Allo! DME! Dix millions d'électeurs! Renaud Bouchard 2012

Élection présidentielle en France - 2012

25 juin 2009

Rififi à Karachi. FrancistanGate, immersion périscopique ou business as usual ?


"Chacun est tenu d’apporter son concours à la justice en vue de la manifestation de la vérité." (Code civ.,art.10,al.1).

 

Où l’on voit que la liberté de la  Presse et la démocratie numérique peuvent et doivent déborder les frontières. Où l’on voit encore que l’intégrité et le courage des juges d’instruction peuvent donner corps à cette belle citation de Claudel  : " Le jour entier ne fut pas de trop pour débrouiller l’itinéraire de la vérité."

 


Au moment où l’on vient d’assister à un Discours du Trône proprement surprenant, à quand une véritable enquête parlementaire avec questions précises invitant le Chef de l’Etat à éclairer la Nation afin de lever toutes incertitudes sur des évènements qui ont eu pour résultat de précipiter des familles dans le deuil ?

Puisque chacun sait que "le secret d’Etat n’existe plus", à quand un entretien télévisé à l’occasion duquel des questions précises seraient posées, des réponses précises apportées, des conclusions tirées ?

Une vidéo très intéressante :
http://www.dailymotion.com/mychannel/jackyshow38/video/x9ofjk_karachi-millon-et-retrocommissions_news


Ne pourrait-on pas, par exemple, nourrir en France le débat avec d’autres interrogations comme celles-ci, publiées le 26 avril 2006 dans le Daily Times, quotidien pakistanais qui n’a pas hésité à illustrer dans l’article qui suit la devise dont il se réclame : "Your right to know. A new voice for a new Pakistan ?"

 

" Indian court demands answers on submarine kickback charge."

 

NEW DELHI : An Indian court on Friday demanded answers from the government over allegations that a French defence firm paid bribes to secure a deal to sell six Scorpion submarines to the Indian Navy.

Delhi High Court chief judge Vijender Jain gave the Central Bureau of Investigations (CBI) three weeks to answer the charges levelled by a private anti-corruption watchdog.

India and France signed the deal for the purchase of the submarines in October.

The watchdog, the Centre for Public Interest Litigation (CPIL), said middlemen were involved in clinching the 2.4 billion-euro deal despite a ban on military brokers in India.


“Although the government had prior information about the shady deal and involvement of middlemen as pointed out by the Central Vigilance Commission and the defence ministry, the contract was finalised for obvious reasons,” CPIL said. The watchdog also claimed that the government ordered CBI federal investigators to probe reports of theft by defence personnel of classified military documents, in order to divert attention from the submarine deal.

“The government, instead of acting against middlemen, chose to initiate a CBI inquiry against certain defence personnel on the pretext of leaking war room secrets,” the Centre claimed in its petition to the court.

India’s defence minister last month denied bribery allegations after the right-wing opposition charged that 100 million dollars was paid to Indian intermediaries.

Indian government officials signed the Scorpion contract and officials from Aramis, which is 50 percent, owned by French state shipbuilder Direction des Constructions Navales (DCN), and defence and engineering giant Thales. A former Thales executive had accused the firm of organising a centralised slush fund to bribe and corrupt officials to win contracts, in an interview with the French daily Le Monde in September last year.

The company issued a denial of the story stressing the executive had been sacked for his involvement in “irregularities”.

The Scorpion allegations surfaced a few months after New Delhi threw out a multi-million-dollar artillery deal with South Africa’s Denel over charges the armament firm used brokers to bribe Indians to secure the contract. AFP

 

Saturday, April 29, 2006

Note : Il semblerait que le ou les auteurs de l'article aient confondu le nom Scorpion avec celui de Scorpène.

Ceci n'enlève toutefois rien au corps de l'article.

Sources :

 

http://www.dailytimes.com.pk/default.asp?page=2006%5C04%5C29%5Cstory_29-4-2006_pg4_15

 

http://dinersroom.free.fr/index.php?2009/01/06/1029-suppression-du-juge-d-instruction-evolution-ou-regression

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04 mai 2009

Les nerfs solides. Paroles à vif de la France moyenne qui refuse la banalisation et l'effondrement.

"Deux ans après l'élection, la gauche à la traîne. Comment le battre? Seule une opposition unie et élargie pourra contrecarrer les ambitions de Nicolas Sarkozy qui prépare déjà activement la présidentielle de 2012" titre le quotidien Libération dans sa livraison du Lundi 4 mai 2009 , première édition N° 8705.

"Que peuvent faire les gouvernements contre le chômage? Dans l'urgence les Etats renforcent les dispositifs existants. Les politiques de l'emploi traditionnelles ne sont pas aptes à affronter une crise longue" titre là son tour le quotidien Le Monde dans son supplément économique en date du Mardi 5 mai 2009.

"Affaire de style", comme l'écrit avec justesse Eric Fottorino dans son Editorial de ce même "Monde", pour répondre à la question de savoir " d'où vient alors qu'après deux ans de mandat , celui dont le slogan aurait pu être "Yes, I can", voie se lézarder la confiance qu'une majorité de Français avait placée en lui?" Se demandant si "ce volontarisme qui fit sa force du début n'est-il pas devenu sa faiblesse du moment?"

Faiblesse intrinsèque, serait-on plutôt tenté de dire; mais surtout faiblesse congénitale, erreur de casting et de méthode qui seront la cause de l'échec inéluctable et déjà patent du sarkozysme, non pas tant à cause de la politique de réformes en tant que telle mais à cause du personnage lui-même.

