour l'avertir des conséquences graves pour Areva.
Le paragraphe sur le retraitement et le Mox a disparu de la version adoptée par le Bureau national du PS, semant la confusion autour de différences d'interprétation entre socialistes et écologistes, le PS se défendant d'avoir cédé à Areva.
François Hollande a confirmé mercredi soir sur TF1 être favorable à la poursuite de la filière Mox le temps nécessaire, les écologistes faisant la sourde oreille en affirmant que l'accord initial était selon eux toujours valide.
AREVA
EDF
(©AFP / 17 novembre 2011 13h32)
Sources et références :
La Hague, au cœur de l’avenir de la filière nucléaire.
http://www.liberation.fr/economie/01012372027-la-hague-au-c-ur-de-l-avenir-de-la-filiere-nucleaire
Ci-après quelques indications passionnantes sur cette filière thorium :
http://www2.cnrs.fr/journal/736.htm
http://www2.cnrs.fr/presse/journal/2805.htm
http://www.insu.cnrs.fr/co/files/gutec_-_appel_a_projets_2011.pdf
http://forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Actualite/thorium-nucleaire-alternatif-sujet_91993_1.htm
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+E-2011-004892+0+DOC+XML+V0//FR
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/02/d%C3%A9chets-nucl%C3%A9aires-crise-entre-edf-landra-et-lasn.html
28 septembre 2011
UMP : vers le coup d’Etat feutré et la mise en place d’un autre candidat à la candidature pour 2012.
« La rébellion n’est pas contre le pouvoir, elle est une protestation contre un pouvoir qui franchit ses limites. Ensuite, elle peut changer de nature, d’affectivité et déboucher vers une remise en cause radicale de ce pouvoir, c’est-à-dire la révolution. La France rébellionnaire est une réalité vivante et profonde, elle constitue même un mode collectif qui a fait du heurt et de la rupture le principe même du changement dans ce pays. »
Jean Nicolas
L’histoire constitutionnelle de la Vè République finissante retiendra que c’est un président de droite qui, par tout son comportement, sa manière d’être, d’agir, de faire, aura fait basculer le Sénat à gauche à la suite d’un processus de rejet de toute une politique. La majorité ayant sous-estimé les conséquences de sa réforme des collectivités locales, la conjonction des effets sur le territoire du désengagement des services de l’Etat, de la suppression de la taxe professionnelle, de la réforme territoriale, alliée, sur fond de crise économique, à l’impact désastreux d’une succession ininterrompue d’affaires politico-financières, aura légitimement nourri l’exaspération de tout un socle d’élus ruraux.
Partagée entre ceux qui ouvrent aujourd’hui les yeux sur les perspectives peu engageantes de leur fourvoiement pour avoir soutenu ou été aux côtés de M. Nicolas Sarkozy et ceux qui, trop engagés pour reculer ou se dédire, voient venir la perte prochaine de leurs fonctions ou mandats électoraux, la majorité présidentielle n’attend plus qu’un signe pour se disloquer et mettre en avant un nouveau « candidat à la candidature », susceptible sinon de renverser la vapeur, à tout le moins de sauver les meubles.
L’idée faisant son chemin, il reste que le choix d’un nouveau champion issu du sérail ou du marigot interne risque fort d’être vain ou préjudiciable dans la mesure où le vrai socle électoral qui vient de manifester son rejet de toute la politique présidentielle – la véritable droite républicaine – n’a peut-être pas envie de se reconnaître et de délivrer un blanc-seing à des chevaux de retour marqués par des affaires qui ont déjà valu pour certains ou sont peut-être en passe pour d’autres, du fait d’agissements et compromissions inadmissibles, le passage devant les tribunaux.
Coulée par ses "affaires", la majorité présidentielle est en train de faire naufrage.
Nombre de parlementaires n’ayant aujourd’hui probablement plus envie de se lier à des comportements qu’ils réprouvent autant que leur électorat, lequel n’hésitera pas à les sanctionner définitivement s’il comprend que malgré les coups de semonce aucun changement de cap n’intervient, sous l’autorité d’un nouveau capitaine, chacun a compris que le moment et l'heure d'agir étaient proches.
Telle est la situation d’une droite républicaine qui ne demande plus aujourd’hui qu’à faire confiance à celui qui saura porter ses couleurs, prête à investir un président de haut parage, volontaire, déterminé, courageux, honnête, fort d’une légitimité incontestable, capable et suffisamment sûr de lui pour se débarrasser des branches mortes et envoyer définitivement au pâturage les éternels chevaux de retour.
Plus que jamais s’impose donc dans la droite républicaine la nécessité d’élections primaires ou d’une consultation qui permettra de présenter un candidat qui saura signifier à l’actuel président de la République - mais aussi au gouvernement dont il s'est doté - que son mandat est désormais terminé et que le temps de la passation de pouvoir est commencé.
Point n’est besoin pour l’encore actuel président de la République de lire ou relire Edward Luttwack ou Curzio Malaparte : les jeux sont faits et le coup d’Etat feutré est déjà en marche au sein de la majorité présidentielle.
Seul son vainqueur demeure encore inconnu.
Source :
Jean Nicolas, La rébellion française (1661-1789), Folio histoire.
http://www.lesinfluences.fr/Il-a-etudie-1800-rebellions.html
09 septembre 2011
Election présidentielle 2012 : sortir de la pétrification des consciences ou la nécessaire investiture nationale d’un président
Election présidentielle 2012 : sortir de la pétrification des consciences ou la nécessaire investiture nationale d’un président de haut parage, d’un président de combat, d’un président visionnaire.
« Les périodes électorales se suivent et se ressemblent. Celle où nous entrons voit refleurir sans retard la rhétorique creuse et hypocrite des barons de la droite et de leurs comparses socialistes qui, tels les automates solidaires d’un ancien jacquemart, viennent alternativement asséner aux citoyens les coups de maillet de l’évangile libéral : "la crise", "la dette", "au-dessus de nos moyens", "la nécessaire rigueur", "l’unité des Français", etc.
Alain Accardo, La Décroissance, septembre 2011.
La seule investiture qui compte n'est pas celle consentie par un parti, quel qu'il soit, qui ne rassemble qu'une minorité, ne met en avant que des gens qui ne représentent qu'eux-mêmes et qui osent encore prétendre parler au nom d'un pays tout entier.
La seule et unique investiture qui compte est celle de la Nation toute entière, désireuse de transcender et court-circuiter des partis politiques éreintés animés par le dur désir de durer et dont les vedettes sont déjà en train de moisir dans la poubelle de l'histoire.
Nous assistons aux derniers soubresauts du PS et de l'UMP, tous deux en état de mort clinique imminente. Le spectacle d'ombres chinoises ou d'automates déglingués (le choix est ouvert) qui se déroule depuis plusieurs mois au sein du PS et de l’UMP démontre que c'est l'oligarchie institutionnalisée (phénomène constaté dans toutes les formations politiques sans exception) qui prétend en assurer le renouvellement qui conduit en réalité ce type de structure au dépérissement puis à sa disparition pure et simple.
Où l'on voit que la phylogenèse est implacable puisqu'après trois présidentielles perdues coup sur coup, le Parti socialiste écartelé entre six programmes politiques ne réussira pas la rénovation après laquelle il court pour retrouver une voix et un poids face à ses adversaires avant l’élection présidentielle de 2012. La comédie des « Primaires » privées du soutien de l’Oncle d’Amérique désormais hors jeu et attendu comme le Messie cosmoplanétaire n’aura fait que retarder l’échéance.