La réponse est en effet très simple, qui tient au fait que "moins que l'inspiration réformatrice, c'est (effectivement) l'exécution qui pêche chez Nicolas Sarkozy. Une affaire de style, poursuit Fottorino, qui finit par irriter après avoir soulevé curiosité et espoir", puisqu'il ne "suffisait pas de vouloir s'affranchir des codes en usage dans la République, de jeter aux orties l'héritage de ses prédécesseurs, à commencer par celui de Jacques Chirac, ou encore d'ouvrir avec frénésie mille chantiers, au risque de n'en achever correctement aucun."

"Encore fallait-il créer, ajoute Fottorino, une pratique nouvelle en phase avec notre société, faite d'un dosage subtil d'individualisme et d'élan commun, de "moi d'abord" et de "tous ensemble".

Cela, le chef de l'Etat ne l'a pas compris.

Le constat est sans appel, comme le montre Marcel Gauchet, directeur de recherches à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS),dans son entretien donné au quotidien Libération le 28 avril 2009 à propos du bilan politique qu'il dresse des deux premières années de Nicolas Sarkozy.

"Le sarkozysme, explique Marcel Gauchet, est difficile à analyser, car il est caméléonesque. Il manie la contradiction sans complexe. En jouant sur tous les tableaux, il se rend insaisissable, ce qui explique que les protestations de la gauche le laissent indemne. Néanmoins, si on doit faire un bilan, on peut dire que le sarkozysme a probablement épuisé son capital initial et que s’il continue de faire illusion, c’est paradoxalement grâce à la crise, qui le prend à contre-pied, mais justifie, pour quelque temps encore, son activisme. L’essence du sarkozysme, c’est, sous le titre de la «réforme», l’idée que le moment est venu de banaliser la France, en économie, en diplomatie, dans l’éducation…"

Banaliser la France? L'erreur du chef de l'Etat aura été de le faire, "d'user d'une démocratie du privé qui aura perturbé le collectif", comme l'écrit Marcel Gauchet, de ne pas tenir compte de la réalité d'une nation prête à beaucoup de choses, certes, capable de céder aux sirènes du moment, mais certainement pas  jusqu'au point d'accepter de disparaître en passant par pertes et profit dans la banalisation générale du pays, au laminoir d'une crise économique qui remet en cause des paradigmes obsolètes.

Cette France, c'est celle des classes moyennes qui la composent.

Tous ces gens qui "forment le coeur de la société française, ceux sans qui rien n’est possible, ceux sur qui la nation compte pour produire et consommer, ceux dont le vote fait la différence. Ceux aussi qui supportent, dans tous les sens du terme, notre modèle social.

"Ce sont les classes moyennes.

"Ces Français qui sont scrutés à longueur de sondages parce que leurs avis sont déterminants dans la formation de l’opinion mais que finalement on connaît peu. Que ressentent-ils vraiment ? Comment vivent-ils avec un pouvoir d’achat en berne ? Se sentent-ils dans une société bloquée ou craignent-ils les réformes que l’on nous annonce ? Est-ce qu’ils paniquent devant la crise qui arrive ou gardent-ils pour l’instant la tête froide ?"

Dans Les nerfs solides - Paroles à vif de la France moyenne, qu'ils viennent de publier aux Nouveaux débats publics, Xavier Charpentier et Véronique Langlois disent ce qu'est la réalité de la crise au quotidien pour le coeur de la société française, ceux sans qui rien n'est possible, sur qui la nation compte effectivement pour produire et consommer, ceux qui supportent (dans tous les sens du terme ) notre modèle politique, économique et social, ceux dont le vote fait - ou devrait -faire la différence ...Tous ceux qui finiront par sortir des options et choix politiques dans lesquels ils se sont fourvoyés par crédulité ou habitude, victimes d'avoir cru pour beaucoup à l'efficacité d'un illusionniste, thuriféraire et bientôt fantôme d'un passé révolu.

Tous ceux qui sont en train de comprendre qu'il peut y avoir émergence d'une figure politique nouvelle, autre que la galerie des portraits qui nourrissent l'actualité et s'évertuent en prétentions diverses à occuper le terrain jusqu'à l'échéance de 2012.

Ouvrage particulièrement intéressant qui montre la justesse et la finesse de la perception des Français qui composent les classes dites moyennes.

L'étude  remarquable de nos concitoyens par le biais de leurs analyses et perceptions d'une réalité qui est celle de la société française actuelle montre que si les classes moyennes ont effectivement "les nerfs" face aux difficultés qu'elles s'efforcent de surmonter, elles ont aussi les nerfs solides et demeurent une extraordinaire chance pour la France et tous ceux qui, comme moi, veulent la mener dans des eaux libres.

Cette France, cette "France d'en-bas", ce sont les quelques 20 millions de Français - soit un bon tiers de la population totale - qu'évoque avec pertinence Louis Chauvel dans son ouvrage intitulé Les Classes moyennes à la dérive (Seuil, 2006).

Cette France, c'est en réalité celle des oeuvres vives d'une nation prête à tout, mais certainement pas à continuer à laisser le navire aux mains d'un commandement composé d'acteurs inaudibles dont l'unique objectif est le dur désir de durer politiquement en menant à son terme un quinquennat dont tout montre qu'il est déjà terminé.


Bibliographie:

Les nerfs solides
Langlois Véronique Charpentier Xavier

Éditeur Nouveaux débats publics

ISBN 2953328513
EAN 9782953328516
Dewey 302.2
Date de parution 10 février 2009
Nombre de pages 176

Les classes moyennes à la dérive
Louis Chauvel

Paris, Seuil, octobre 2006, 108 p.

Pour une analyse plus précise de la notion de classes moyennes, on consultera avec intérêt les notes de Julien Winock à propos de l'ouvrage de Louis Chauvel dans Julien Winock http://www.strategie.gouv.fr/revue/article.php3?id_article=249

    

 
 


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23 avril 2009

Crise financière : prémonition ou déjà vu ?

   

Charles-Alexandre de Calonne  (1734-1802)

« L’argent manquait, parce qu’il ne circulait pas : il a fallu en répandre pour l’attirer, en faire venir du dehors pour faire sortir celui que la crainte tenait caché au dedans, se donner l’extérieur de l’abondance pour ne pas laisser apercevoir l’étendue des besoins. L’essentiel était alors de ramener la confiance égarée. »


"Calonne disparut de la scène politique, et vécut à Londres tranquille et principalement occupé des beaux-arts, qu’il avait toujours cultivés avec goût. Il quitta l’Angleterre au mois de septembre 1802, et vint à Paris, où il mourut le 29 octobre suivant.

Telle fut la carrière brillante et désastreuse d’un ministre plus imprudent que mal intentionné, qui donna le premier mouvement à la révolution de son pays.

Il excita une tempête qu’il ne fut pas en son pouvoir de calmer.

Il composa son assemblée de notables d’éléments discordants qu’il ne sut contenir.

Il possédait à un très haut degré les qualités d’un grand administrateur : il avait une connaissance exacte de tous les détails ; il saisissait l’ensemble avec une précision admirable ; il se montra même capable de concevoir un plan vaste ; mais si la sagesse qui mûrit les pensées, si la prévoyance qui devine les obstacles, si l’esprit d’ordre et de suite qui prépare le succès de l’exécution sont les parties constitutives d’un homme d’État, Calonne ne saurait prétendre à ce titre.

Il n’avait pas étudié les hommes ; il compta trop légèrement sur des promesses et sur des protections inconstantes, et la vanité l’aveugla sur le bord du précipice. Il mit d’ailleurs trop peu de dignité dans sa conduite personnelle et de sévérité dans ses mœurs. La vie trop dissipée d’un homme en place semble autoriser des soupçons d’improbité ; ils s’attachent surtout au ministre dépositaire des deniers publics."


Sources:

Citation tirée de Charles-Alexandre de Calonne, in Françoise Bayard, Joël Félix, Philippe Hamon, Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances, Paris, Imprimerie nationale, 2000 ISBN 2-11-0900091-1

Extrait tiré de Biographie Universelle Ancienne et Moderne Tome VI - Michaud, Paris, 1842

 

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07 avril 2009

G20, en attendant les barbares...

Voici deux analyses passionnantes.

Sombres précurseurs? OUI.

Lanceurs d'alerte? OUI.

Analyses et prospectives? OUI.

Futuribles? Peut-être...

Un nouveau monde se dessine, mais certainement pas celui imaginé lors de la dernière réunion du G 20.

Il est évident que quels que puissent être les plans de relance budgétaire ou monétaire, le redémarrage de l'économie ne pourra se faire qu'au prix d'une remise sur pied fondamentale du système financier mondial.

Le G20 aura soigneusement contourné les sujets brûlants : l'assainissement des systèmes financiers, la relance fiscale et la réforme de la gouvernance mondiale.

Faute de prendre le réel par la main tant qu'il est encore temps, il finit toujours par vous sauter à la gorge.


01



The Aftermath of Financial Crises

Carmen Reinhart (Obfuscate( 'umd.edu', 'creinhar' )creinhar@umd.edu) and Kenneth S Rogoff

No 14656, NBER Working Papers from National Bureau of Economic Research, Inc

Abstract: This paper examines the depth and duration of the slump that invariably follows severe financial crises, which tend to be protracted affairs. We find that asset market collapses are deep and prolonged. On a peak-to-trough basis, real housing price declines average 35 percent stretched out over six years, while equity price collapses average 55 percent over a downturn of about three and a half years. Not surprisingly, banking crises are associated with profound declines in output and employment. The unemployment rate rises an average of 7 percentage points over the down phase of the cycle, which lasts on average over four years. Output falls an average of over 9 percent, although the duration of the downturn is considerably shorter than for unemployment. The real value of government debt tends to explode, rising an average of 86 percent in the major post-World War II episodes. The main cause of debt explosions is usually not the widely cited costs of bailing out and recapitalizing the banking system. The collapse in tax revenues in the wake of deep and prolonged economic contractions is a critical factor in explaining the large budget deficits and increases in debt that follow the crisis. Our estimates of the rise in government debt are likely to be conservative, as these do not include increases in government guarantees, which also expand briskly during these episodes.

JEL-codes: E32 E44 F3 N20  (search for similar items in EconPapers)
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Date:  Written 2009-01
Note: IFM
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02

A Tale of Two Depressions

 

   
 

Barry Eichengreen   Kevin H. O’Rourke
  6 April 2009

 

http://www.voxeu.org/index.php?q=node/3421

 

 

 
 

 

 

 

US Often cited comparisons – which look only at the US – find that today’s crisis is milder than the Great Depression. In this column, two leading economic historians show that the world economy is now plummeting in a Great-Depression-like manner; indeed, world industrial production, trade and stock markets are diving faster now than during 1929-30. Fortunately, the policy response to date is much better.

 

 The parallels between the Great Depression of the 1930s and our current Great Recession have been widely remarked upon. Paul Krugman has compared the fall in US industrial production from its mid-1929 and late-2007 peaks, showing that it has been milder this time. On this basis he refers to the current situation, with characteristic black humour, as only “half a Great Depression.” The “Four Bad Bears” graph comparing the Dow in 1929-30 and S&P 500 in 2008-9 has similarly had wide circulation (Short 2009). It shows the US stock market since late 2007 falling just about as fast as in 1929-30.