Le constat est identique à droite avec un suzerain délégitimé dont les feudataires guettent la fin de règne.
Les dissensions qui agitent l'UMP ont en définitivement lézardé le bâtiment dont l'effondrement est inéluctable dès lors que la coalition d'intérêts qui a présidé à sa naissance explose face à la réalité d'une actualité sur laquelle elle n'a plus prise et qui la dépasse.
Programme opportuniste, velléitaire, candidats ou thuriféraires dont l'inconsistance n'a d'égale que leur prétention, chef de l’Etat ou chef de parti en fin de course, scandales à répétition de part et d'autre (Woerth, Bettancourt, Guerini), compromissions inadmissibles (Alliot-Marie/ Ben Ali) et retournements de veste (Sarkozy/Libye), autant d'éléments qui ne sauraient sérieusement soutenir une prétention à un quelconque suffrage aux prochaines consultations électorales, présidentielle et législative.
Le Ðiện Biên Phủ probable des sénatoriales, le 25 septembre prochain, ouvre la saison politique 2011/2012.
Nombreux sont ceux qui sont en train de comprendre que les perspectives d’évolution des organisations partisanes vers le modèle du parti cartel, véritable plaie institutionnelle, loin de prédisposer à une mixité des mobilisations politiques et sociales, suggèrent au contraire une institutionnalisation accrue, une moindre prise en compte des intérêts de la société civile, des pratiques militantes appauvries par une professionnalisation politique, et une dépendance financière et institutionnelle accrue à l’égard de l’Etat.
A ce stade, qui touche tous les partis sans exception, le ver est donc dans le fruit.
Quels que soient les unités programmatiques, proposées ou mises en place pour assurer la pérennité des formations partisanes (soit pour se maintenir au pouvoir, soit pour le conquérir), les rénovations nationales, les ralliements, toutes ces actions sont vouées à l'échec parce que menées par des têtes de listes usées, fatiguées, démonétisées, qui n'ont que faire des soucis, des difficultés, des inquiétudes que vivent les gens.
Chacun perçoit bien, pour peu qu'il réfléchisse un instant, que les scissions politiques en cours et les cadenassages partisans ouvrent un immense espace de reconstruction à des forces nouvelles transdiciplinaires qui ne sont ni de Droite, ni de Gauche, ni Centristes - catégories politiques devenues ineptes - mais tout simplement...politiquement, économiquement et socialement nouvelles.
Un nouveau paradigme est en train de se mettre en place qui va conduire les simulacres qui s'agitent encore au nom du PS, de l'UMP, du MoDem, du FN etc...et qui s'évertuent à tenter de maintenir à flot leurs formations politiques actuelles dans leur ensemble à rejoindre enfin la place qui les attend inéluctablement : le placard aux momies.
Nombreux sont ceux qui, pour l’élection présidentielle de 2012, envisagent de voter pour un homme intègre, (ou blanc) mais sans illusions sur ses chances d’arriver au pinacle, ce en quoi ils ont tort. Nombreux sont ceux qui vont fonder leurs espoirs sur les élections législatives, ce en quoi ils ont raison. Encore plus nombreux sont ceux qui, désireux d’instituer un contre pouvoir, vont rechercher un candidat n’ayant pas l’investiture des mandarins politiques actuels. Ils auront amplement raison.
Voici ce que je crois :
La perte de légitimité politique étant devenue générale, c'est en réalité l'ensemble du gouvernement qui n'est plus opérationnel. Le premier Ministre devrait remettre sa démission au président de la République. Au moment où les révolutions arabes surgissent d’un angle mort, générant une onde politique qui réduit de facto à néant une équipe gouvernementale et un système partisan obsolètes, devenus synonyme d'un passé révolu ; au moment où il s'agit de vraiment réformer le système monétaire international ; au moment où un monde est en train de basculer, il ne s'agit plus simplement de rapetasser un système politique, économique et social en perdition avec des gouvernants naufragés.
Il ne faut pas craindre d’appuyer sur la commande de vidange.
La grande interrogation est de savoir comment faire pour que les élections de 2012 ne se résument pas à une caricature électorale. Fort heureusement, la solution est très simple.
Il s'agit d'établir un processus de sélection démocratique basée sur la qualité éthique comportementale des candidats et non pas sur les seules capacités de bateleur dont ils font preuve chaque jour. Il est évident que le temps est venu d'agir.
Il s'agit sans plus tarder de concrétiser cette dynamique à laquelle tout un monde citoyen aspire en profondeur. Il faut désormais une élection présidentielle anticipée afin de prendre dès maintenant les décisions qu'appellent l'intérêt supérieur de la Nation et celui des Français afin d'empêcher la réédition d'un jeu de dupes mené par des dirigeants usés qui ne sont plus animés que par le dur désir de durer.
Cette élection anticipée, il convient d’en initier le processus dès à présent, hors partis, en comprenant que le Spectacle Politique tient plus d’un régime de sevrage aux idées nouvelles, à la domestication électorale par réflexe démocratique, que d’une réelle participation à un changement.
Se séparer de la clique actuellement aux affaires est devenu une obligation majeure. Eviter l’arrivée aux affaires d’une autre clique qui n’offrira qu’un programme réchauffé est encore plus important.
L’élection présidentielle de 2012 constitue une formidable occasion d’opérer une purge générale dans des institutions et des acteurs politiques qui ont fait leur temps, vieilles lunes descendantes, figures décaties, momies politiques. Dans les deux cas, il faut un président de haut parage, un président de combat, un président visionnaire, sûr de lui, moderne. Ne doutez pas de ma détermination. Faites de votre vie un rêve et de votre rêve une réalité ! Investissez dans l’avenir ! Dans le neuf ! Dans le dynamisme et l’énergie ! Rejoignez-moi !
« Trois jours, leur dit Colomb et je vous donne un monde… »
Contre tous les corporatismes de droite et de gauche, contre les vieux partis boutiquiers, contre le danger des extrêmes, seul un homme sans parti, sans argent, sans élus à ses cotés, mais avec comme modèle l’équilibre, l'harmonie, l'énergie, la pugnacité, le courage, la détermination, les capacités d'analyse, d'intelligence du monde, de vision et de prospective pourra assurer et imprimer une impulsion nouvelle à la France et à l'Europe dans le respect des cohésions nationales de chacun..
Un président qui donne envie de travailler ensemble, qui fasse de toutes nos différences une richesse, qui permette à chacun de pouvoir s’épanouir équitablement, car nous avons besoin de toutes les énergies pour réussir ensemble.
Rejoignez-moi, voulez-vous ? Et vous verrez qu'après tout, les plus heureux des hommes sont ceux que berce un projet...qu'ils convertissent en un choix et une action, pour choisir et réellement investir un Président de haut parage, un véritable chef de l'Etat pour le XXIè siècle.
Le seul véritable parti qui compte est celui de l'ensemble des citoyens et de leurs élus les plus proches, les Maires, qui, se faisant d'une certaine manière les interprètes d'une volonté commune, profonde, réfléchie, sont véritablement légitimes à porter la voix de la nation tout entière.
C'est ainsi qu'en tant qu'élu, et c'est parce que précisément vous êtes élu, vous avez toute latitude pour initier cette dynamique électorale qui concourt au suffrage universel.