 

 

Comparing the Great Depression to now for the world, not just the US

 

This and most other commentary contrasting the two episodes compares America then and now. This, however, is a misleading picture. The Great Depression was a global phenomenon. Even if it originated, in some sense, in the US, it was transmitted internationally by trade flows, capital flows and commodity prices. That said, different countries were affected differently. The US is not representative of their experiences.

 

 

Our Great Recession is every bit as global, earlier hopes for decoupling in Asia and Europe notwithstanding. Increasingly there is awareness that events have taken an even uglier turn outside the US, with even larger falls in manufacturing production, exports and equity prices.

In fact, when we look globally, as in Figure 1, the decline in industrial production in the last nine months has been at least as severe as in the nine months following the 1929 peak. (All graphs in this column track behaviour after the peaks in world industrial production, which occurred in June 1929 and April 2008.)  Here, then, is a first illustration of how the global picture provides a very different and, indeed, more disturbing perspective than the US case considered by Krugman, which as noted earlier shows a smaller decline in manufacturing production now than then.


 

 

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20 janvier 2009

Retournement de veste

"Au moment où vous prenez vos fonctions, je souhaite vous adresser, en mon nom personnel et au nom du peuple français, mes voeux de plein succès dans votre mission à la tête de la nation américaine", a donc écrit M. Sarkozy dans un message rendu public quelques minutes après la prestation de serment du 44e président américain.

"Je tiens aussi à vous assurer que la France est résolue à travailler main dans la main avec l'Amérique, son amie et son alliée, afin que nous puissions relever ensemble les immenses défis auxquels notre monde est aujourd'hui confronté."

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31 décembre 2008

Meilleurs Voeux 2009!

200912


Meilleurs Voeux pour cette nouvelle Année 2009!

Puisse-t-elle vous apporter santé, confiance et bien-être dans une Europe puissante, prospère, tranquille et sûre d'elle dans un monde difficile, certes, mais passionnant et riche des espoirs et promesses à venir.

Plus que jamais, notre futur nous appartient.



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15 décembre 2008

Le hold-up total : du « moment Minsky » au « Moment Madoff », ou la fortune intacte des pyramides de Ponzi.

Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par l’« éthique »?, écrivait Frédéric Lordon, économiste (Raisons d’agir, 2003).

Les escroqueries sont éternelles, témoin le dernier désastre financier de Bernard L. Madoff Investment Securities LLC et de son dirigeant, Bernard L. Madoff, la « légende de Wall Street », le pontife du marché électronique Nasdaq dont il fut PDG…,  auteur présumé de malversations ayant révélé une fraude chiffrée semble-t-il à 50 milliards de dollars, arrêté, mais libéré après versement d’une caution de 10 millions de dollars (le 5000ème du montant évanoui). On respire…Un record français vient de tomber. Mais de manière beaucoup plus intéressante, ce que l’on appellera désormais « l’Affaire Madoff » pose des questions passionnantes sur l’histoire économique d’une planète financière qui n’a toujours rien vu, toujours rien compris, et pour laquelle il est évident que la crise actuelle n’est qu’un incident de parcours après lequel tout repartira comme avant. Alors, stop ou encore ? Conservons une Rock’n’Roll attitude.

Quelques balises sont pourtant nécessaires :

Ce que l’on peut appeler la « finance Ponzi » ou les « Chaînes de Ponzi » n’est jamais plus qu’une opération de « cavalerie » classique, laquelle se résume à offrir des retours sur investissements en utilisant des fonds frais apportés par de nouveaux clients souscripteurs, construisant ainsi de manière imagée et beaucoup plus exacte une pyramide qui finit mathématiquement par s’effondrer. Dans l’affaire qui nous préoccupe et qui n’est pas loin de fusiller l’ensemble des places financières encore valides, on propose de considérer deux paramètres, deux pistes de réflexion :

-Un paramètre économique, ce fameux « moment Minsky », du nom de l’économiste américain qui a défini ce point où les investisseurs surendettés sont contraints de vendre en masse leurs actifs pour faire face à leur besoin de liquidité, déclenchant une spirale de baisse auto-entretenue du prix de ces actifs et par voie de conséquence un assèchement de la liquidité. Nous y sommes. C’est en effet Hyman Minsky qui proposa en 1977, « avant le tumulte de la globalisation, un triptyque explicatif des bulles spéculatives, montrant comment la hedge finance – composée d’acheteurs « prudents » – s’empare la première de l’innovation financière, fixant un stade où l’investissement et les intérêts sont (normalement) couverts, puis cède la place à la speculative finance – composée de spéculateurs – laquelle détermine un deuxième stade où seuls les intérêts peuvent être payés puisque les flux sont insuffisants pour rembourser le principal, « jusqu’à ce que la finance Ponzi – fraudeurs en pyramide – sonne le glas puisque  les cash flows, inférieurs aux intérêts et au principal, imposent un refinancement impossible par la dette. » (Marcaragon, op. cit).

 -Un paramètre social, lequel découle directement du précédent, et qui pose l’interrogation majeure du devenir et du bien-être financier de la société française toute entière, toutes générations comprises, à un horizon qui se rapproche dangereusement et qui voit se dessiner, entre autres, le spectre de l’impossible financement du système des retraites et pensions par répartition dans lequel les anciens cotisants, devenus papy boomers, sont censés être financés par les nouveaux, lesquels, invités à travailler plus pour gagner plus, aimeraient tout simplement commencer par entrer sur le marché du travail et y être décemment payés.

Le débat est donc ouvert, ainsi que toutes les contributions utiles, sachant que la croissance financière se développe sur des promesses de rendement élevé sur des produits hyper risqués, aux modélisations informatico-mathématiques de plus en plus sophistiquées et totalement incontrôlables tant les ramifications entre les contrats d’assurance et les produits de titrisation d’actifs endettés se sont complexifiées à une hauteur inintelligible.

« Fondamentalement, la fraude était déjà dans l’oeuf néo-libéral », comme l’écrit très justement le commentateur d’un article du quotidien Libération (voir source ci-après) dont je cite le propos. D’aucuns parlent de bulles, mais la seule chose bien réelle dans ce monde fantastique qu’est la spéculation, c’est le ratio salaires/profits dans les PIB mondiaux : les salaires baissent et les profits du monde entier ont augmenté jusqu’à l’in(dé)chiffrable. Comment réagiront les masses plus ou moins dociles lorsqu’elles n’en pourront plus , ce qui est déjà le cas ? Que dire aux ménages surendettés, aux familles en difficulté, aux jeunes qui se retrouvent au chômage et sans perspective d’avenir ou d’espoir, ou encore à ceux dont le compte bancaire (quand ils en ont encore un) passe dans le rouge ? Comment vont réagir ces "classes moyennes" qui sentent de moins en moins confusément qu’elles vont littéralement morfler à brève échéance ?Voilà des questions qui doivent (devraient ?) agiter en ce moment les personnels politiques du monde entier., de l’Europe en général et de la France en particulier. En effet, il est plus difficile de produire des modélisations mathématiques sur la croissance des conflits à venir que sur des profits gagés sur l’endettement exponentiel des uns et des autres.

"Je pense, disait Thomas Jefferson, fin observateur du capitalisme naissant de la jeune République américaine,  que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis."

                                                                  Thomas Jefferson, 1802

Bonnes feuilles, bibliographie et sources :

Frédéric Lordon. Le Monde Diplomatique, septembre 2007 - « Quand la finance prend le monde en otage » - http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15074

Sur      les pyramides de Ponzi, voir :

http://www.paperblog.fr/519706/les-pyramides-de-ponzi/ , un excellent article publié le 17 février 2008 par Marcaragon

Sur Hyman P. Minsky, 1919-1996, voir le      compendium de son œuvre sous :

http://cepa.newschool.edu/het/profiles/minsky.htm

Voir aussi :

J

ohn Cassidy, « The Minsky Moment » [archive], The New Yorker

Justin Lanhart, « In Times of Tumult, Obscure Economist Gain Currency » [archive], The Wall Street Journal, 18 août 2007

Gilles Dostaler, 2007, Hyman Minsky et le capitalisme rongé par l’instabilité financière, Alternatives économiques, n°258 mai 2007

Citation http://www.liberation.fr/economie/0102305313-reaction-sur-apres-l-escroquerie-de-bernard-madoff-la-planete

Sur les Etats-Unis, l’excellent site :

http://etudes.americaines.free.fr/TRANSATLANTICA/2/intro_jr.html

 

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10 décembre 2008

Foi en l'Homme.

La France s’est honorée en créant un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme. L’idée, féconde, fragile mais perfectible, est là. Le pas a été franchi, que d’autres pays auraient été incapables de faire.

 

   

Au moment du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, les propos  tenus par M.Bernard Kouchner dans le quotidien Le Parisien du mercredi 10 décembre 2008 ont beaucoup surpris. Le ministre des Affaires étrangères, chef de la diplomatie, a en effet jugé que son idée de créer un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme était une « erreur », estimant qu’il existait une : « contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France ».

 

« Cette contradiction peut être féconde mais fallait-il lui donner un caractère gouvernemental en créant ce secrétariat d’Etat ? Je ne le crois plus et c’est une erreur de ma part de l’avoir proposé » à Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté. « On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’Homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme ».

Vous vous trompez, Monsieur le Ministre : c’est précisément parce qu’il existe une contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère des Etats, quels qu’ils soient, que ces droits doivent être en permanence réaffirmés et posés comme des normes universelles face à tous ceux qui, au nom d’intérêts particuliers, refusent d’admettre ce qui les gêne :  

la Charte des Nations Unies ( 26 juin 1945) , et la  Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948), deux textes magnifiques en faveur d’un consensus indiscutable sur la valeur suprême de la personne humaine.

En créant un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme, vous avez mis en avant la  Chartep ar laquelle les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’Homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, en se déclarant résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

De la protection des libertés publiques à l’échelle nationale, du fichage des citoyens considérés comme « ennemi intérieur », des violences policières aux brutalités et aux comportements avilissants dont une récente actualité vient encore de donner des exemples flagrants à la destruction de leurs pays par des dictateurs sanglants auxquels ont ne peut que souhaiter de rendre compte de leurs agissements, voire de la promotion d’une sauvagerie politique, économique et sociale au nom d’une course éperdue aux profits, il existe un fil conducteur, toujours le même,  qui est précisément cette contradiction apparente que seule l’affirmation constante d’une universalité du respect de la vie humaine peut permettre de surmonter.

De la Cour  Pénale Internationale  aux dispositions du Chapitre VII de la  Charte des Nations Unies , l’idée est la même : l’universalité des droits de l’Homme.

De Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, à Rony Brauman, en passant par Amartyan Sen et Mario Bettati, l’idée est la même, malgré les hésitations ou les erreurs : une foi absolue en l’Homme.