La véritable élection dans une candidature à l'élection présidentielle est de prime abord celle qui consiste à vérifier la solidité des racines profondément ancrées dans chacun des pays, dans chacune des communes, dans chacune de ces unités qui fondent la nation tout entière.
L'investiture étant le processus de désignation officielle d'un candidat à des élections par un parti, ne disposant pour ma part que de la seule confiance que vous pouvez déposer entre mes mains, du seul mandat que vous pouvez me confier et dont j'aurai à vous rendre compte, je sollicite votre investiture.
Tel est le message que j’adresserai prochainement aux Maires de France.
04 août 2011
Christine Lagarde, comptable de fait(s) ? Petites mains et longues mains : deux questions majeures.
Business as usual : le collier des affaires de la République s’orne d’une nouvelle perle de choix.
"Il y a une femme dans toutes les affaires ; aussitôt qu'on me fait un rapport, je dis : « Cherchez la femme !»
Alexandre Dumas
La commission des requêtes de la CJR, cour de nature constitutionnelle qui confère un privilège de juridiction aux ministres qu’elle juge durant l’exercice de leurs fonctions, a accepté la demande d'ouverture d'enquête déposée pour « abus d'autorité » par le procureur général de la Cour de cassation, M.Jean-Louis Nadal, le 10 mai 2011. Le procureur général près la Cour de cassation par intérim, Madame Cécile Petit, saisira dans les jours à venir la commission d'instruction de la CJR, composée de trois magistrats de la Cour de cassation, aux fins de mener des investigations pour savoir si l'ex-ministre de l’économie, Madame Christine Lagarde, s'est rendue coupable des infractions de « complicité de faux » et « complicité de détournement de biens publics » – infractions passibles de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende - lors de la procédure d'arbitrage ayant mis fin en juillet 2008 au conflit opposant Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais à l’occasion de la vente litigieuse de la firme Adidas survenue en 1993.
Il s’agit désormais de mener une enquête sur les circonstances qui ont pu conduire l’ex ministre à :
- abandonner en 2007 la voie judiciaire dans un litige concernant la revente de la firme Adidas en 1993, au profit d'une procédure d'arbitrage, et donc d’une juridiction privée,
- renoncer à contester la sentence (i.e la décision) de ce même tribunal arbitral, juridiction privée qui avait condamné en juillet 2008 le Consortium de Réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais, à verser à Bernard Tapie la somme de 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions d'euros avec les intérêts), dont 45 millions d'euros au titre du préjudice moral.
Le chef de « complicité de faux » a été retenu car le compromis d’arbitrage du litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais a été modifié en cours de procédure, permettant aux époux Tapie de toucher 45 millions d’euros au seul titre du préjudice moral.
On rappellera que Bercy avait estimé à l’époque que l'heureux bénéficiaire ne devait toucher au bout du compte qu'entre 20 et 50 millions de l'Etat, en raison de diverses déductions, notamment fiscales…
S’il s’agit donc bien – une fois de plus d’argent -, il s’agit plus particulièrement de beaucoup d’argent et – détail notable – d’argent public.
Or il se trouve qu’en l’espèce, et ceci dans le but de protéger le Bien Commun des malversations éventuelles de ses agents ou des détenteurs du pouvoir, un grand principe du droit français ordonne la séparation des ordonnateurs et des comptables en réservant à ces derniers et à eux seuls le maniement des deniers publics ; l’autorité qui ordonne la dépense ne peut jamais en l’absence de dispositions législatives expresses être chargée d’en assurer le paiement.
Mais si des ordonnateurs ou des fonctionnaires ou des particuliers s’immiscent dans le maniement de ces derniers, ils deviennent comptables de fait, c’est à dire qu’ils se sont comportés comme des comptables sans en avoir la qualité légale. Leur gestion irrégulière est dite de gestion de fait. La Cour des Comptes distingue ainsi, avec une symbolique superbe, entre les comptables de « brève main » et les comptables de « longue main » :
- le comptable de fait dit de « brève main » est celui qui a manié les fonds irrégulièrement extraits de la caisse publique ;
- le comptable de fait dit de « longue main » est celui qui a ordonné ou organisé le maniement irrégulier sans avoir effectivement manié les fonds.
Lors de sa saisine de la CJR alors qu’il était procureur général près la Cour de Cassation - M. Jean-Louis Nadal (aujourd’hui retraité) ne soupçonnait qu'un éventuel « abus d'autorité », infraction malgré tout passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.
Le monde est donc cruel, inutilement compliqué, dira-t-on. Présomption d’innocence ! Certes. Mais il convient d’être complet et d’informer le lecteur, s’il ne le sait déjà, que le 25 mai 2011, Monsieur Jean-François Bénard, procureur général près la Cour des Comptes, a pour sa part saisi la Cour de discipline budgétaire des cas respectifs de M. Jean-François Recchi, ancien président du Consortium de réalisation (le fameux CDR), et de M. Bernard Scemama, ancien président de l’Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR).
Ces deux hauts fonctionnaires qui ont réglé les modalités de l’arbitrage précité font l’objet d’un réquisitoire qui pointe des « présomptions d’irrégularités et d’actes illégaux commis lors du règlement du contentieux de l’affaire Adidas – Crédit Lyonnais ».
Mise en cause pour avoir choisi de recourir à la procédure arbitrale alors que les intérêts de l'Etat sont en jeu, Christine Lagarde est plus particulièrement critiquée pour ne pas avoir intenté de recours contre la décision de cette commission, la situation météorologique s’étant entre temps aggravée avec la révélation au mois de juin 2011 de l'existence de liens non déclarés entre l'un des trois « arbitres » théoriquement indépendants, et… l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourme.
Si de son côté l’opposition se drape dans l’étoffe d’une morale offusquée pour – avec justesse, on le lui concèdera - attendre de la commission d'instruction qu'elle recueille les réponses à certaines questions (Pourquoi avoir préféré la solution arbitrale à la procédure judiciaire normale ?Pourquoi avoir balayé les questions sur l'éventuelle récusation d'un des arbitres ?Pourquoi avoir accepté le montant des indemnités de Bernard Tapie, exorbitant dans ce type de conflit entre l'État et un particulier ? Pourquoi le ministre n’a-t-il pas sollicité le Parlement comme la loi le lui imposait ? ), les deux questions qui m’importent sont les suivantes :
-Puisque l’on parle de complicité de faux et de complicité de détournement de biens publics, qui sont donc le ou les auteurs ou co-auteurs ou instigateurs de ces agissements ?
-Puisque l’on parle de complicité, ce qui suppose que le complice soit au courant du but de celui qu'il aide et qu'il adhère à son projet, qui a-t-on donc réellement aidé, et pour quelle(s)raison(s) ?
« Cherchez la femme », disait Alexandre Dumas, dans Les Mohicans de Paris.
Note :
La Cour de cassation considère que « les actes commis par un ministre dans l'exercice de ses fonctions sont ceux qui ont un rapport direct avec la conduite des affaires de l'État relevant de ses attributions, à l'exclusion des comportements concernant la vie privée ou les mandats électifs locaux » (Crim., 26 juin 1995, A. Carignon, pourvoi n° 95-82333). La compétence de la Cour de justice de la République, telle que prévue par l'article 68-1 de la Constitution, « ne saurait s'étendre aux actes qui ne sont commis, par des ministres, qu'à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions » (Crim., 6 février 1997 M. Noir, pourvoi n° 96-80615).
12 juillet 2011
South Sudan, Oyee ! Fragile avenir d’un nouvel Etat souverain et prémices d’une nouvelle donne géopolitique pour l’Afrique.
Bonne chance, Président Salva Kiir Mayardit ! Et confiance dans l’avenir, car il vous faudra en effet beaucoup de diplomatie en tant que dirigeant du 54 ème Etat africain qui rejoindra l’ONU dans quelques jours pour conquérir la pleine souveraineté politique et économique de votre nouveau pays sur fond de guerre d’hydrocarbures. Et si la partition du Soudan était le prélude à une balkanisation régionale, autour des Grands Lacs et au Congo, par exemple, initiant la recomposition des véritables nouvelles frontières africaines en mettant un terme au principe d’intangibilité issu de la décolonisation et en laissant le champ libre à de nouvelles sécessions en prise avec de nouvelles réalités géopolitiques et géoéconomiques ?
La République du Sud-Soudan (RoSS) a donc proclamé son indépendance samedi 09 juillet 2011 à Juba, sa capitale, devenant la plus jeune nation au monde et divisant en deux le plus grand pays d'Afrique. Le Sud, à majorité chrétienne et animiste, se sépare ainsi du Nord musulman après 39 ans d’une guerre civile atroce comme le sont toutes les guerres de sécession et qui aura causé plus de deux millions de morts.
Rappel :
La guerre civile Nord/Sud au Soudan a débuté en 1955 et s’est poursuivie jusqu’en 1972.
La signature des accords d’Addis-Abeba en 1972 met fin à la guerre Nord/Sud ; sa reprise en 1983 est marquée en 2005 par la mort de John Garang (chef de la sécession du Sud-Soudan) dans un accident d’hélicoptère (assassinat politique ou accident, la question demeure).
Le 9 janvier 2005 les rebelles sudistes signent avec Khartoum un accord de paix qui prévoit la disparition de la Charia dans le Sud et 6 années d’autonomie avant un référendum sur l’indépendance.
En se portant garante du Traité de Paix de Nairobi de 2005 et de la bonne tenue du référendum d’autodétermination de janvier 2011 à l’occasion duquel le Sud-Soudan a vote la sécession à 98,83%, la communauté internationale a rendu possible l’émergence de cette nouvelle République Si le défi politique a été surmonté, l’incertitude demeure quant aux défis ethniques, sociologiques, économiques (85% du pétrole soudanais se trouve au Sud alors que la seule raffinerie, l’unique débouché maritime sur la Mer Rouge ainsi que l’oléoduc qui permet l’exportation de ce pétrole sont au Nord).
Les négociations vont donc continuer sur entre le Sud et le Nord, négociations qui existent déjà par l’intermédiaire de l’ancien Président Sud-Africain Thabo Mbeki avec des facilitateurs norvégiens ainsi que la Chine qui est le plus grand exploitant et acteur du pétrole soudanais.
Une proie de choix
Le nouvel Etat (193è membre des Nations Unies, et 196è pays du monde) s’est naturellement doté des attributs de sa souveraineté en adoptant, outre une monnaie et un hymne national qui disent la longue marche vers l’indépendance, un drapeau parlant. Ce drapeau, celui de l’ancien SPLA (Sudan People's Liberation Army), adopte le noir qui représente le peuple du Sud-Soudan, le vert à l’image du pays, tropical, le blanc pour la paix, le rouge en mémoire du sang versé, le bleu pour les deux Nil et le jaune d’or pour l’étoile de Bethlehem, rappel d’un christianisme en opposition avec la désormais ancienne partie à dominante musulmane.
Les 7900 soldats et experts de la nouvelle mission des Nations Unies au Sud-Soudan - la Minuss -, chargée d’accompagner le pays dans sa construction, montrent l’inquiétude que suscite le futur de la sécession nouvellement consacrée par la communauté internationale. Usant d’une formule parfaitement rodée, M. Jiang Weixin, envoyé spécial du président chinois Hu Jintao, n’a pas manqué, pour saluer l’ouverture de relations diplomatiques entre le Sud Soudan et la Chine, de déclarer, à propos de Khartoum et de Juba qu’il était « convaincu que les deux parties doivent donner la priorité à la paix et régler les problèmes par les négociations et les consultations sur la base des compréhensions mutuelles", (10 juillet 2011 - 15:29:00 Xinhua). Les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne, ont ainsi rapidement reconnu le Sud-Soudan en l’assurant de leur amical, empressé et…indéfectible soutien.
Avec 9 millions d’habitants pour un territoire de 589.745 km2, la République du Sud-Soudan est en effet potentiellement très riche. Si son sous-sol regorge de pétrole (85% de la production soudanaise), de fer, cuivre, chrome, zinc, or et argent, elle possède aussi d’immenses ressources agricoles. Le pays est donc un Etat viable économiquement à condition que ses richesses soient exploitées au bénéfice de ses citoyens et que les futurs dirigeants évitent l’écueil des « Dutch Deseases », cette malédiction qui s’attache à la possession soudaine d’immenses ressources naturelles (gaz et pétrole) qui a frappé d’autres pays africains tels le Gabon ou le Nigeria, mais qui ont généré gaspillage, pauvreté et conflits.
Les nombreuses fées qui se penchent désormais sur le berceau de cette éponge pétrolière et agricole posent les nouvelles bases d’une géopolitique dont les acteurs n’ont pas attendu d’être invités avant de s’asseoir à la table des négociations. Outre la Chine, les USA et l’Union européenne, avec, comme observateurs et voisins attentifs, l’Egypte et l’Ethiopie (pour les deux Nil et l’enjeu géopolitique des ressources hydrauliques), l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya (porte de sortie vers l’Océan Indien), chacun a bien identifié le fait que les réserves pétrolières prouvées de l’ancien Soudan se trouvent au Sud-Soudan. Ainsi, en construisant des oléoducs qui traverseront le Kenya ou en descendront vers ses voisins méridionaux, le Sud-Soudan pourrait bien disposer du moyen de vider sinon modifier les termes de la querelle sur les revenus pétroliers qui l’oppose toujours au gouvernement de Khartoum, au Nord. Qu’il s’agisse du Soudan, de l’Ethiopie, du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Burundi, de la RdCongo, de la République centrafricaine, tous ces pays ont inéluctablement vocation à intégrer leur désormais nouveau grand voisin dans cette organisation intergouvernementale que constitue la Communauté des pays d’Afrique de l’Est (CEA/EAC) et ses satellites.
On voit ci-dessous l'enjeu du débat:
Source cartographique :http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/afrique-usa-politique-controle.html
La partition du Soudan est-elle synonyme de catastrophe régionale ?
La question sous-jacente est celle de l'effritement du principe d’intangibilité des frontières en Afrique : le continent se dirige-t-il vers de nouvelles sécessions ?
Du Darfour à la militarisation de la zone disputée d’Abyei en passant par le rébellion du Kordofan-Sud (seul Etat pétrolier du Nord-Soudan), malgré le soutien appuyé de la Chine à son président accusé de génocide par la Cour pénale internationale, la situation du Nord-Soudan est devenue critique. Le pays va en effet perdre 37% de ses revenus après l'indépendance du Sud, situation d’autant plus périlleuse que la dette publique de Khartoum s'élève à 38 milliards de dollars, que l'inflation est galopante et que les sanctions américaines pèsent sur l'économie La sécession du Sud-Soudan devrait avoir de nombreuses répercussions négatives sur le Nord-Soudan.