« Dans ce monde qui va en se rétrécissant, a écrit Georges Séféris, chacun de nous a besoin de tous les autres. Nous devons chercher l’Homme, partout où il se trouve. Quand, sur le chemin de Thèbes, Oedipe rencontra le Sphinx qui lui posa son énigme sa réponse fut : l’Homme. Ce simple mot détruisit le monstre. Nous avons beaucoup de monstres à détruire. Pensons à la réponse d’Oedipe. »

 

Discours de Giorgos Seferis au Banquet du Prix Nobel, prononcé en français © Fondation Nobel 1963

 

Sources :

http://www.leparisien.fr/politique/droits-de-l-homme-l-interview-choc-de-kouchner-10-12-2008-337334.php

http://www.senat.fr/rap/r98-313/r98-313.html

http://www.un.org/french/aboutun/charte/chap7.htm

http://www.respublicanova.fr/spip.php ?article349

 

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Droits de l'homme et politique étrangère, un faux problème.

   

De la Charte des Nations Unies ( 26 juin 1945) , à la Déclaration universelle des droits de l'homme (10 décembre 1948), deux textes magnifiques en faveur d'un consensus indiscutable sur la valeur suprême de la personne humaine.

L'universalisme doit-il être tempéré par le relativisme dès lors qu'il s'agit des droits de l'homme? Certainement pas.

"Nous, peuples des Nations Unies,

résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,
à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, et, à ces fins,
à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage,
à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu'il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l'intérêt commun,
à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,

avons décidé d'associer nos efforts pour réaliser ces desseins.

En conséquence, nos gouvernements respectifs, par l'intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations Unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom de Nations Unies."

Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris ...

    

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Préambule

   

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

   

        Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

   

      Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

   

      Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de  relations amicales entre nations.
      Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

   

      Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

   

      Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est  de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

   

      L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des  droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

    

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Article premier

   

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

   

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Article 2

   

1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

    

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Article 3

   

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

    

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Article 4

   

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des  esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

    

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Article 5

   

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels,  inhumains ou dégradants.

    

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Article 6

   

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité  juridique.

   

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Article 7

   

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

    

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Article 8

   

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

    

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Article 9

   

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

   

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Article 10

   

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

   

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Article 11

   

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

    

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Article 12

   

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

    

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Article 13

   

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa  résidence à l'intérieur d'un Etat.
      2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de  revenir dans son pays.

    

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Article 14

   

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de  bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

    

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Article 15

   

1. Tout individu a droit à une nationalité.
      2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de  changer de nationalité.

   

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Article 16

   

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
      2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des  futurs époux.
      3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit  à la protection de la société et de l'Etat.

    

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Article 17

   

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la  propriété.
      2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

   

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Article 18

   

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

    

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Article 19

   

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

    

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Article 20

   

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association  pacifiques.
      2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

    

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Article 21

   

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
      2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux  fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

    

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Article 22

   

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

    

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Article 23

   

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
      2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un  travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

    

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Article 24

   

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

    

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Article 25

   

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

    

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Article 26

   

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
      3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à  donner à leurs enfants.

    

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Article 27

   

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

   

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Article 28

   

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

    

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Article 29

   

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

    

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Article 30

   

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

   

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    Source : Section du site Internet de l'ONU, Département de l'information  © ONU 2008

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08 décembre 2008

"Un ectoplasme de mouvement politique" : UMP, la première maille qui se défait...

Publiée ce jour (source) par le site d'information générale Rue 89, la lettre de Monsieur Daniel Guarrigue, Député de la Dordogne,  homme de bien, véritable parlementaire, conscient de ses obligations tant morales que politiques inhérentes à l'exercice de son mandat et qui ne supporte plus le dévoiement de l'UMP.

Démocratie parlementaire, questions nationales, européennes, retour dans l'OTAN, absence de débat national, tout est dit!

Bravo pour votre courage, Monsieur le Député!

"Bergerac, le 08/12/2008

 

Monsieur le secrétaire général,

 

J’ai appartenu depuis 1974 à l’UDR et depuis 1976 au RPR. Contrairement à ce que l’on entend dire parfois, ces formations politiques n’étaient pas des partis de "godillots", mais des mouvements où il y avait un débat permanent et où l’on appréciait particulièrement les hommes et les femmes qui avaient suffisamment de caractère pour demander des remises en question ou pour exprimer leur désaccord.

 

Lors des conseils nationaux, tous avaient la liberté de s’exprimer. Je me souviens particulièrement d’un conseil national de 1998 où, lorsque je suis descendu de la tribune, un vieux monsieur s’est levé et m’a dit:

"J’avais l’intention de prendre la parole. Mais vous venez de dire ce que j’avais envie de dire. Il n’est donc pas nécessaire que j’intervienne."

Ce vieux monsieur, c’était Maurice Schumann et il est mort quelques semaines plus tard. Je n’étais même plus élu, mais j’exprimais des idées et des convictions. Cela suffisait dans le compagnonnage du mouvement gaulliste.

 

En 2002, nous avons créé l’UMP et je suis de ceux qui y ont été favorables parce que je pensais qu’à l’heure de l’Europe, il était important d’avoir une grande formation capable de réunir des gens qui venaient de sensibilités différentes, mais qui avaient pris l’habitude de travailler ensemble. Toutefois, compte tenu de ces différences de sensibilité, la condition de la réussite, c’était qu’il y ait un débat permanent à l’intérieur du mouvement.

 

Ce débat, nous l’avons eu jusqu’en 2004, aussi longtemps qu’Alain Juppé a assuré la présidence de l’UMP, et sur des sujets aussi divers que la laïcité, l’environnement ou la construction de l’Europe. Lorsqu’Alain Juppé a dû malheureusement se retirer, nous avons fait confiance à Nicolas Sarkozy.

 

Ce changement a été désastreux car nous avons perdu et la supériorité intellectuelle d’Alain Juppé et le débat lui-même. Le mouvement n’est plus devenu qu’une simple machine électorale qui a, certes, remarquablement fonctionné jusqu’aux présidentielles de 2007. Depuis lors, ce n’est plus qu’un ectoplasme de mouvement politique d’où le débat a été totalement évacué et où les conseils nationaux ne sont plus que le prétexte à des joutes oratoires sans grandeur entre le secrétaire général et ses adjoints, qui sont en même temps ses rivaux.

 

Le seul espace de débat qui demeure est le groupe UMP de l’Assemblée nationale, pour beaucoup grâce à la détermination et au courage de son président, Jean-François Copé.

 

Depuis les élections présidentielles, et particulièrement ces derniers mois, j’ai été conduit à exprimer des divergences sérieuses avec le président de la République et avec le mouvement, et pour l’essentiel, sur trois aspects.

 

1/ La justice fiscale: ce fut un thème fort de notre action pendant des années. Ce ne l’est plus pour Nicolas Sarkozy et son entourage

 

Lors du vote du projet TEPA, en juillet 2007, nous étions déjà un certain nombre à nous alarmer du renforcement excessif du bouclier fiscal et notamment de son extension à la CSG.

 

L’application du bouclier fiscal au prélèvement de 1,1% en faveur du Revenu de solidarité active (RSA) a suscité plus d’émotion encore au sein du groupe UMP. Lorsque je suis intervenu dans la discussion générale à l’Assemblée nationale et que j’y ai défendu par avance mon amendement écartant ce bouclier, la moitié de mes collègues UMP présents m’applaudissaient en se dissimulant derrière leur pupitre. A l’heure du vote de cet amendement, j’étais seul du groupe UMP, tant les pressions exercées sur les uns et sur les autres avaient été fortes -et particulièrement sur les cosignataires.

 

L’amendement de Frédéric Lefebvre portant de 12000 à 15000 euros la déduction de l’impôt sur les revenus pour les emplois familiaux a suscité tout autant des réactions au sein du groupe UMP. Repris sous la forme d’un amendement du gouvernement, il a provoqué l’indignation de la majorité des députés UMP présents dans l’hémicycle, très étonnés que l’on présente un pareil dispositif à l’heure où la menace de crise économique devrait appeler, au contraire, à plus de solidarité.

 

Dans un premier temps, cet amendement a été retiré. Mais il est revenu une semaine plus tard, sous une forme un peu édulcorée et présenté par son auteur initial –il ne fallait surtout pas que l’Elysée perde la face! Je m’y suis de nouveau opposé, bien que le whip du groupe UMP ait demandé au président de séance de m’empêcher de parler –ce que j’ai fait, néanmoins, par un rappel au règlement. J’ai voté contre tandis que d’autres de mes collègues s’abstenaient.

 

2/ L’annonce du retour dans l’organisation intégrée de l’Otan

 

Le président de la République a brusquement annoncé à Londres le 27 mars 2008, puis à Bucarest le 3 avril 2008, le retour programmé de la France dans l’Otan.

 

Le Premier ministre a confirmé ce choix le 26 juin 2008 à l’Assemblée nationale, en liant cette décision à un renforcement de la défense européenne.

 

J’ai, dès le départ, exprimé mon opposition à une mesure qui remettrait en cause un consensus fort dans notre pays depuis 1966. Qu’il y ait lieu de débattre, certes, tant le fonctionnement de l’Otan et les menaces elles-mêmes ont évolué, mais l’une des questions à poser n’est-elle pas précisément le bien-fondé de la pérennité de l’Otan?

 

Or, le débat n’a pas lieu –pas plus au groupe UMP, malgré mes demandes relayées par plusieurs collègues, qu’ailleurs- et les questions posées sont pourtant fondamentales.

 

La sortie et le non-retour dans l’Otan ont été l’un des éléments forts de notre influence sur la scène internationale. Aurions-nous pu, par exemple, nous positionner, comme nous l’avons fait, lors de la seconde guerre d’Irak?

 

Nous affirmons, à juste titre, que nous voulons une défense européenne. Mais pourquoi faudrait-il passer par le canal de l’Otan pour l’organiser alors que nous pouvons parler directement avec tous nos partenaires et que, de plus, certains d’entre eux –notamment, les pays de l’Europe du Nord– n’ont nullement l’intention d’adhérer à l’Otan?

 

Enfin, est-il raisonnable de revenir dans l’Otan au nom de la défense européenne au moment même où les Américains projettent d’installer, en dehors de l’Otan, des défenses anti-missiles en Pologne et en République tchèque? Il y a là une contradiction tellement évidente que le président de la République lui-même a proposé au sommet Union européenne-Russie de Nice l’abandon de tout projet de défense anti-missile aussi bien du côté américain que du côté russe, avant de se rétracter le lendemain sous les pressions américaines.

 

3/ Les résultats désastreux de l’UMP dans le grand Sud-Ouest

 

Depuis 2007, nous avons connu dans les quatre régions du grand Sud-Ouest (Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées) des revers électoraux qui tranchent sensiblement avec les résultats d’autres régions. Nicolas Sarkozy a été devancé par la candidate socialiste aux présidentielles, nous avons perdu la moitié de nos députés aux législatives, la moitié de nos villes aux municipales, puis la moitié de nos sénateurs.