Il n’est pas exclu que la Chine lache un pays qui se révèle désormais dépourvu d’avantages. L’importance des investissements qu’elle expose au Kenya (à hauteur de 7,17 millions de dollars pour la construction d’un second port à Lamu, sur la côte nord-est, d’une deuxième ligne de chemin de fer Mombasa-Kampala (Ouganda) et d’un couloir autoroutier reliant le Kenya à l’Ethiopie et au Sud-Soudan) ne sont-ils pas la preuve d’un nouveau tropisme ?
Quelle va être la réaction des USA ? Soyons certains qu’il y en aura une. Et celle de l’Union européenne ? On ne risquera pas grand-chose en suggérant un attentisme certain de sa part au vu de son enlisement dans les sables de Libye, sauf retournement de situation. Il est toutefois certain, au regard des profondeurs de territoire qu’offre l’Afrique à l’Europe, son « étranger proche » comme disent les Russes, que des deux éponges à hydrocarbures que constituent le Sud-Soudan et la Libye, l’opportunité nord africaine demeure pour l'U.E. la plus accessible à court terme.
Du Sud-Soudan aux rives du Lac Albert, les grandes manœuvres du pétrole congolais :
Et plus au Sud, qu’en est-il ? On en saura plus en s’intéressant aux grandes manœuvres dont le pétrole congolais est devenu l’objet autour du Lac Albert. http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=17811 et qui, n’en doutons pas, vont probablement générer à court terme d’autres mutations géopolitiques et géoéconomiques de première grandeur.
Carte des permis d’exploration pétroliers du Graben Albertine (*)
(*) Terme de géologie qui désigne un fossé tectonique d’effondrement.
Source : http://www.sacoilholdings.com/o/drc.php
On trouvera ici une étude géographique et géologique remarquable avec cartes didactiques : http://www.envoi.co.uk/P183Tower(Uganda)Syn.pdf
L’analyse qui suit, sous la plume de Mathias Ikem, mérite d’être citée car elle pose d’autres questions à l’échelle d’un autre géant géographique et minier dont la souveraineté étatique pourrait bien être traversée à son tour, à l’instar du Soudan, par des tendances centrifuges : la République démocratique du Congo.
Comme l’explique Mathias Ikem « Le Kivu, l'Ituri et les Uélé constituent actuellement ce Congo utile à cause du boom sans précédent provoqué par l'extraction du colombo de tantale (coltan), la cassitérite, le niobium, l'or mais aussi par la soif du pétrole du Graben Albertine.
On observe un appétit sans précédent pour les richesses du Sud Soudan et le désir d'y accéder à bas prix comme aussi pour le Congo.
Et si c'est l'urgence d'une exploitation pétrolière qui a conduit à l'éclatement du Soudan, la soif du pétrole et de toutes les autres matières premières pourraient amener, mutatis mutandis, l'éclatement de la RdCongo. Car,ajoute Mathias Ikem, en raison de sa géographie, les réserves en brut du Graben Albertine ( i.e. les rives du Lac Albert) seraient faciles à exploiter mais également à transporter jusqu'au port de Mombasa. Cela avait d'ailleurs fait l'objet de la (conférence) tripartite Museveni – Kabila – Mwaï Kibaki à Entebbe le 12 mai 2011. C'est ce qui explique aussi en partie la sollicitude des Etats-Unis envers l'Est du Congo.
Des comparaisons fortuites
Le Soudan, comme l’explique encore Mathias Ikem, jusqu’à ce jour le plus grand pays d'Afrique comme la RDCongo qui est un sous continent, partage avec la RDCongo les eaux du Nil.
Pour amener la paix, analyse-t-il, il a fallu sacrifier John Garang comme avec l'Angola Savimbi. Mieux, pour balkaniser, il fallait sacrifier Laurent-Désiré Kabila. Car, on peut tout dire, avec la situation de non Etat, le Congo reste toujours une maison en flammes quitte à intéresser les sapeurs-pompiers.
Une frontière, ça se soigne. La nôtre, dit-il, est laissée à la merci des Ougandais (UPDF et LRA) et des Soudanais (SPLA).
Ici, la grande politique et le business font bon ménage. Aveuglé par la haine du régime islamiste de Khartoum, Washington a en effet préféré financer et armer la rébellion sudiste. A une dimension plus politique du règlement du conflit soudanais pour des solutions durables, Washington a opté pour l'éclatement du Soudan. Avec des réserves estimées à 3 milliards de barils, le Soudan représente un important fournisseur du brut pour les oïl men.
Mais aux dires de certains analystes, la partition du Soudan serait une catastrophe régionale si elle amène des effets d'entraînement. Elle ne saurait éviter des affrontements fratricides qui se déroulent autour de El-Obeid et ne saurait mettre fin au conflit (aujourd’hui oublié) du Darfour. On se souvient de toutes les thèses professées comme remède à la violence et à l'insécurité qui concernent la RDCongo et notamment celles qui estiment que les voies et moyens d'établir ou de rétablir une paix durable dans la région des Grands Lacs consistent à revoir nécessairement les tracés des frontières des Etats actuels et les reconstituer sur base des affinités ethniques tenant compte notamment des aspects génériques, culturels et morphologiques ».
Safari Oïl, affaire à suivre ! Tout est dit. Les acteurs sont en place, le rideau s’ouvre et la pièce commence.
Sources et références :
http://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/2003/03/ebra.htm
http://iwacu-burundi.org/spip.php?article336
http://www.gossmission.org/goss/
Source iconographique :
http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/In-English/Good-luck-to-South-Sudan
Carte de la coalition européenne pour les ressources pétrolières au Soudan :
http://www.ecosonline.org/reports/2007/%5Eindex.html/ECOSfactsheetIIOctober2007.pdf.html
http://www.sudanupdate.org/REPORTS/Oil/17cos.html
L'avenir sombre du Nord-Soudan après la sécession du Sud - 4 Juillet 2011 :
http://fr.allafrica.com/stories/201107041324.html
G. Prunier, Sud-Soudan : l’indépendance et après…http://www.geopolitique-africaine.com/sud-soudan-lindependance-et-apres
Sur le pétrole de la RdCongo, le Nouvel Eldorado des gisements du Graben Albertine :
La passionnante analyse de Bernard Lugan : « Le pétrole du Lac Albert : vers un embrasement régional ? » http://agoradedroite.fr/?p=1521
Une étude exhaustive et une cartographie très précise des enjeux géologiques, énergétiques et politiques de la question pétrolière relative au Graben.
http://www.envoi.co.uk/P183Tower(Uganda)Syn.pdf
http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=14998
http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=17811
Corridor Nord http://www.cirgl.org/IMG/pdf/projet331.pdf
Mathias Ikem (Et si la partition du Soudan était une catastrophe régionale ?)
La RdCongo possède trois marchés naturels, le marché de l’ouest avec Kinshasa tourne vers l’océan Atlantique, le marché du Sud avec le Katanga donnant à la Zambie et à l’Afrique du Sud et le marché de l’Est dont les échanges commerciaux et la mobilité des personnes sont plus intenses avec l’Ouganda et le Rwanda, tourné vers l’océan Indien.
Avec le pétrole du Soudan et du lac Albert, la RdCongo pourra-t-elle résister à la balkanisation ?
http://www.lemondecommeilva.com/et-le-petrole,223
Sur les oléoducs :
http://www.vigilsd.org/articles/bf125/bf-125-12.htm
Références bibliographiques :
DOUGLAS H. JOHNSON, The Root Causes of Sudan's Civil Wars. London: International African Institute; Oxford: James Currey; Bloomington: Indiana University Press; Kampala: Fountain Publishers (paperback 12.95 [pounds sterling], ISBN 0 85255 392 7). 2003, 256 pp.
Un passionnant commentaire en introduction de cet ouvrage majeur sur le Soudan:
http://www.africa.ufl.edu/asq/v7/v7i2a29.htm
http://www.iss.co.za/Pubs/ASR/12No2/BookRev.pdf
Autre menace qui se dessine à l’horizon : l’utilisation intelligente et multiethnique (Dinka, Nuer, Azande, Bari, Shiluk-Anwak) dans le nouvel appareil politique en évitant que la tribu Dinka dominante au sein du Parti ne s’attribue tous les postes et ouvre ainsi la voie aux règlements de compte ethniques pour le contrôle du pouvoir mais aussi de la terre.
Le général Omar El Béchir, président du Soudan du Nord, dont les ressources pétrolières ont été largement amputées risque de ne pas rester les bras croisés en essayant de manipuler certains Sud-Soudanais de la nouvelle République pour créer des troubles.
27 juin 2011
L’Alliance de J-L Borloo : un non évènement. La trouille des sortants.
L’Alliance de J-L Borloo : un non évènement. La trouille des sortants.
Jean-Louis Borloo a donc lancé dimanche 26 juin 2011 une nouvelle "Alliance" fusionnant plusieurs petits partis centristes, et annoncé qu'il se prononcerait d'ici l'automne sur son éventuelle candidature. Pour les dirigeants de la majorité, une telle initiative est susceptible d'affaiblir Nicolas Sarkozy parce qu’elle poserait le risque d'une élimination du président sortant par l'extrême droite dès le premier tour.
L’analyse est erronée.
Erronée car ce n’est pas l’extrême droite qui constitue le risque d’une élimination du président sortant dès le premier tour de la consultation électorale, mais tout simplement l’immense majorité qui est apparue au lendemain des élections régionales, voici un an, et qui a parfaitement suivi et compris la marche du monde.
Comme je l'ai expliqué le 24 mars 2010 sur Agoravox, au lendemain des élections régionales, un nouveau parti politique est né : la Grande Alliance.
J’ai été le premier à parler de la Grande Alliance, de ce nouveau parti politique, identifié, et aux contours et à la composition de plus en plus précis.
Un parti, le mien, dont la spécificité tient au fait qu’il compte 21 148 548 membres face à 22 206 420 votants qui ont exprimé 21 192 866 suffrages sur 43 354 968 électeurs inscrits.
Un parti qui est effectivement celui de « l’émeute silencieuse », comme l’écrit Pierre Bourdieu, repris en cela par Henry Lauret dans le numéro de l’hebdomadaire le nouvel Economiste, daté du jeudi 18 mars 2010.
Un parti qui est celui des 21 148 548 abstentionnistes (48,78% des électeurs inscrits), nombre qui ramène à sa véritable dimension le résultat du scrutin du 21 mars 2010 : une disqualification des formations en place.
Un parti qui est d'autant plus un parti politique bien réel, conscient de son existence, qu'il a trouvé sa légitimité dans une prise de conscience qui traverse désormais nombre de pays européens dont une majeure partie des citoyens a parfaitement compris qu'au-delà de la simple indignation il y avait désormais urgence à agir et à prendre son destin en main face au désastre économique et financier qui touche toutes les composantes de la société.
Un parti qui, face la perte de légitimité des éternelles formations dites de droite et de gauche, a clairement manifesté son intention de ne pas leur donner chèque en blanc pour l’avenir, voire même aucun chèque.
Ce parti, qui a dégagé l’horizon électoral, a ouvert un immense boulevard politique à celui qui propose désormais tous ceux qui s'y reconnaissent de l’accompagner, c'est-à-dire tous ceux qui - au nombre de 21 148 548 électeurs - sans oublier les 1 013 554 bulletins blancs ou nuls - ne se retrouvent pas ou ne se retrouvent plus dans cette dichotomie politique désormais obsolète.
Tous ceux qui ont aujourd’hui la volonté de choisir un homme capable d’offrir quelque chose de résolument nouveau, de résolument moderne, en prise sur la réalité.
Tous ceux comme les quelque cent mille jeunes supplémentaires qui chaque année arriveront sur le marché du travail et ce jusqu’en 2025.
Tous ceux qui se croient encore « à l’abri » et qui découvrent en réalité leur glissement vers la masse de ces huit millions de personnes qui sont en France en situation de pauvreté monétaire et qui « n’y arrivent pas, ou n’y arrivent plus ». (Voir en ce sens : Louis Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, La République des idées / Seuil, 2006, ISBN 2.02.089244.8, 10,50 €. Voir un résumé de l’ouvrage sur : http://www.repid.com/Les-classes-moyennes-a-la-derive.html
Tous ceux qui ont réellement besoin d’une véritable hausse de leur fiche de paie quand ils en ont encore une.
Cette Grande Alliance est donc ce parti qui sera capable de transcender les aspirations de chacun dans une forme politique nouvelle, décloisonnée, inédite, en prise sur le XXI è siècle, véritable biodiversité sociale, culturelle, économique, politique, en phase avec les aspirations d’un « travailler mieux pour vivre mieux » plutôt que celles d’un autre slogan irrémédiablement failli.
Cette Grande Alliance est ce parti dont la vocation est de transcender les vieilles cultures politiques disqualifiées par la stérilité des jeux de pouvoirs et de mettre en place une nouvelle société.
Voyez comme a blogosphère étincelle de millions de commentaires qui décrivent ce monde en devenir, un monde dont les dirigeants actuels ne peuvent pas ne pas voir les transformations profondes et irréversibles. Tectonique politique, économique et sociale, des révolutions arabes aux démocraties qui naissent dans la douleur, réfléchissent à leur destinée et tentent de se recomposer en de multiples interrogations de part et d’autre de la Méditerranée, en Afrique, en Europe, en Asie, dans les Amériques, l’accélération de cette nouvelle Grande Transformation laisse derrière elle les vestiges dinosauriens d’élites totalement déconnectées des préoccupations et aspirations citoyennes et qui se cramponnent de manière pathétique à des structures obsolètes, des institutions politiques qui ont fait leur temps, s’essayant à surmonter le bruit de ces craquements qu’ils n’ont pas plus vu venir qu’ils n’en ont compris les causes. Crise systémique globale, catastrophes nucléaires, jeux politiques éreintés, personnel politique hors d’âge, autant d’ingrédients qui me conduisent à entrer en lice.
« Il faut être absolument moderne » disait Rimbaud.
L’élection présidentielle de 2012 et les législatives qui suivront constituent une extraordinaire occasion d’opérer une purge générale dans des institutions et des acteurs politiques qui ont fait leur temps, ces vieilles lunes descendantes, momies politiques qu’il convient désormais de mettre sous globe au Musée des Antiquités.
Il faut aujourd’hui en appeler à un président de haut parage, un président de combat, un président visionnaire, sûr de lui, moderne.
Ma détermination est assurée. Faites de votre vie un rêve et de votre rêve une réalité ! Investissez dans l’avenir ! Dans le neuf ! Dans le dynamisme et l’énergie ! Rejoignez-moi avec La Grande Allliance.