 

J’ai demandé, à plusieurs reprises, dans les instances de l’UMP, que ces résultats fassent l’objet d’une analyse. Je n’ai eu aucun écho.

 

La vérité, c’est que, dans ces régions, où nous nous sommes implantés derrière le général de Gaulle, derrière Jacques Chaban-Delmas et derrière Jacques Chirac, le discours néo-libéral et atlantiste du président de la République ne passe pas. Le minimum serait, s’il y avait une possibilité de débat à l’UMP, que nous puissions exprimer notre sensibilité, y compris lors des discussions au Parlement. Mais la volonté de mettre au pas un parti qui regroupe pourtant plusieurs familles politiques aux fondements bien distincts interdit le débat qui serait salutaire.

 

L’échec, dimanche dernier, d’Yves Foulon, maire d’Arcachon et ami du Président, montre que désormais la déroute atteint aussi les stations balnéaires de la côte Atlantique, pourtant jugées les plus favorables.

 

Malgré ces divergences profondes, je n’avais pas été jusqu’à envisager de quitter l’UMP et le groupe UMP. A cause de l’ancienneté de mon engagement. Parce que j’y ai beaucoup d’amis. Parce que, je l’ai déjà dit, le groupe a su préserver un espace de débat, limité mais réel. Parce que quand on est engagé aussi fortement dans une formation politique, on espère toujours, malgré tout, y influencer le cours des idées.

 

L’affaire des élections à la fédération départementale de l’UMP de la Dordogne me montre malheureusement que la mise au pas des idées et des convictions se double de celle des hommes.

 

J’ai repris la présidence de la fédération UMP de Dordogne en 2005 -parce que Xavier Darcos, étant ministre, ne pouvait plus assumer cette présidence. J’ai assuré celle-ci le plus efficacement possible, avec le concours du secrétaire départemental Alain Faure, et cela, malgré le poids de mes mandats de député et de maire, et avec la succession des échéances électorales (présidentielles, mais aussi législatives et municipales où j’étais directement impliqué). J’ai été le seul député élu en juin 2007, Jérôme Peyrat, Dominique Bousquet et Alain Lucas étant tous les trois battus.

 

Aux municipales, nous avons perdu Périgueux et Bergerac. La chute dans les sondages du président de la République en raison de l’affichage people de ses vacances et de sa vie privée y a été pour beaucoup. La stratégie personnelle de Xavier Darcos qui a fait défiler à Périgueux, pendant la campagne, une grande partie du gouvernement et Nicolas Sarkozy lui-même, n’a arrangé les choses ni pour sa ville, ni pour Bergerac.

 

Aux cantonales, à la différence des échéances précédentes, nous avons eu des candidats dans tous les cantons et nous n’avons pas eu de candidature dissidente. Au total, nous avons plutôt mieux réussi qu’en 2004.

 

A l’approche du renouvellement des instances, dans un esprit de camaraderie, j’ai proposé à Dominique Mortemousque, qui venait d’être battu aux sénatoriales, de reprendre la présidence de la fédération. Il ne l’a pas souhaité, me disant qu’il n’était pas prêt dans l’immédiat.

 

J’ai donc décidé de repartir en me fixant comme objectif prioritaire la préparation des cantonales de 2011 car, dans un département comme la Dordogne, c’est finalement sur cette élection que se jouent beaucoup les résultats des autres élections.

 

Quelques jours avant la clôture des candidatures, j’ai appris que l'"on" encourageait Jérôme Peyrat, conseiller auprès du Président de la République et directeur général de l’UMP, à se présenter également. Alors que, sans que je le sollicite, il m’avait déclaré aux journées parlementaires d’Antibes qu’il ne souhaitait pas être candidat, j’ai appris sa candidature, le jeudi -le dépôt des candidatures étant clos le vendredi 28 novembre à 10 heures- par les medias locaux.

 

J’ai su que la venue de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, évoquée depuis septembre sans date précise, était fixée le dimanche suivant à Thiviers. Je me suis rendu le dimanche à Thiviers, dans la patrie du père de Jean-Paul Sartre, sans illusions et avec la volonté de dire l’essentiel de ce que j’écris dans cette lettre.

 

Bien que je sois député et président de la fédération, on m’a fait intervenir entre le délégué cantonal de Thiviers et la déléguée de la 3e circonscription et j’ai été chaleureusement applaudi par les militants. Les différents intervenants avaient une consigne évidente qui était de ne pas me citer et de faire comme si je n’existais pas. Seul, le maire de Thiviers, Michel Jaccou, a eu assez de courage et d’honneur pour la transgresser.

 

Jérôme Peyrat est intervenu pour tenir les propos de belette dont il est coutumier. Puis Yves Guéna, qui a choisi le camp d’Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy depuis 1994, et que l’on était allé sortir de sa retraite pour la circonstance, a déclaré qu’il y avait, dans la salle, deux hommes qui comptaient, Xavier Bertrand et Jérôme Peyrat, en raison de ses liens privilégiés avec Nicolas Sarkozy.

 

Je me suis levé, j’ai prononcé quelques mots peu aimables et je suis parti.

 

Ainsi que je vous l’ai annoncé lors de la réunion du bureau du groupe du mardi 2 Décembre, je n’ai plus de raison de rester ni à l’UMP, ni au groupe UMP.

 

Comme je l’ai déjà annoncé aux militants de la 2ème circonscription et aux médias locaux, je vous adresse donc officiellement ma démission de l’UMP et du groupe UMP.

 

Je ne fais pas carrière. Je fais de la politique. Je défendrai jusqu'au bout mes convictions gaullistes, sociales et européennes."

 

Daniel Garrigue

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