Renaud Bouchard et La Grande Alliance : Un Président pour 2012
15 juin 2011
Fort Calhoun (Nebraska, USA) et Fukushima (Japon), villes jumelées…
Il est temps de sortir du nucléaire et de penser à l’avenir.
«L'éducation des frissons est mal faite en ce pays. Nous ignorons les vraies règles et quand l'événement apparaît, nous sommes pris au dépourvu.»
Henri Michaux
On se réjouira de voir que les baleines seront peut-être moins chassées cette année par les navires usines japonais dès lors que quelques malheureux cétacés radioactifs viennent d’être repérés à 650 Kms de Fukushima.Bonne route…
Quittons l’univers marin et il ne sera pas non plus difficile d’imaginer que l’on puisse très prochainement découvrir que les oiseaux seront à leur tour devenus victimes de cette radioactivité. Courage, plus que quelques semaines avant de découvrir ce que la biologiste Rachel Carson n’aurait même pas pu imaginer en publiant en 1962 son célèbre Silent Spring, ce fameux Printemps silencieux, ouvrage dans lequel elle décrivait les ravages du DDT sur les oiseaux dans l’Etat du Massachusetts et imaginait leur disparition pure et simple. Bon vol…
Plus à l’Ouest, dans le Nebraska, les choses se gâtent : ne voilà-t-il pas en effet que le fleuve Missouri qui connaît sa plus grande crue depuis1952 a entrepris de quitter son lit et de menacer de noyer la centrale électronucléaire de Fort Calhoun…
En avez-vous entendu parler à la Radiodiffusionnationale ? Peut-être pas ? C’est qu’il n’y a rien de grave, voyez-vous. Tout est « under control », n’est-ce pas ? Les « Experts » sont sur place. Des digues de sacs de sable ont d’ailleurs été élevées pour protéger l’usine de l’inondation.
Hélas ! Le Destin aux doigts crochus vient se mêler de ce qui ne le regarde pas et voici que malgré les sacs de sable l’eau s’infiltre par le sous-sol, un barrage situé en amont est contraint d’alléger son réservoir en libérant quelques flots supplémentaires et un incendie causé par une panne électrique met le système de refroidissement du réacteur en péril etc…
« Nous n’avons le choix qu’entre des vérités irrespirables et des supercheries salutaires » disait Cioran.
Je crois personnellement que l’avenir est aux utopies maîtrisées.
Mayak ,Three Mile Island, Windscale/ Sellafield, Tchernobyl, Fukushima…Fort Calhoun, peut-être? Que faut-il d'autre?
Ceux qui éluderont la question pour 2012 n’ont pas vocation à parler, encore moins à concourir pour perpétuer un système industriel et politique qui se refuse à voir que l’accident nucléaire ne peut être écarté.
Alors écartons le nucléaire et ses tenants.
Sources et liens :
http://www.argusleader.com/article/20110611/NEWS/106110306/Ground-saturation-deepens-concerns
http://enenews.com/radioactive-whales-caught-650-km-from-fukushima-plant
http://www.suite101.fr/content/printemps-silencieux-livre-qui-revolutionna-lecologie-mondiale-a20120
http://seattletimes.nwsource.com/html/nationworld/2008060759_nukes19.html
http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2011/mar/14/nuclear-power-plant-accidents-list-rank
http://www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2011-03-12/the-10-worst-nuclear-disasters/
On lira avec profit les observations suivantes :
Étienne Ghys, « Accident nucléaire : une certitude statistique » — Images des Mathématiques, CNRS, 2011. En ligne, URL :http://images.math.cnrs.fr/Accident-nucleaire-une-certitude.html
08 juin 2011
I.M.F. 2011 - French Presidential Election 2012: Applications are open for Renaud Bouchard. Your Warm Support is Welcome!
I.M.F. 2011 - French Presidential Election 2012: Applications are open for Renaud Bouchard. Your Warm Support is Welcome!
Europe won't solve its problems by hijacking the IMF with obsolete political and economical leaders.
How could the EU financial, political and social leadership failure be turned into change and reformation of an obsolete capitalism and to revive a visionary leadership role and a strong wealth in the global political arena?
One should read Simon Johnson’s articles and related posts published in the New York Times Economix (The Problem with Christine Lagarde, May 26, 2011 – The French Determination to Run the I.M.F. June 2, 2011) to understand why I have decided to put forward my name and my candidacy to… head the I.M.F.
http://economix.blogs.nytimes.com/2011/05/26/the-problem-with-christine-lagarde/
http://economix.blogs.nytimes.com/2011/06/02/the-french-determination-to-run-the-i-m-f/
The Strauss-Kahn scandal is a tragedy for France, for the euro and for the image of the West in the emerging world. With the European sovereign debt crisis, this is the magnitude of the crises that the Eurozone confronts and probably the biggest immediate problem that Ms Lagarde or any other candidate would face.
But we cannot accept why all candidates should not be invited to set out and discuss with the European citizens, at the scale of the EU, their analysis of the situation, the headline policy goals as they see them, and how they would set about achieving those. There of course won't be anything as vulgar as a democratic election for this post, the actions of the incumbent of which could affect millions, but some clear statements as a benchmark for future accountability would be very welcome.
How could the EU financial, political and social leadership failure be turned into change and reformation of an obsolete capitalism and to revive a visionary leadership role and a strong wealth in the global political arena?
Giving a shove to a cankered and worm-eaten system.
Crony capitalism destroys the Middle Class and hence democratic institutions in Europe.
Putting a European in charge of the IMF at this point in history is a conflict of interest for all for all people and all countries with lagging economies. Europe won't solve its problems by hijacking the IMF.
It needs a single, elected executive to manage its affairs rather than a rotating national executive system, a single pool of debt consolidated from its member states and a single income tax to service it and pay it down.
We must view the shift in economic power as an opportunity rather than a threat. Iime marches on and when people all over the world strive for political change and new leadership, we need to change the old fashioned obsolete economic European and French prism.
We first need to change its obsolete leaders. Everywhere.
Now, with the I.M.F. Next year, in France, with the French presidential election to be held in 22 April and 6 May 2012.
We will then quickly give a new visibility to institutions whose function is largely unknown and incomprehensible to most Europeans. Europe must compete in terms of the best and not the worst.
This is why I have decided to compete.
Renaud Bouchard
International Monetary Fund, Renaud Bouchard
700 19th Street, N.W., Washington, D.C. 20431 8 bis, rue du Cerf
U.S.A 92190 Meudon
France
Tel. 33(0) 6 63 95 98 35 35 bouchardrenaud@gmail.com
IMF Executive Board
Selection Process for Next IMF Managing Director
Press Release No. 11/191 - May 20, 2011
Application for the position of Managing Director of the International Monetary Fund (IMF)
June 08, 2011
The Dean of the Executive Board of the International Monetary Fund (IMF),
Mr. Shakour Shaalan
Sir,
The Fund's Executive Board has adopted a procedure that allows the selection of the next Managing Director to take place in an open, merit-based, and transparent manner.
I would be happy if you might take into consideration my desire to be candidate for the above position.
In this respect, as I enjoy the fine rapport and reputation developed through my ability to communicate and work with people on all levels, because each development or project must take account of legal/economical/financial and political constraints, as a guarantor of the interests and challenges of the Fund’s key policy and issues, I believe my specific background as a lawyer and economist would certainly be an asset to be involved in fulfilling my responsibilities under the direction of the Executive Board.
In this respect, with higher education legal standards in business-law & international, experience of contract law, Financial Law and issues of implementation of International Economic Law, particularly with the OECD (General Principles), diplomacy oriented, I have a sound experience in dealing with contracts, negotiations and litigations and a thorough knowledge of the process and procedures of industrial, financial & corporate environment.
In accordance with the profile and the legal matters required in consultancy, contracts and economics, I have demonstrated the managerial and diplomatic skills needed to lead a global institution.
As chief of the Fund's staff and as Chairman of the Executive Board, I shall be capable of providing a new strategic vision for the work of a high quality, diverse, and dedicated staff; and shall be firmly committed to advancing the goals of the Fund by building consensus on new key policy and institutional issues, through close collaboration with the Executive Board.
With a proven understanding of the Fund and the policy challenges facing the Fund's diverse global membership, with a firm commitment to, and an appreciation of, multilateral cooperation, I shall have a demonstrated capacity to be objective and impartial to manage the Fund through the financial global turmoil and its geopolitical implications.
In this respect, taking into account the above candidate profile without geographical preferences, as H.E. Mr. M.K. Bhadrakumar (former career diplomat in the Indian Foreign Service) said, the heart of the matter is that despite the universal homilies that the world order needs to be democratized, when the crunch time came, the western countries rapidly closed ranks and staked their claim in unseemly hurry to keep the I.M.F job as their exclusive preserve.
It is, literally, the West versus the Rest. The US traditionally headed the World Bank and Europe the I.M.F. The West simply can't contemplate any other way the world financial system can be run.
Observing the commitment made in 2007 at the time of selection of Mr. Strauss-Kahn by the Euro group that "the next managing director will certainly not be a European”, I consider the crudity of the western attempt to hustle the election to the IMF post by June 10 and to draw up the schedule of election almost unilaterally in a weekend meeting without even giving time for all executive directors to assemble in Washington indeed came as a rude shock for the "non-Western" countries, BRICSAM (SA for South Africa and M for Mexico) countries in particular.
As you know, India’s executive director in the I.M.F., Mr. Arvind Virmani stated a few days ago: “Unless the voting shares which various countries hold in the IMF are changed to reflect new economic realities, it is going to be extremely difficult for any non-European candidate to win the election."
And yet, considering though I am a French citizen, I was born in Africa (Tunisia), I grew up in Eastern Africa, lived, worked and spent many years in Asia, Middle-East, travelled in Central and South America, I am convinced this is easily surmountable as long as we have the perspective needed to solve the only real issues that matter. Even if China is not even cautiously optimistic about a candidate from the emerging economies making it to the top job in the I.M.F at this juncture, I believe it may not take a few years before the BRICSAM are able to bring substantial changes to the ingrained financial order... Therefore, it is not still early to stress the status of the BRICSAM members in the I.M.F. If there is some justification to hold back endorsement of the European candidate, there are lots of dissonant voices even in the western opinion calling into question Ms Lagarde's candidature.
Some very pertinent questions have been raised about the implications of Ms Lagarde heading the I.M.F. As Mr Simon Johnson – the former chief economist at the I.M.F. wrote it on May 26, 2011 in the New York Times, arousing many commentaries and reactions that I share - if Ms. Lagarde becomes head of the I.M.F., she is most likely to continue to throw loans at the euro zone problems. If there are preventive programs even for Spain, Italy or Belgium, the I.M.F. will need to tap its shareholders for at least another $1 trillion in credit lines. Ms. Lagarde personifies the strategy of gambling for euro zone resurrection with other people’s money. Why would taxpayers in the United States, in Europe and elsewhere want to support her?
In this crude light, it is obvious the situation would require a sharp analysis to meet the I.M.F. expectations.
Those like Ms. Lagarde are nothing more than global adulators that operate a global shadow government though opaque organizations like World Bank, EU, G-8, G-20, Davos, and most offensive, the Federal Reserve Bank of the U.S.
There is nothing to support the notion that these people and the unaccountable enterprises, through which they manipulate the world, have brought any stability to our lives – your life - or dark financial futures.
In fact the opposite is true.
While Ms. Lagarde could be a candidate for Managing Director, other candidates should also be seriously considered and many questions be answered.
Why hasn't anyone proposed candidates such as Prof. Jacques Sapir or Michel Aglietta, or Mr. Paul Jorion or Mr. Pierre Sarton du Jonchay, academics with distinguished record in economic policymaking at senior levels and outstanding professional background?
On the other way, why the selection process should not be publicized in advance and available for monitoring by the general public? Why the media should not provide the public with background on the members of the I.M.F Board?
Why the media should not also carry stories on candidates "other than" Ms. Lagarde? Numerous stories about Ms. Lagarde have been carried over the past week, describing her as the… "Favorite". How, and on what grounds? Who made that decision? How can the I.M.F have so many ethical problems with Directors and the identities of Board members remain undisclosed?
What surprises me is that few people notice that the head of the I.M.F. is a technocratic economic position. Knowledge of economics should be a prerequisite for consideration. As a lawyer, not an economist, Ms Lagarde arguably has none. (Her experience with finance is irrelevant.) Putting her in charge of the I.M.F is akin to putting an economist on the Supreme Court.
In contrast Mexico has put forth the candidacy of Mr. Agustin Carstens who is in head of the Mexican Central Bank and holds a PhD in economics from the University of Chicago. He is amply suited for the position but has received lukewarm support.
Of course this seems to be a trend in European politics. Nonetheless, beyond this lack of qualification to a global institution, the criticism of another European in the I.M.F. seems somewhat justifiable. In many of the previous I.M.F. interventions, the Fund required the countries that are in dire straits to devalue their currency to balance the economy. The risk here is that the next I.M.F Managing Director will say what is in the supposed best interest of Germany and France (stay in the Euro, sustain a current account deficit, implement austerity and the like) even if that is not compatible with the other Eurozone countries recovering economically. Therefore, one has to question an I.M.F head who has ties to the ECB, European Banks, or the countries who have already pledged support the other lagging Euro economies as the Managing Director might make bad loans to support their conflicts of interest.
Unfortunately these international institutions (I.M.F., World Bank) tend to follow an ideology to protect the vested interests of the West and now that the EURO zone has a crisis perpetuated by the lack of international financial regulations and the lack of any kind of tax on highly risky international financial transactions, it finds itself in a quagmire where a power position on the board of the I.M.F will only temporarily prevent another global financial crisis (not only lagging Euro economies). Ms Lagarde, or any other contender, won't make much of a difference as long as there is no serious consideration to stop investment banks from placing bets on vulnerable governments and then are protected by those same vested interests without any regard to the people.
Mr. Strauss-Kahn had at least the vision and expertise to influence the international community to clean up its political corruption and to negotiate more humane contracts to deal with the lack of funds. Now, human capital is up for sale and high unemployment is here to stay.
If there's no reason why the I.M.F. head should be from Europe or from BRICSAM, if the state of things now requires impartiality, why not choose someone intellectually from outside these areas?
I, for example.
Sound banking and crony capitalism should be out of sight.
I would be very happy if you might consider my application, hoping that if my qualifications and experience match the requirements for this vacant post we will be in touch in due course.
Looking forward to meet the Executive Board Members, I may be reached at the following phone number (mobile) to set up an appointment for an interview to explore my background further.
I appreciate your consideration and your confidentiality.
Yours truly,
Renaud Bouchard




